Track'n Field 2

(1/1)

Track'n Field 2

  Titre : Track'n Field 2
Console : NES
Année : 1988 (Jp), 1989 (Us/Eu)
Genre : Simulation sportive
Editeur : Konami



Help help.. save me ! Si dans ce monde cruel et hostile qu'est celui du jeu vidéo, une phrase bien précise aura su se détacher du lot parmi toutes les autres.. eh bien mes amis c'est bien celle-là. Il faut quand même avouer que même si l'on est en 1988, sauver la planète ou une princesse en goguette sont des choses déjà rentrées dans les mœurs, et réellement ancrées dans l'univers vidéoludique. La découverte de territoires éloignés, combattre des démons aussi anciens que dangereux. C'est sûr sauver le monde c'est bien, mais là ne va pas s'arrêter en si bon chemin l'exploration du monde réel revu et corrigé sur nos cartouches.

Vous savez.. le monde réel, le truc dehors avec des senteurs, tout plein de personnages différents qui ne sont pas uniquement composés que de quelques pixels et qui ne disent pas systématiquement la même chose lorsque vous allez leur parler... Oui, je parle bien de ce monde-là. L'un de ses aspect assez caractéristiques, bien que ceux-ci soient nombreux, c'est le sport. Mais d'une manière générale.. si les héros de vos jeux d'action préférés sont si forts, eh bien c'est en partie parce qu'eux aussi, ils font du sport ! Alors pourquoi pas vous.. ? Echauffez-vous les poignets.. les crampes vont être légion !! Mais grand dieu qu'c'est bon.. !

Ah ça, il fallait qu'elle s'y attende à devoir rentrer chez elle toute seule, Laure Manaudou.  Quand les JO ont lieu durant la Gay Pride, les gradins sont chamarés...


Track'n Field 2 est très logiquement le digne successeur de Track'n Field premier du nom sorti sur NES, ayant lui vu le jour en 1985. Son point fort était de proposer très tôt à l'échelle vidéoludique de retrouver les sensations des très célèbres Jeux Olympiques sur sa console de salon. Avec une réussite plutôt mitigée étant donné que.. il faut le dire hein : c'était très moche. Grosso modo on avait effectivement quelques épreuves olympiques - en vrac - mais ça s'arrêtait là. Mais désireux de ne pas laisser un tel potentiel dormir plus que ça, nos chers amis de chez Konami, ne se sont pas laissés décourager. Ils nous présentent donc sa suite quelques années plus tard, Track n' Field 2, qui a pour lourde tâche de réussir là où son prédécesseur a échoué... je veux dire par-là que mis à part le fait de changer de crèmerie sur un jeu vidéo et d'enchaîner les compétitions sportives, y avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Pour un total de huit épreuves dans un univers carré au possible et au charisme peu entraînant, ce premier opus se sera démarqué par son originalité, mais aura laissé beaucoup de joueurs sur leur faim. A tel point qu'on se dit que le studio nippon voulait se faire un aperçu de ce que cela pourrait donner si ils s'y mettaient vraiment. C'est désormais chose réparée dans cette suite.
 
Et trois ans plus tard.. cette dernière est donc disponible ! Au premier regard sur les images au dos la jaquette, on peut d'emblée constater une nette amélioration graphique, sans pour autant évoquer une révolution du pixel. Une fois la cartouche donnée en pâture a la console, on sent qu'on est vraiment en train de jouer à du Track'n Field dans toute sa splendeur, même si le mode Championnat n'est malheureusement pas disponible à deux. C'est pourtant le mode principal du jeu, car il est, si vous me permettez l'expression, le mode "histoire" du jeu, à l'échelle sportive bien entendu. En premier lieu, vous sélectionnez votre nationalité parmi celles disponibles, non pas à la façon d'un World Cup, où certains pays sont très nettement plus forts que d'autres (Argentine - Cameroun : 50-0...) mais plus d'une certaine façon patriotique, histoire d'endosser les couleurs de votre pays sur votre NES, en l'occurrence la France pour moi : Cocorico !

Avec la main sur le cœur cela va de soi. Commence alors l'introduction, qui avait brillé par son absence chez son grand frère. L'aéroport voit votre avion atterrir sur son bitume, et à peine avez-vous mis le nez à l'air libre que déjà, l'ambiance surchauffée du stade vous attend de pied ferme. Une foule en délire qui vous acclame, qui a payé une fortune son billet, a attendu avec impatience, sous un soleil de plomb avec du mauvais pop-corn dans les mains, de voir les meilleurs sportifs faire le défilé d'ouverture des Jeux. Arrivent alors, une à une, les équipes qui se livreront une bataille sans merci dans l'espoir de remporter ce que tout bon sportif qui se respecte rêve de porter autour de son cou : une médaille olympique, et pourquoi pas une en or... Les athlètes ont le torse bombé, les filles qui les supportent en mini-jupe aussi : que les épreuves commencent !

 -Et comment on reconnaît Laura Flessel ?
-Facile, c'est la Noire.
 Alors, ça mord ?

 
Dans ce mode, vous n'avez pas le choix de l'ordre des épreuves. Elles s'enchaîneront automatiquement, dans la mesure où vous réalisez les scores qui vont bien. Le principe reste le même dans ses grandes lignes, par exemple concernant le sprint au 100m, il va falloir massacrer les boutons de votre manette pour faire courir votre sportif le plus vite possible. Lorsque je dis massacrer les boutons.. ne vous imaginez pas qu'il faut écraser votre manette bien-aimée sous le poids d'un marteau pour gagner la course, hein ! Juste les boutons A et B, et simplement vos tout petits doigts de fée suffiront a la tâche, et enchaîner les pressions de ces deux derniers alternativement à un rythme des plus effréné, là se trouve tout le challenge Track'n Field.

Au début, on a encore la pêche, on arrive facilement premier, on se dit "ouais j'suis une bête le jeu j'vais vite en finir !" , et une heure plus tard, monsieur le joueur.. vos impressions ? "Aïya les craaampes !" Eh oui m'sieur ! Track'n Field 2, c'est comme une super nana que vous croisez dans la rue avec un postérieur top de chez top. Au début on se dit en se frottant les mains : "Hahaaa.. toi c'est comme si c'était fait !" Alors qu'en fait, a peine avoir commencé la partie (pour le jeu comme pour la super nana...), on se rend compte qu'on est pas sorti de l'auberge. Laissons de côté cette mistinguette, qui après tout n'a rien demandé, pour nous concentrer sur les autres épreuves que nous propose cet opus.
 
On retrouve très logiquement la plupart des disciplines olympiques que nous connaissons actuellement. Dans Track'n Field 2, on aura donc à faire du tir a l'arc, du lancer de marteau, de la natation etc... Pour un grand nombre d'épreuves auxquelles vous allez vous essayer, la jouabilité restera la même. Presser les boutons A et B alternativement le plus rapidement possible afin de faire progresser votre coureur comme il se doit. Ensuite, certaines épreuves viendront un peu changer les habitudes, mettant en scène la croix directionnelle. Comme le lancer de marteau, où comme dans la véritable épreuve, le sportif doit tournoyer sur lui-même pour donner le maximum d'élan à son marteau. Eh bien pour retranscrire la manœuvre façon NES, c'est donc avec la croix de votre manette qu'il va falloir exécuter tout ça en reproduisant l'art de faire en exécutant des cercles continus en vous aidant des touches haut, bas, gauche, et droite. Sans compter qu'il faut jouer avec l'angle de jet.

 Bon, le piquet de central, c'est fait. Maintenant comment je mets la moustiquaire ? Ben, ils sont passés où, le Y, le M, et le C ?


Au moment de lancer, vous devrez appuyer sur A pour régler l'angle dans lequel le marteau va partir. Avec un peu de pratique, vous ne tarderez pas à trouver la bonne fourchette d'angles à cibler pour faire les meilleurs scores. Ou l'épreuve de natation, où en plus de se ruiner les articulations pour nager vite, vous devrez faire plus qu'attention a votre jauge d'oxygène. Pensez donc à remonter la tête hors de l'eau pour reprendre votre souffle, tout en continuant à enchaîner frénétiquement A et B pour rester en tête de l'épreuve ! Des fois, une troisième main ça serait pas de refus... Mais rassurez-vous : ce jeu n'est pas uniquement composé d’épreuves qui consistent à vous ruiner les phalanges pour le reste de votre vie. Les programmeurs ont bien pensé a nos fragiles mimines en proposant également des épreuves beaucoup plus abordables. Comme le canoë, où il faudra simplement diriger votre perso à bord de son bolide propulsé à la force de ses bras entre deux repères le temps du parcours, ou la gymnastique, où a l'aide de la croix directionnelle (encore elle..), il vous faudra accomplir diverses figures sur vos barres, sans oublier des combats de Taekwondo et d'escrime, où entre parade et attaque, vous devrez régler le compte du malheureux qui va se trouver en face de vous.
 
Comme dit en début de test, on a droit ici à un très beau rendu graphique. Malheureusement limité dans ses ceffets, puisque contrairement à jeu d'action, qui lui aura droit à toute une ribambelle d'explosions, dans une simulation de sport, les choses n'iront pas plus loin que le bout du nez des sportifs, la qualité des stades et autres décors ainsi que la bande sonore. Un mal pour un bien ou un bien pour un mal ? Le fait de ne pas avoir à se préoccuper d'explosions et de boss peut ma foi permettre aux programmeurs de se concentrer sur le reste. Et comme il se trouve que le studio qui s'est occupé de ce jeu n'a plus rien à prouver dans le domaine, on va très naturellement avoir droit a un jeu à la barre graphique placée assez haute il faut le dire. Si l'introduction du jeu ne brille pas par son originalité, elle a au moins le mérite d'être présente et de faire rentrer le joueur dans l'ambiance.

Les sprites des sportifs sont quant à eux, très bien réalisés. Des beaux grands et costauds qui donneront le meilleur d’eux-mêmes pour une immersion des plus réussies sur NES. Si vous n'arrivez pas a atteindre le minimum syndical pour vous qualifier, ce n'est pas parce que vos boys n'ont pas faits assez de pompes : c'est que c'est vous qui mangez trop de Nutella ! Concernant les musiques, on peut dire ici que, malheureusement, elles se font assez discrètes. 'Faut dire qu'un jeu de sport n'a jamais été adulé pour ses musiques (NdS : et World Cup Italia 90 !). On pourra quand même se féliciter d'avoir toute une gamme de bruitages collant parfaitement au contexte, pas ennuyeux pour un yen et qui participent grandement à la finalisation du tout. A noter l'ajout de digits sonores, qui n'étaient pas dans l'épisode précédent, avec notamment le coup de sifflet signé Track'n Field 2, désormais culte sur NES.

Je n'ose pas imaginer ce que penserait Freud des perchistes....  Entraînez-vous qu'y disaient, vous vous musclerez les doigts qu'y disaient...

Tout seul, c'est bien.. mais à deux, c'est encore mieux !

Bon alors... une simulation sportive, c'est bien beau, mais.. imaginez-vous faire du sport tout seul. Même si vous êtes Carl Lewis personnifié, et que vous êtes capable de courir jusqu'a Tataouine sans vous arrêter, tournez un peu la tête autour de vous : des gens qui courent en groupe, un couple qui court ensemble.. levez le nez.. des oiseaux qui volent ensemble.. eh oui.. et vous vous êtes tout seul ! Rassurez-vous : cela ne va désormais plus durer ! Même si cela n'est pas un scoop, étant donné que dans Track n' Field One, un mode deux joueurs était déjà présent. Et si dans sa finalité, ça reste toujours aussi moche, on pouvait au moins faire toutes les épreuves du jeu a deux.

Dans le "Versus Mode" du second, la sauce est un peu différente. Ici, on aura droit a un mode rien que pour le versus, avec comme épreuves disponibles, l'escrime, le Taekwondo.. et une toute nouvelle épreuve exclusivement contre un ami, il s'agit du bras de fer. Vous l'aurez compris, les épreuves  de l'escrime et du Taekwondo ne seront ni plus ni moins que ce qu'elles sont déjà dans le mode Championnat, sauf que vous serez bien évidemment deux à combattre. Concernant le bras de fer, là on va revenir sur la jouabilité style 100m au sprint, oui oui vous vous en souvenez encore hein ? Du moins c'est vos doigts qui s'en souviennent encore.
 
Eh bien on va remettre le couvert, mais cette fois à deux joueurs dans cette épreuve mettant en scène deux poètes très connus dans le monde des chauffeurs poids-lourds pour leur délicatesse légendaire. Vous connaissez tous le bras de fer ? Cette épreuve où deux loustics s'affrontent main dans la main, accoudés à une table et forçant le plus fort possible pour écraser la main de leur adversaire sur cette même table ? Retrouvez donc les joies de l'un des sports de bar les plus répandus sur votre NES et pressez simplement le bouton A à la vitesse lumière pour faire grimper votre jauge de force. Mais ne vous méprenez pas.. ce bras de fer n'est pas une épreuve de force en soi, mais bel et bien une épreuve d'endurance ! Ou plutôt.. devrais-je dire, un supplice d'endurance. Nan mais voila, lorsque vous êtes deux bœufs avachis sur votre paddle à n'en plus pouvoir respirer tellement vous tenez a presser A plus vite que votre kopin pour pouvoir le battre, au final ce ne seront plus les crampes aux bras qui auront raison de vous, mais les éclats de rires qui risquent forts de fuser de part et d'autre dans la pièce.

 Over the Top !  Au-dessus du sommet de l'horrible !


Ces crises de rigolades peuvent provenir de deux façon différentes dans cette épreuve. L'une étant la nervosité accumulée pendant la partie, où à deux, a force d'appuyer comme des gorets sur deux boutons, à un moment ou a un autre, ben c'est tout simplement les nerfs qui finissent par craquer, normal quoi... la seconde se trouve au cœur même de l'épreuve, puisqu'il s'agit des deux participants en personne. Faut dire que là, Konami s'est fait plaisir ! Deux bourrins qui se regardent avec un de ces regards digne des plus grands méchants d'un Double Dragon des plus inspirés, mais le comble c'est lorsque la tension de l'épreuve est à son paroxysme : ne surtout pas regarder le graphisme des persos ! Explication : pendant la partie, vous voyez vos deux poètes de côté s'aggripant pour gagner l'épreuve, et en haut de l'écran, se trouvent en fait  eurs avatar reflétant ce qu'ils ressentent. Non pas que ce soit moche dans l'esprit ou mal réalisé, c'est même plutôt joli. Mais alors v'la l'travail ! Déjà qu'au naturel c'est pas beau a voir, mais alors quand ça force... je crois que je fais la même tête au pixel près lorsque je suis aux toilettes....
 
LES NOTES :
 
- les graphismes : 15/20

Un titre globalement réussi techniquement, des athlètes qui ressemblent vraiment à quelque chose : les graphismes sont en partie responsables du succès du jeu. On attend avant tout d’une simulation de sport qu’elle soit immersive, donc entre gros guillemets, belle, puisque si c’est moche, forcément ça marche moyen. Ainsi la plupart des décors, que ce soit l'intérieur des stades, les pistes en extérieur, et les autres épreuves de type tir a l'arc ou canoë, sont assez beaux dans l’ensemble. A regretter cependant certaines épreuves relativement bâclées, je pense notamment à l'escrime et aux barres parallèles, qui laissent franchement à désirer... c'est dommage, mais dans la mesure où c'est pas d'une laideur a en faire pâlir le Dalaï Lama, on saura faire abstraction, car après tout, c'est sur l'épreuve qu'on est concentré.
 
- le son : 11/20

La où le bas blesse, c'est bien ici. J'ai dit plus haut que les quelques pistes musicales se faisaient en général très discrètes, et bien je le redis ici, je persiste et je signe. Même si l'essentiel est de se concentrer pour faire les meilleurs scores qui soient, on aurait quand même apprécié d'avoir une bonne musique pour l'écran titre par exemple (rien a redire pour T'nF 1 pour ça), ainsi que de meilleures mélodies entre les épreuves, ce genre de choses... et ce malgré l'excellent pack de bruitages qui eux trouveront tous leur place dans cette suite, mais des bruitages n'ont jamais fait l'unanimité sur le point musical d'un jeu. Et ce malgré le légendaire coup de sifflet.
 
- maniabilité : 12/20

La encore.. c'est pas une jouabilité d'enfer qui nous enchantera pour encore longtemps. Le fait est que la moitié du jeu réside dans des épreuves de massacre intensif des boutons de votre manette, ce qui  est plus défoulant qu'intuitif. De même pour les autres épreuves, comme l'escrime, où la jouabilité n’a pas révolutionné le genre, ou celle du canoë qui se révèle extrêmement simpliste. Pour les autres, du genre tir a l'arc, saut à la perche ou lancer de marteau, un petit temps d'adaptation afin de se familiariser avec le système d'angle de jet est nécessaire.
 
- durée de vie : 16/20

Eh oui, là réside tout l'intérêt du jeu. S'imaginer sur ces immenses stades, être acclamé par toutes ces foules simplement au travers des boutons A et B, là est tout le pari réussi de ce Track n' Field 2, un plaisir de jeu qui pourra se vanter de ne pas être légion a l'époque, et qui aujourd'hui, fait vibrer comme il se doit la fibre nostalgique pour tous les petits vieux que nous sommes et qui avons connu ce jeu lors de son heure de gloire, cela remonte désormais à 20 ans ! Rien que ça…
 
- au final : 13,5/20

Malgré sa note finale un poil faiblarde, Track'n Field 2 sur NES a été, est, et restera terriblement attractif, un jeu sur lequel on revient encore et encore, sans compter bien entendu toutes ces parties à plusieurs qui ne demandent qu’à être jouées ! Si le mode Versus ne permet qu'à deux joueurs de s'affronter simultanément, il n'est cependant pas interdit de faire une soirée à plusieurs copains (et copines) et de faire tourner les manettes. Dans un jeu pareil, à  plusieurs le plaisir de jeu se voit décuplé. La motive de voir votre copain battre votre score ne peut que vous faire persister à battre le sien ! Il est quand même fortement recommandé d'avoir sous la main un ami kiné, afin que ce dernier puisse soigner les crampes de tout le monde pour que vous puissiez encore et encore ruiner les boutons de votre manette. En fait, c'est un peu comme Sam, l'ami qui ne boit pas et qui vous raccompagne, bin la.. c'est Bob, l'ami kiné qui ne  joue pas, et qui s'occupe des crampes. C'est toujours les rôles les plus ingrats les plus importants, hein...

Article rédigé par VinceGaiden le 27/08/2008
2001-2017 Planet Emulation