Ninja Gaiden Shadow

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  • Nom : Ninja Gaiden Shadow
  • Genre : Action/plates-formes
  • Année : 1991
  • Console : GameBoy
  • Editeur : Tecmo

Et nous retrouvons notre ninja préféré, le plus grand, le plus beau, le plus fort, celui qui a la plus grosse... épée, celui que tous les hommes envient secrètement, celui que toutes les femmes mariées veulent en cachette, et que toutes les jeunes filles veulent avoir tout court, Mesdames et Mesdames, ovations s'il vous plait pour le seul et l'unique... Ryu Hayabusa bien sûr ! Qui non content d'avoir commencé son épuration ethnique des démons de nos belles petites consoles de salon, s'attaque maintenant à nos chères portables. Et pour sa première aventure jouable n'importe où, même dans le bus ou les toilettes du bureau, c'est sur GameBoy que se passera la prochaine bataille décisive pour l'avenir du monde.

 

Un parmis tant d'autres... le pauvre !

Notre histoire débute trois années après la bataille de Ryu Hayabusa, descendant de la lignée du Dragon, contre le terrible Jaquio. Alors qu'on croyait la paix enfin revenue, le ciel semble s'obscurcir brusquement au-dessus de New-York. Une chose tombe alors du ciel. Une explosion, le chaos s'abat à nouveau sur le monde. S'ensuit alors une apparition, oui, c'est un messager du démon. Pas beau du tout même. Un nom sur cette sale gueule : Garuda. Puis un discours, glaçant le sang de tous ces pauvres malheureux humains, qui ne peuvent que subir le démon : "Mon pouvoir vient de la crainte de l'humanité de la destruction, et d'une mort épouvantable." Le désespoir règne désormais sur le plus haut gratte-ciel de la ville.

Mais un homme se dresse pour combattre ce nouveau dictateur maléfique, apparaissant du plus profond des ténèbres (encore un bar chelou..), son nom, vous ne le connaissez déjà que trop bien, mais je vais vous le redire, parce qu'après tout, rien que de dire son nom, c'est trop la classe, vous comprenez... Ryu Hayabusa (comme si ça pouvait être quelqu'un d'autre que lui), est donc une nouvelle fois sur le devant de la scène. Vénère comme pas deux, car lorsqu'un démon surgit de nulle part, plongeant le monde dans le noir, et ainsi l'empêchant de finir sa bataille au pierre-feuille-ciseau contre son ombre, vous saisissez, le démon, il est déjà mort, même si il ne le sait pas encore.

Bien la tête de l'emploi celui-là... brrr !

 

Pile-poil le jour de mon R.T.T. !! Ouh je sens qu'y en a un qui va prendre cher !!

Après donc un franc succès sur nos consoles 8-bits, ce n'est donc pas une surprise que de voir débarquer notre super ninja sur la portable de Nintendo. La recette reste inchangée, en même temps, pourquoi vouloir changer quelque chose qui a déjà fait ses preuves ? Quelque chose dont tout le monde s'est plus que délecté quelques années auparavant, et qui ne cesse d'en redemander ?

Une bonne vielle 2D infatigable, oui mes amis, il n'y a que ça de vrai ! On ne sera donc pas étonné de retrouver cette nouvelle aventure du ninja dans cette 2D qui n'en finit pas de nous surprendre et de nous émoustiller.

J'suis sûr qu'il a une fonction grille-pain ce truc... T'avais besoin d'une petite révision !!

 

Pourquoi c'est moi, moi, moi... toujours moi !!

Ne te plains pas voyons, petit ninja des tropiques. C'est toujours toi, mais c'est parce qu'on t'aime !

L'histoire prend donc place quelques temps après le premier opus sur NES, puisque dans la petite introduction, il est fait référence à Jaquio, le sale vilain du premier volet. Est-ce que ça en fait une suite directe ? Pas vraiment. Le fait est que sur cette version GameBoy, le challenge était principalement de faire au mieux au vu des capacités réduites de la portable par rapport a ce que Tecmo avait déjà réussi a faire sur console de salon.

La certitude est alors acquise que cette version portable serait malgré tout, une sorte de "Ninja Gaiden light". Mais bien évidemment, il est certain que lorsqu'on voit la qualité d'un Ninja Gaiden sur console, son portage sur portable ne peut que se faire qu'en supprimant un certain nombre de choses. Est-ce que ça en fait un mauvais jeu pour autant ?

Y a ma gueule sur les pièces de monnaie maintenant...
Alors... c'est lequel qui fait la femme ???

 

Ces démons alors.. 'sont toujours gras, laids, toujours à me regarder d'travers la...

En fin de compte, il s'agira d'une sorte de Spin-off, dans la ligne directrice de l'histoire de la saga initialement issue de la NES, puisque reprenant des éléments du scénario principal sur consoles de salon. M'enfin bref. Je parle je parle, mais il est temps de s'attaquer au vif du sujet. Avez-vous revêtu votre pyjama bleu, mis votre serpillière sur la tête et êtes-vous armé d'un rouleau a pâtisserie ? Bien, maintenant que vous avez votre tenue de ninja presque gaiden, attaquons-nous au premier niveau.

Comme à son habitude, l'aventure commence en ville, suite à l'arrivée du messager. Les décors urbains étaient déjà très réussis dans les précédents volets, et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est toujours aussi réussi sur GameBoy. Comme quoi, on a beau dire que la GameBoy vaut pas le coup, d'une part, c'est pas vrai, et de deux, Ninja Gaiden Shadow est la parfaite preuve que si un studio donné veut bien se donner la peine, il peut arriver à pondre un titre qui n'a rien à envier aux grands.

Tout est relatif bien entendu. On ne va pas comparer non plus Ninja Gaiden console de salon et portable. Mais dès le premier niveau, on sait qu'on est en train de jouer à un grand jeu. Les décors sont fichtrement bien réalisés, affichant une réelle profondeur, avec l'immensité urbaine en arrière-plan, sur un décor apparenté à un port sur lequel se passe l'action.

Un robot le matin, un le midi, et un l'soir !! Hayabusa vs. Bison : Hayabusa... WINS !!

 

J'pourrais pas tomber AU MOINS une fois sur une bimbo démone ??? Que j'en profite un peu quoi, gyéhéhééé...

Et l'un embraye sur l'autre, et tout s'enchaîne très vite. De bas-fond en bas-fond, Ryu ira traquer la vermine jusque dans des immeubles en construction ô combien délabrés, et à la clientèle pas franchement accueillante, jusqu'a une usine encore bien habitée pour des locaux désaffectés. Et c'est pas par des bonnes sœurs squatteuses...

L'essentiel est que de par la grande réalisation des décors, on devine parfaitement bien dans quel environnement on évolue. Un peu tous les types de paysages y passent, la plupart toujours encrés dans un style urbain. On traversera l'intérieur d'une base militaire, des souterrains faisant fortement penser à des égouts, le port et ses docks, bien d'autres encore... pour bien évidemment terminer dans la demeure du vilain.

Concernant le bestiaire qui se dressera devant vous, on va trouver les bons habitués au rang des méchants rencontrés dans la plupart des jeux vidéo de l'époque, et même encore maintenant. A savoir des bandits qui sont aussi malins qu'une poule devant un manche de pioche, des ninjas avec des shurikens plein les poches, des gros balèzes qui en plus se cachent derrière un bouclier aussi grand que vous, des courageux qui vous tirent au fusil, et bien d'autres encore... sans parler des drones patrouilleurs, qui vous tireront à vue !
   

C'est plus une surprise party à ce stade.. c'est une ninja party ma parole ! Toi t'iras faire le tapin ailleurs !!!

 

Oh oui oh oui... une démone avec des gros seins !! Et un string aussi yeepaah !! Parce que là c'est bon... les gros moches qui puent j'en ai assez soupé !!

Avec tout ça, des sprites très bien réalisés, et ce pour tout le monde ! Tous logés à la même enseigne. On va avoir un Ryu Hayabusa beau qu'il en peut plus, de taille honorable, ainsi que joliment détaillé. Les ennemis rencontrés seront également très bien détaillés, je dirais même  chapeau pour de la GameBoy ! Avec même un semblant d'effet d'ombre sur la tenue de certains. Que ce soit des ennemis humains ou robots, le design est net et sans bavure. Du vrai petit lait.

Et que dire alors des boss !! Vous savez, ces empêcheurs de tourner en rond qu'on trouvera à la fin de chaque stage. Que même ils auront tous leur propre façon de vous attaquer. Parce que vous voyez, c'est pas des boss pour rien. Ces lascars-là auront alors droit à un sprite double taille, dans lequel on sent un vrai souci du détail. Ça fait vraiment plaisir de combattre des boss aussi beaux dans sa portable noir et blanc. Des comme ça ? Tous les jours, par pitié !!

Après ça 'y a pô moyen.. j'me prend quelques jours de congé au Club Med', moi !!

Mais comme vous le savez tous, Ninja Gaiden c'est aussi une ambiance musicale absolument béton. Et cet épisode GameBoy ne coupera pas à la règle. A peine aura-t-on lancé le jeu qu'on aura le bonheur de découvrir la musique d'introduction, qui non contente de nous plonger cash-pistache dans cette ambiance sombre et mystique d'un Ninja Gaiden de la grande époque, reprendra en fait la piste d'introduction de Ninja Gaiden 2 : The Dark Sword of Chaos sur NES.

"Mais quelle honte !!" me diront certains. "Ils auraient quand même pu faire une nouvelle piste !!" me diront ces mêmes. Et ils n'auront pas tout à fait tort, mais le fait est que cette musique d'introduction est tellement puissante en elle-même, et ayant déjà fait ses preuves dans le second volet sur NES, il est ici une véritable jouissance de la retrouvée, bien sur remaniée façon GameBoy, mais le résultat est là : excellentissime au possible.

Là n'est pas la seule piste reprise, car les oreilles attentives reconnaîtront dès la première note la musique des combats contre les boss classiques, qui est la même que celle servie pour Ninja Gaiden 1 et 2 sur NES. Ainsi que la piste du stage 3, qui reprend le thème du stage 4-2 du même Ninja Gaiden premier du nom, piste ô combien immortelle. Avec également celle du stage 5, qui elle, reprend toujours celle du stage 4-2, mais de Ninja Gaiden 3 cette fois. De simples reprises me direz-vous, mais je vous assure, cela ne plombe en rien l'ambiance musicale du titre, et on se satisfait même d'avoir des reprises d'une qualité pareille sur une "simple" portable.

Sans parler de la musique du combat versus notre boss final chéri, qui elle, est absolument dantesque (au passage, elle-même piquée sur Shadow of the Ninja, toujours sur NES), et restera à jamais gravée comme étant l'une des musiques les plus réussies du support ! Ce qui promet en soi un combat final des plus épiques et réussis sur GameBoy.

Je me rappeles pas t'avoir demandé du feu à toi... Non, je ne fuis pas !! C'est une retraite stratégique !!

 

En attendant ma bimbo démone aux gros seins, j'ai encore cet espèce de pas beau à m'occuper...

Ninja Gaiden a toujours rimé avec une difficulté d'enfer de ouf' de malade qui déchire sa race. Et nombreux sont mes frères gamers qui ont fini par renoncer à voir le bout "légalement" des précédents opus sur NES. Entre les traumatisés à vie du respawn incessant des ennemis sur les plates-formes, et les blasés d'insulter les derniers boss au point de n'avoir plus aucune injure en réserve, 'faut dire qu'il y avait de quoi.

Eh bien j'ai le plaisir de vous annoncer que vous pouvez désormais vider votre sac sur cet épisode GameBoy, qui présente une difficulté bien moindre que celle que vous avez pu connaître sur NES. Même si les stages sont bien construits dans leur ensemble, avec des ennemis toujours aussi judicieusement placés, la difficulté ne sera certainement pas le point fort ici. Point faible ou l'inverse ? Le fait est que de par sa certaine facilité, on pourra lui passer dessus et encore et encore jusqu'à ce que mort s'en suive sans jamais en avoir marre, tel un éléphant sur une vieille Citröen.

Du haut de ses 5 stages, le jeu propose malgré tout une durée de vie relativement honnête, même si il est à déplorer l'absence de sous-niveaux, comme on en avait l'habitude sur console de salon. Mais voila, que voulez-vous, on est sur portable ici, il faut bien faire des concessions. De même que les cut-scènes, semblent être passées à la trappe. La faute incombe tout simplement à son support, dont les cartouches ne peuvent bien évidement pas contenir autant de données qu'une cartouche NES. Une petite larme à verser donc, mais on se console (de jeu hahaha) en enchaînant le niveau suivant, avec plein de culs a botter qui nous attendent.


En bref :

- les graphismes : du haut niveau pour une GameBoy, qui n'a pas encore finit de cracher ses tripes, et qui nous prouve bien ici qu'elle aussi, peut nous offrir du très bon à manger. Des décors relativement variés, bien que dominés par un trip urbain assumé jusqu'au bout, des sprites tous aussi beaux les uns que les autres, sans parler de ses magnifiques boss.

- les musiques : tout pareil que pour les graphismes. Tant dans les portages NES que dans ses pistes originales, on aura droit ici a des musiques flairant bon le Ninja Gaiden comme on l'aime, c'est a dire mystique, épique, warrioresque au possible dans ses combats contre les boss, avec une touche d'aventurier par-ci par-là.

- durée de vie : comme dit plus haut, 5 stages privés de sous-niveaux, avec un boss a la clé pour chaque stage parcouru. Un joueur confirmé en fera relativement vite le tour, tandis qu'un novice devra bien évidement s'accrocher un peu plus à sa barbe. Mais avec un peu d'entraînement, ça finit par passer, d'autant plus que le challenge proposé n'est pas ce qu'il y a de plus difficile à relever. Même sur GameBoy, on a connu plus dur...

- maniabilité : rien de spécial à signaler ici. On manie notre ninja à la perfection, ça répond au doigt et a l'œil, les sauts sont un plaisir, car c'est pas un ninja pour rien. C'est que des fois, on joue soi-disant des ninjas, mais on a l'impression que les mecs se trimballent avec des poids dans les poches et dans leurs godasses. Comme quoi, être tout nu sous son pyjama bleu, ça a du bon. C'est les p'tis gars de la famille Belmont qui devraient en prendre de la graine dans leurs aventures sur GameBoy, ouais ! <part en courant pour éviter le coup de fouet>

- au final : des fois que vous ne l'auriez pas encore compris, cet épisode de Ninja Gaiden sur GameBoy est une pure bombe. Restant globalement dans la lignée de ceux connus sur NES, on ne s'évade pas ici sans savoir où on va, et il est un véritable plaisir de retrouver notre pote ninja sur la portable de Nintendo, pour sauver le monde où que l'on se trouve. Cet épisode est vraiment à faire par les fans de la saga, à refaire encore et encore même, tellement on ne s'en lasse pas. Les autres y trouveront tout bonnement l'un des meilleurs jeux d'action/plateformes de la GameBoy, qu'ils prendront également plaisir à faire et à refaire pour la somme de toutes ses qualités.

J'avais prévenu : 'fallait pas cracher dans mon Yop...

 

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Article rédigé par VinceGaiden le 17/12/2009
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