Serei Senshi Spriggan

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  • Nom : Serei Senshi Spriggan
  • Editeur : Naxat Soft
    Developpeur : Compile
  • Console : PC Engine CD Rom²
  • Année : 1991
  • Genre : Shoot them up vertical
    Nb de joueurs : 1

 

Il y a des associations éditeur/développeur qui sont de nature à marquer leur support, surtout lorsque chacun séparément est parvenu à se faire une certaine réputation. Naxat Soft a fait le bonheur de nombreux possesseurs de PC Engine soit en éditant soit en développant eux-même bon nombre de hits, de son coté Compile est un studio bien connu et apprécié des amateurs de Shmups puisqu'ils sont les responsables de la très populaire série des Aleste. En 1991 ces deux sociétés, bien que n'étant pas du tout inconnues - Compile avait tapé un grand coup sur Mega Drive l'année précédente avec son Musha Aleste, et Naxat venait simplement de développer la référence absolue des flippers sur console 8/16 bits: Devil Crush - ne sont pas encore les monuments qu'elles deviendront plus tard, mais cette année pour l'un comme pour l'autre est une confirmation de plus de leur récente arrivée dans la cour des grands. Naxat allonge les sous, Compile bosse et Serei Senshi Spriggan pointe le bout de son nez sur le CD-Rom² de Nec en 1991.

Sans grande surprise il s'agit d'un shoot them up vertical comme les affectionne le développeur, il en existe déjà une flopée sur le support card de la Pc Engine, dont une poignée d'excellents comme la série des Soldiers par exemple, sur CD c'est encore un peu maigre de ce côté, aucun des gros titres de la machine n'est encore présent en 91. Spriggan a donc le champ libre pour faire impression.

 
Le jeu est ponctué de joulies illustrations
  Devinez qui va devoir nettoyer tout ça

Et le premier contact est positif, on a le droit à une petite intro animée et doublée qui fait toujours son petit effet à cette époque de début du jeu vidéo sur CD rom. Celle-ci sans être la plus renversante jamais réalisée se laisse regarder sans souci et pose les bases de l'univers du jeu: magie, armures mécanisées et fantasy sont au programme. Le design général est réussi, j'aime particulièrement le style des armures. Une fois dans le vif c'est bien plus impressionnant, c'est simple Spriggan est l'un des plus beaux jeu de la console même comparé à des titres plus récents. Les sprites sont très détaillés, de grande taille avec une palette de couleurs très équilibrée et harmonieuse, la plupart des boss sont énormes. Les décors ne sont pas en reste, il y a certes quelques fonds un peu plus simples que d'autres mais de manière générale c'est vraiment du beau travail. Pour ceux qui connaissent on dirait un jeu d'arcade made in Toaplan.

Et malgré cette qualité graphique et les très nombreux sprites qui se baladent à l'écran l'animation reste impeccable, pas un ralentissement, pas un seul effacement à l'horizon. Et pour parvenir à ce résultat les graphistes de chez Compile sont des malins, le jeu comporte très peu de parallaxes par contre en jouant sur les dégradés et les effets de perspective des arrières-plans ils sont parvenus à donner un effet de volume suffisamment convaincant pour que le manque de relief du à l'utilisation d'un seul ou de seulement deux plans ne se fasse pas trop sentir. Les niveaux sont également entrecoupés de petites séquences doublées qui donnent droit à de très belles illustrations. Visuellement on frise la perfection compte-tenu du support d'autant que nous sommes sur CD-Rom² et non sur Super CD-Rom², ce qui veut dire que la Pc Engine gère tout ça comme une grande sans aucun rajout de mémoire pour la doper.

 
Des poissons mécaniques qui semblent tout droit sortis d'un Darius
  Bizarrement les spermatozoïdes sont des ennemis  récurrents dans les shmups

On en prend plein les mirettes mais quid du son ? Et bien c'est du même ressort, je ne dirai pas que c'est la plus belle BO de la machine mais elle est de très bonne qualité. On voit que les musiques ont été composées en ayant en tête l'ambiance de chaque niveau, elles sont complètement cohérentes avec l'univers de chaque stage, celle du premier qui se passe dans les nuages est énergique et entrainante, celle du stage organique joue plus sur des sonorités étranges, les passages dans les châteaux sont accompagnés par des airs aux accents un peu épiques. De façon générale elle sonne un peu "animé" de l'époque, si d'un point de vue purement musical elle ne peut rivaliser avec celle d'un jeu comme Winds of Thunder je trouve qu'elle remplit bien mieux son rôle, on sent vraiment qu'elle a été taillée sur mesure pour coller avec l'esprit du visuel. Autre très bon point, les bruitages ne sont pas assourdissants ni trop envahissants. Voilà, pour ce qui est de la partie purement technique et artistique Spriggan est donc d'une solidité à toute épreuve, beau et artistiquement cohérent.

 
Un boss particulièrement impressionnant, tout comme ses attaques
  Cool une salle d'arcade SEGA (grosse feinte inside)

Il ne reste plus qu'à parler du cœur de la bête, le gameplay. Compile a décidé de sortir des sentiers battus et nous propose un système de gestion de l'armement très original. Le mecha que pilote le joueur est alimenté par des orbes magiques à ramasser, il en existe de quatre couleurs : rouge, vert, bleu et jaune. Chacune correspond à un type d'arme précis, de plus il est possible d'en transporter trois à la fois. Et plus on en transporte et plus le tir est efficace. Mais le trait de génie ici est que ces orbes cumulent leurs effets lorsqu'elles sont mélangées, c'est à dire que l'on peut soi même créer sa tambouille en ramassant les orbes qui nous intéressent. Le joueur est libre de trouver la combinaison qui lui plait le plus en mélangeant les trois sphères de son choix. Cet aspect est réellement novateur et franchement agréable à prendre en main.

Il est possible aussi d'en rejeter une qui en disparaissant de l'inventaire aura l'effet d'une petite smart bomb, dont l'effet encore une fois change selon la couleur. Le classique bouclier protecteur qui absorbera un tir avant d'être détruit répond également à l'appel, il se présente comme un orbe multicolore qui détruit tous les ennemis à l'écran quand on le ramasse. La vitesse du mecha est quant à elle modulable, rien n'a été oublié. Tout répond au doigt et à l'œil, le système des sphères est assez rapide à saisir, et c'est même un plaisir supplémentaire que d'expérimenter de nouvelles combinaisons pour trouver laquelle convient le mieux.

 
Le premier stage est vraiment très beau
  Comme dirait Schwarzy, il a pas une tête de porte bonheur

L'ensemble est nerveux, les vagues d'ennemis arrivent sans laisser de répit, mais pas en désordre. Le jeu n'est pas spécialement vicieux mais il est agressif, c'est une approche un peu différente de Nexzr qui fait plus appel au placement millimétré, à la mémoire et la parfaite connaissance des successions de dangers. Ici si la mémoire n'est pas inutile c'est largement autant une question de vigilance et de réflexes, à part lors de certains passages bien précis on ne se fait pas vraiment piéger, il faut savoir avant tout réagir rapidement. La difficulté est progressive et bien dosée, on passe les premiers stages sans trop souffrir et ça se complique en avançant. Les levels sont relativement longs comme souvent dans les jeux Compile, mais je ne les ai absolument pas trouvés ennuyeux comme il peut m'arriver parfois sur d'autres titres de ce studio, il n'y a pas de redites ni de passages mous. Ni trop facile, ni trop dur dans sa difficulté par défaut, il est toujours possible d'augmenter le challenge via les options. Le jeu propose également deux modes alternatifs destinés au scoring: un time attack et un score attack. Deux modes presque traditionnels pour tout shmup vertical tournant sur une Pc Engine.

 
Oh mon dieu... du sang!
  Les décors jouent beaucoup avec le trompe l'oeil pour simuler du relief

 

 
Magie et nuées de missiles, un point commun avec MUSHA Aleste
  Le niveau de détail est parfois étonnant, on croirait presque à de l'arcade

 

Conclusion
Généralement je ne suis pas un grand fan des productions de Compile, je n'accroche pas des masses à Musha sur Mega Drive, Super Aleste m'a plu sans me faire sauter au plafond, même constat pour Robot Aleste, mais Serei Senshi Spriggan me parle énormément. Sans reproches sous tous les angles : techniquement superbe, un gameplay très ingénieux et agréable, une mécanique de jeu générale très bien huilée et bien pensée, le tout est parfaitement cohérent. Il est l'alternative parfaite à Nexrz dont j'avais déjà fait l'éloge, Spriggan est plus accessible, original et chatoyant, de son coté Nexzr représente une sorte de vision synthétique et perfectionniste du concept de shoot them up vertical à séquences. Les deux sont au sommet de leur propre logique, il m'est bien difficile de déclarer objectivement un vainqueur, une chose est sûre pour moi on tient là peut être les deux meilleurs verticaux de l'ère 16 bits sur console («blabla, la Pce est une 8 bits»... on s'en tape, elle joue pas dans la cour de la NES et de la Master System). Rien d'étonnant à ce qu'il ait obtenu en 1991 le tilt d'or du meilleur Shoot Them Up de l'année. Et pour conclure sachez qu'il est disponible sur le Virtual Console de la Wii, vous pouvez foncer les yeux fermés.

 

 

Article rédigé par kimuji le 17/03/2010
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