Maria's Christmas Box

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  • Nom : Maria's Christmas Box
  • Editeur : Anco
  • Ordinateur : Amiga, Atari ST,
    Amstrad CPC, Commodore 64,
    ZX Spectrum
  • Année : 1988
  • Genre : Strip Poker
 

 L'icône féminine du jeu vidéo. Non, nous ne parlons pas ici de la virtuelle Lara Croft, mais bien d'une femme en os et en chair, de la plantureuse Maria Whittaker, à qui Anco consacra un jeu en 1988 (nous évoquons ici la version Amiga, d’où les captures sont issues, mais le jeu est également sorti en moins beau sur Atari, Commodore 64, CPC, et en très laid sur ZX Spectrum).


Ave Maria


Et étant donné que la jeunesse ignare ne connaît plus la grande Maria, une pause s'impose pour évoquer la carrière de la belle et ses talents. En l'an 1983, à l'âge précoce de 15 ans, c'est devant des millions de spectateurs qu'elle fit ses débuts, en tant que Hill's angel dans The Benny Hill Show. À certains qui prétendront que ce n'était qu'un petit rôle, je rappellerai simplement qu'il n'y a que des petits acteurs, et qu'il est certain que la belle a su y mettre tout son coeur. Elle n'eut de toute façon pas besoin de gesticuler pour montrer ses atouts, puisqu'en 1985, elle devint une reine de l'immobile : c'est cette année-là qu'elle fut couchée sur le papier du Sun, dont elle éblouit les lecteurs. En effet, ce quotidien anglais, connu à la fois pour son élégance et son militantisme, avait (et a toujours) pour coutume de publier à la page 3 des femmes dans les plus belles tenues, mettant idéalement leurs charmes en valeur. Les plus curieux pourront d'ailleurs visiter ce monument du bon goût qu'est le site www.page3.com, véritable encyclopédie des belles des temps jadis, temple de la découverte des belles des temps présents.
Mais cessons les digressions, et revenons à notre délicieux sujet, la voluptueuse Maria Whittaker. Celle-ci fut si souvent et brillamment immortalisée dans les journaux (non seulement le Sun, mais également au sein de magazines de fond tels que Playboy), qu'elle fut élue Page 3 de l'année 1989, apogée de sa carrière. En effet, si la belle embrassa ensuite la comédie et la chanson, celles-ci n'eurent pas la délicatesse de lui rendre la pareille.
La suite appartient à l'Histoire, et nous allons donc faire un petit retour en arrière, pour revenir à Maria et au jeu vidéo.
Souvenez-vous : 1987, le CPC devient une machine à rêver. Dans Barbarian, vous luttiez à mort pour délivrer la belle princesse, incarnée sur la jaquette par la voluptueuse Maria. Les deux volets se seraient-ils si bien vendus si elle n'en avait pas orné la couverture ? Ce qui est sûr, c'est que l'éditeur Palace Software pensait changer d'égérie pour sa série. Le destin décida que Barbarian 3 ne se ferait pas.
En 1988, d'autres Anglais rendent à la reine l'hommage qu'elle mérite, en en faisant l'héroïne d'un jeu à son nom, Maria’s Christmas Box donc.
 


How do you solve a problem like Maria ?

Anco est un développeur qui se fera connaître par la suite avec un jeu où on pousse le ballon sur le gazon : le mythique Kick Off. À tous ceux qui aiment le sportif et le physique, Maria’s Christmas Box offre donc un sport… de réflexion, le poker, dans des règles aménagées du poker fermé (et non le Texas Hold’Em à la mode aujourd’hui), où le joueur affrontera Maria en personne, en face à-face.
Petit et rapide rappel des règles : après que chacun ait reçu cinq cartes, chacun mise un minimum dans le pot (qui sera remporté par le vainqueur de la manche), puis le premier joueur peut ou non surenchérir. Le deuxième peut suivre, surenchérir, ou abandonner (se coucher). Et ainsi de suite pour un certain nombre de mises, jusqu’à ce que le pot soit constitué. Une fois ce premier tour effectué, chaque joueur peut changer tout ou partie de ses cartes, puis un deuxième tour de mises, à l’issue duquel les joueurs montrent leurs cartes, si aucun d’entre eux n’a abandonné. Celui qui a la plus forte combinaison de cartes remporte le pot. La partie se termine lorsqu’il n’y a plus qu’un seul joueur qui possède l’ensemble des mises.
J’ai parlé au-dessus de règles aménagées, et voici la première (et la plus importante) des modifications effectuées dans le jeu : quand on n’a plus d’argent, on vend ses vêtements. Le but ici est donc de mettre Maria à poil, et de lui faire enlever son chapeau, puis sa cape, puis sa bretelle gauche, sa bretelle droite, etc. Car Maria est habillée en Maman Noël, ce qui fait de ce jeu le parfait compagnon de réveillon pour célibataire. Le principal intérêt du jeu réside donc dans les graphismes, la majeure partie de l’écran étant occupée par une photo numérisée de Maria, et le bas… par des cartes moches. L’interface est assez laide, sans aucune animation pour l’égayer (même pas lorsque la belle se change) et le son ne vaut pas vraiment mieux : un léger bruit pour la donne des cartes, et c’est tout. Musicalement, on accompagnera donc d’un CD. Curieusement, les chants de Noël ne collent pas trop à l’ambiance, et on conseillera plutôt du Barry White, du George Michael ou du Dire Straits, selon les préférences.


Concernant le gameplay en lui-même, pas grand chose à dire pour la jouabilité : on déplace la souris et on clique. En revanche, on s’attardera un peu sur les autres aménagements effectués aux règles du poker fermé. Celui-ci se joue normalement entre 3 et 8 joueurs, avec un jeu allant de 32 cartes pour les parties à 3, jusqu’à 52 pour 6 participants et plus. Maria’s Christmas Box se joue à 2, avec un jeu de 52 cartes. Du coup, les combinaisons fortes sont particulièrement rares, et la plupart du temps, une belle paire suffit pour l’emporter. La première conséquence est que les parties sont relativement monotones, vu qu’il n’y a rien de palpitant à battre une paire de 2 avec une paire de 8. La seconde est que Maria se couche souvent, et qu’il est du coup très simple de grappiller quelques dollars par-ci, par-là, en bluffant. Le jeu en lui-même n’étant de toute façon pas très difficile.




Maria’s Christmas Box vaut-il le coup aujourd’hui ? La réponse est clairement non. Le jeu a pour lui un modèle charmant, dans des poses sympathiques (rien de graveleux, ni même de pornographique, vous ne verrez rien de plus que des nichons), et c’est tout. Pour le strip-poker, Teenage Queen a bien plus de personnalité, est mieux habillé sur tous les plans. Pour les photos de nu, il y a maintenant l’inépuisable internet. Mais en 1988, à sa sortie, il est certain que Maria a vidé les bourses de bien des joueurs.

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Finissons en répondant à deux questions existentielles :

Oui, même sa bague sera vendue.
Et non, Maria ne porte pas de soutien-gorge.

Article rédigé par tfoth le 30/04/2011
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