Gaiares

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Ecran titre Gaiares Nom : Gaiares
Editeur : Telenet
Console : Megadrive
Année : 1990
Genre : Shoot them up

Se retrouver dans la jungle des shoots sur Megadrive n'est pas toujours évident, d'autant qu'elle  est très fournie et dominée par certains titres dont la renommée éclipse une bonne partie de la ludothèque. Gaiares, sorti la même année qu'un certain Thunder force III, a cependant réussi à se constituer une solide base d'inconditionnels. Telenet est un éditeur à qui l'on doit un bon nombre de jeux sur divers supports, souvent très typés manga et donc peu distribués par chez nous. Quelques noms comme ça au hasard: Exile, la série des Valis, Road Avenger...



L'une des particularités de Gaiares est de proposer un véritable scénario, certes peu complexe, mais qui a le mérite d'exister et d'être exposé au joueur lors de la (longue) présentation du jeu à grand renfort de forts jolis écrans fixes, sous-titrés, à l'esthétique très japonaise.
Les plus cultivés d'entre vous signaleront qu'en grec "Gaia" signifie "Terre" et res "chose"/"affaire", les plus spéculateurs d'entre-vous avanceront qu'il s'agit là peut être d'une affaire terrienne ou d'une histoire de res..urrection de la terre et ils n'auront pas totalement tort car les plus patients d'entre-vous auront remarqué lors de la phase de présentation du jeu qu'il est question de la Terre ravagée par la pollution aux alentours des années 3000 et d'un groupe de terroristes spatiaux qui n'a rien trouvé de plus intelligent que de se servir de cette pollution pour bâtir une arme de la mort qui tue. Le rôle du joueur sera donc de renvoyer dans leur décharge anti-protocole de Kyoto les terroristes qui empêchent comme toujours les gentils de vaquer à leur occupations de gentils.

Voila ce qui arrive quand on se moque des écolos...
La présentation du scénario est accompagnée de zolies images

Sorti sur l'une des premières cartouche 8 bits de la console Gaiares propose des graphismes tout à fait corrects voir au dessus de la moyenne pour un jeu de 90 sur Megadrive ; même si la comparaison avec le mastodonte de Technosoft sorti la même année n'est pas à son avantage,  ceux-ci restent assez colorés et relativement fins.
Les décors mélangent le bon, parfois le très bon, le basique, parfois le minimaliste (et pour le level 3 on parlera carrément de l'épileptique). On note un effort certain sur la diversité des ennemis rencontrés et les Boss sont généralement très réussis et bien détaillés. Malgré tout (et malgré les protestations des fans que j'entends d'ici) il respire encore le style graphique de la première vague de jeux Megadrive. L'animation quant à elle est impeccable, pas l'ombre d'un ralentissement ne pointe à l'horizon, les plus tatillons parlerons d'un effacement de sprite de temps en temps ou  d'un léger manque d'étapes dans les mouvements de certains boss, mais rien de bien méchant.

La partie sonore est plus mitigée, les bruitages sont sans histoire, ni mauvais, ni transcendants, bien dans le ton et c'est le principal. Certaines mélodies ont tendance à rentrer dans la tête dès la première écoute, les fans appellent ça des musiques inoubliables les autres appellent ça de la prise de tête. Pour ma part sans aller aussi loin je dirai que parfois quand même ça tape un peu sur le système. Surtout quand on se retape pour la 15 ème fois le même level depuis le début. Car s'il y a une chose sur laquelle tout le monde s'accorde c'est que Gaiares n'est pas un jeu pour débutant.

Décollage 
Décollage, cap sur l'enfer

Avant de reparler de la difficulté attardons nous un peu sur le gameplay. Gaiares, bien qu'il reprenne le principe hérité de R-Type du module que l'on peut envoyer dans la tronche des ennemis, est assez original sur ce point. Le fameux module, affectueusement appelé TOZ, remplit plusieurs fonctions, tout d'abord il apporte un peu plus de puissance de feu car il est capable de faire feu en utilisant la même arme que votre vaisseau, il fait également office de bouclier capable de bloquer la plus part des tirs ennemis. Mais il est aussi votre seul moyen de faire évoluer votre armement, nul power up ne se baladant dans les écrans de Gaiares ; pour changer d'arme et l'améliorer il va falloir envoyer votre module sur des ennemis judicieusement choisis pour absorber leur énergie et s'approprier une arme similaire à la leur. Une jauge de puissance en haut à gauche de l'écran vous indique si votre puissance est optimale pour le type de tir utilisé, pour la faire monter il faudra  retoucher le même type d'ennemi avec le module. Il s'agit là l'un des aspects les plus sympa du jeu : tester son module sur les différents ennemis pour voir quelle arme il peut rapporter. Une fois plus familiarisé avec le jeu on pourra choisir son armement en agrippant avec son module les ennemis dont on sait qu'ils fournissent le type de tir le plus approprié à la situation. Côté bonus à ramasser il en existe deux, un qui supprime tous les ennemis à l'écran quand on le touche (avec le vaisseau ou avec le module) et un autre qui vous confère un bouclier qui peut absorber trois tirs. Dernier petit détail qui a son importance, la vitesse du vaisseau est modulable selon 3 niveaux.

   
 La flamme bleue c'est le bouclier, il est biensur transparent dans le jeu
 Le classique champ d'astéroïdes


Le module n'est pas la seule similarité avec des jeux comme R-type : Gaiares est un shmup à la difficulté extrêmement corsée, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, comme dans R-type il fonctionne avec un système de check point, généralement un par niveau plus un juste avant chaque Boss, donc à chaque vie perdue on se retrouve renvoyé en arrière, au dernier check point franchi. Il s'agit donc d'un shoot à l'ancienne qui repose sur le sans-faute pour avancer. Le second facteur de difficulté est la vitesse de certaines vagues d'ennemis ou tirs qui arrivent sans signe annonciateur. De ce point de vue Gaiares est comme les Thunder Force un shoot ou la mémoire joue un grand rôle, la connaissance parfaite de l'ordre d'apparition des différentes vague d'ennemis est la clé pour avancer.

Enfin le système de Power Up du module recèle une faiblesse : vous ne pouvez plus tirer tant que votre module n'est pas revenu à proximité de votre vaisseau, ce qui vous laisse pendant quelques seconde sans défense. Ce qui fait au final qu'il n'est pas rare d'être renvoyé plusieurs fois de suites en début de niveau alors qu'on venait de enfin de franchir un passage difficile ou de devoir recommencer un Boss à zéro alors qu'on était à deux doigts de l'achever... c'est d'ailleurs dans ce genre de situation qu'on commence à trouver la musique saoûlante.

   
 Un level qui fait un poil mal aux nœils
  Certains ennemis bénéficient d'un niveau de détail bien sympa

 Conclusion
 Votre serviteur n'ayant pas possédé le jeu à l'époque, il vous garanti un avis sans déformation nostalgique et dégagé de tout fanboyisme exagéré. Gaiares est sans conteste un très bon shmup sur Megadrive se hissant sans problème aux premières places, tenant assez bien la route techniquement sans pour autant être exceptionnel ou le meilleur sur ce plan, seuls les boss sont de l'ordre du très bon, avec un gameplay original et une durée de vie assez importante si vous ne jetez pas la cartouche par la fenêtre à cause la difficulté à la limite du frustrant par moments (je le trouve relativement plus difficile que Thunder Force IV par exemple). Je n'ai aucun gros reproche à lui faire, il n'a pas de grande faiblesse mais en même temps je ne lui trouve pas non plus de quoi venir sérieusement disputer la place des meilleurs shoots horizontaux de la Megadrive. Des Thunder Force III et IV, Gley Lancer (bien qu'il ne m'ait pas non plus follement enthousiasmé) ou autres Gynoug restent selon moi un cran au dessus.


Une cyborg en soutif rose avec un armure de chevalier du zodiaque?
Il y a un bel effet de double rotation sur ce boss
 Allez fais pas ta timide...
... ah tu vois quand tu veux ma petite sirène

Article rédigé par kimuji le 10/07/2009
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