El Viento

(1/1)

 

Titre : El Viento
Année : 1991
Console : Megadrive
Genre : Action
Editeur : Wolf Team

 

La Megadrive... Aaaah la Megadrive. Digne rivale éternelle de la Super Nintendo. Jumelles, meilleures amies et meilleures ennemies. Ces deux monstres n'ont cessé à leur heure de gloire, de nous prouver que les 16-bits ont de la ressource, tous styles confondus, et dans leur bataille sans merci, multiplièrent les productions de qualité pour le plus grand bonheur du joueur. À la façon d'un paon qui nous dévoile toutes les couleurs de sa queue, nos deux jumelles préférées ne cessent de nous cracher des titres tous plus légendaires les uns que les autres... dont beaucoup n'ont malheureusement pas franchi les frontières européennes. Ce n'est pas un scoop, le vieux continent a bien souvent été délaissé et a raté de magnifiques petites merveilles, qui pourtant sur l'île du soleil levant, n'ont cessé de rallier de nouveaux adeptes.

 

 

New-York New-York...

Empêchez le pire avec vos boomerangs !


1928, New-York City. La ville est aux mains des mafias qui y font régner leur loi dans les rues. Parallèlement, un mystérieux groupe religieux, nommé "El Viento", fait alors son apparition, et semble vénérer une divinité nommée Hastur, pour lequel ils préparent une funeste cérémonie pour l'invoquer dans notre monde. Son dirigeant, un certain Henry, cherche en effet à faire revenir ce démon dans le monde des vivants afin de pouvoir asservir la planète. Mais il n'est pas seul. Mis à part son troupeau de fanatiques religieux, se dresse à ses côtés Restiana, une jeune femme de votre ville, touchée par le pouvoir sacré d'Hastur, transformée en sorcière aux pouvoirs mystiques désormais aux ordres du sinistre Henry.

Mais il y a aussi Vincente DeMarco, le tout puissant chef de la mafia locale, qui décida de s'allier au groupe religieux, et espère bien partager la gloire d'Henry -dont le quartier général n'est autre que le très célèbre Empire State Building, rien que ça- si il parvient à invoquer Hastur, . Alors que son plan paraît parfait, une mouche apparaît dans la soupe, et cette mouche, c'est vous. Annet, jeune New-Yorkaise pour le moins dynamique, dont la destinée est de lutter contre ce groupe religieux, du fait de son lien de sang avec Hastur, de même que Restiana, sauf que cette dernière aura préférer suivre la secte dans ses sombres projets. Ce qu'elle ne sait pas elle-même, c'est que son triste destin aux côtés d'Henry n'est pas de trôner dans son ombre, mais d'être sacrifiée pour pouvoir permettre à l'esprit d'Hastur d'être invoqué. Désormais engagée dans une lutte où l'unique issue sera soit le sauvetage du monde, soit sa destruction, incarnez Annet et partez à la reconquête des rues du New-York des années 30, armée de boomerangs, et empêchez l'invocation d'Hastur.

 

En ville ou dans une grotte, l'ennemi est partout !

Une ballade a dos de dauphin ?

 

C'est donc dans un New-York corrompu au plus haut degré, que vous, Annet, devez parcourir les rues malfamées de la mégapole, et retrouver la trace de Vincente, Restiana et Henry en vous frayant un chemin parmi les innombrables tueurs à gages lancés à votre poursuite dans les rues par le chef mafieux. Pour se faire, votre meilleur atout dans cette aventure riche en pixels restera vos boomerangs. Vous aurez donc la possibilité d'en lancer deux par deux. Mis-à-part le fait fort agréable de pouvoir s'adonner à la chasse au bandit à l'aide de boomerangs, car c'est quand même relativement rare de faire usage de ces armes aussi vieilles que le monde, issues de la culture aborigène australienne (...), en plus ils ne seront pas simplement ici de simples branches taillées, mais de redoutables armes à tête chercheuse, dans une certaine mesure certes, mais aidant le joueur dans son gameplay, car cela pourra lui éviter certains sauts, et donc de se faire également surprendre lors du retour au sol.

En évoluant donc principalement en milieu urbain (qui entre autres nous fera brièvement penser à Dick Tracy sur le même support), on notera d'emblée une certaine richesse dans les décors, ainsi que la colorisation exemplaire des textures qui auront pour résultat de renforcer le réalisme de la chose. Limite on a l'impression d'être dans le New-York des années 30 avec des buildings d'un rare réalisme, avec bien évidemment son lot de loubards armés de Thompsons. On aura également le plaisir de se retrouver dans de multiples décors, comme une forêt, une grotte pas moins malfamée, une usine, un château maudit avec plein de démons, et également un niveau particulièrement agréable qui changera quelque peu le joueur de la routine, en se déroulant sur l'eau, et où Annet aura l'occasion de se déplacer à dos de dauphin... le tout à la poursuite de Restiana.

Il vous sera également donné la possibilité de connaître les personnages secondaires de l'histoire qui guideront les pas d'Annet jusque dans les rues de Détroit, pour finalement revenir à New-York, où il vous faudra mettre un terme une bonne fois pour toute à la folie d'Henry. Le tout avec des graphismes relativement affinés qui reflètent à merveille l'environnement dans lequel on évolue, avec pour la plupart des décors une profondeur plutôt bien détaillée et colorée et un souci du détail bien présent.

 

Le développement du scénario se fera sous forme d'images mangas.

Restiana, votre meilleure amie et ennemie.

 

Pour se faire, Annet ne disposera pas seulement de ses boomerangs, il lui sera également possible d'utiliser cinq pouvoirs magiques différents aux effets variés, qu'il vous sera demandé de trouver tout au long de la partie. Il en va de même pour votre réserve de magie, qui aura pour effet d'influer sur la puissance du sort que vous lancerez. Plus vous resterez appuyé sur le bouton, plus la jauge de concentration se remplira, et plus votre boule de feu sera puissante. Plus vous avancerez dans le jeu, et plus votre réserve de magie augmentera, pareillement pour votre barre de vie.

Le joueur aura la bonne surprise de voir que cette dernière augmentera progressivement, une augmentation ardemment désirée et qui ne saura pas de trop quand on se rend compte de la difficulté proposée par le jeu, et ce relativement rapidement. Certains ennemis se montreront particulièrement vindicatifs et rapides, et même s'il leur en faudra peu pour mourir, les toucher révèlera parfois du véritable challenge, et les multiples collisions qu'Annet aura l'occasion d'encaisser ne cesseront de faire baisser progressivement votre barre de vie, notamment les boss que vous rencontrerez à la fin de chaque niveau et qui se montreront particulièrement coriaces, dont l'un en particulier, qui aura le plaisir de vous offrir un combat assez unique en son genre, car l'issue de ce dernier reposera entièrement sur la chance.

Trois caisses au-dessus de vous, et ce petit malin ira se cacher dans l'une des caisses. Après que ces dernières se soient mélangées, il vous appartiendra de retrouver celle dans laquelle le boss se sera caché. Si vous le trouvez, il perdra un peu d'énergie. Si vous vous trompez, c'est votre jauge de vie qui en subira les conséquences. Un tout petit arrière-goût ce coup-ci d'Alex Kidd, avec ses combats de pierre-feuille-ciseau... À savoir qu'ici, vous ne disposerez que d'une seule et même barre de vie pour vous farcir tout le jeu. Lorsque cette dernière se verra vidée... bah vous serez mort (mouarf le scoop !!) et vous ne disposez d'aucune vie supplémentaire pour vous relever. Vous aurez bien quelques continues accessibles lors de votre retour à l'écran titre, et vous aurez alors tout le plaisir de recommencer le niveau à son tout début. Sympa lorsque vous vous retrouvez à la fin du dernier sous-niveau d'un niveau, où il va falloir parfois déployer des ressources impensables de motivation pour faire face à nouveau à l'endroit où l'on aura été tué quelques secondes plus tôt... et avec le sourire bien sûr.

 

Affrontez votre amie lors d'un duel sans merci

Le boss de fin... pas très amical !

 

Si la présence d'une seule barre de vie n'est pas suffisante pour venir à bout des plus téméraires d'entre nous, la jouabilité peut alors éventuellement corser encore un peu plus la chose. Non pas ici que le sprite d'Annet soit une corvée à déplacer. Au contraire c'est même un plaisir. Une bonne rapidité générale, des sauts exemplaires, avec notamment la faculté de pouvoir courir en faisant une manipulation lorsque l'on est assis, et ce dans une animation fracassante qui fait que même si le besoin ne s'en fait pas ressentir, on s'amusera à parcourir les niveaux en courant juste pour le plaisir d'admirer l'animation du sprite.

Ce qui est moins drôle, c'est la gestion des collisions. Parfois hasardeuse, on se surprendra a avoir encaissé un tir ennemi alors qu'on croyait l'avoir évité. En plein saut, c'est autre chose, puisque lorsque l'on est toucheé, Annet observera un léger recul. Au sol cela ne sera pas un problème, mais en plein saut, cela pourra faire rater la manœuvre que l'on aura voulu exécuter. En général, le pire qui puisse se passer sera alors de retomber tout en bas, il faudra alors recommencer la série de saut pour arriver à franchir un passage, mais lorsque l'on tombe au beau milieu d'un champ de pics, il ne sera pas rare de perdre facilement et bêtement un bon quart de vie, tout ça parce qu'un didiou de sprite ennemi nous aura attaqué quand il ne le fallait pas. Sans compter que si l'on tombe dans un trou, on aura pas droit a un game over gratuit, mais quand même de recommencer le passage en son début. Cependant, si son seul et véritable unique gros défaut réside en si peu de chose, il n'en va pas de même concernant la bande sonore qu'offre le jeu.

Les musiques proposent ici tout un panel de variété qui saura s'adapter au décor en question, que ce soit dans la ville, dans la forêt ou encore dans le château. La plupart des pistes ici se veulent particulièrement rythmées, et ce dans la plus pure tradition des jeux d'action. Des musiques bourrées d'adrénaline, à la limite de l'agressif lorsqu'il s'agira de combattre un boss. Tant l'action est bel est bien présente dans les thèmes des niveaux du jeu, tant l'inverse est tout aussi bien représenté dans l'introduction, et dans les saynètes entre les niveaux dans lesquelles se dérouleront l'intrigue du scénario. Là, le ton va alors changer. Les thèmes se verront alors nettement plus doux, intrigants au plus haut point, et pousseront le joueur à non seulement vouloir castagner du bandit à grand renfort de boomerangs, mais aussi à savoir le pourquoi du comment. Ces dites saynètes, qui ponctueront donc l'accomplissement d'un niveau, ont pour tâche de dévoiler l'histoire du jeu, reprenant la mort d'un boss, l'apparition d'un nouveau personnage secondaire, avec les dialogues qui vont bien entre Annet et les différents protagonistes. Entièrement réalisées façon manga, en plaçant ici la barre très haut, on ne pourra s'empêcher d'admirer ces images, que les fans du design manga sauront doublement apprécier.

 

LES NOTES :

- Les graphismes : 15/20
Le problème ici est que son point fort concernant la richesse de ses décors devient un point faible, avec parfois trop de détails que la console ne parvient pas toujours à digérer, ce qui pourra donner lieu a une bouillie de pixels où les structures et textures s'entrechoquent, et les développeurs ont peut-être eu les yeux plus gros que le ventre. Reste que le niveau général demeure très correct, avec des sprites de taille honorable et relativement bien détaillés.

- La bande son : 17/20
On trouvera ici une bande son très musclée, cadrant à merveille avec l'ambiance générale, qui aura pour effet de renforcer l'intérêt du joueur dans ses parties endiablées. Tant la qualité sonore ici se voit relativement élevée, on aurait cependant apprécié encore plus de pistes. Non pas que les mêmes musiques soient répétitives, mais elles sonnent tellement bien au creux des oreilles qu'on en veut encore et encore...

- Durée de vie : 17/20
Il est plutôt rare qu'un jeu d'action soit aussi draconien avec sa seule barre de vie pour tout le jeu. Ajoutez à cela une difficulté plutôt élevée, et venir à bout de ce titre pourra relever du travail de romain, et il faudra avoir ses nerfs solidement accrochés à sa bile pour certains boss. Une difficulté haut placée qui ravira les spécialistes du genre en mal de challenge, mais pourra en revanche décourager les habitués du "easy mode". En tout cas, il est assez rare dans un jeu de recommencer autant de fois depuis le début, sans pouvoir se reposer sur plein plein de vies et un océan de continues.

- Maniabilité : 16/20
Une Annet agréable a déplacer dans l'ensemble, et réaliser ses manœuvres ne sera pas excessivement compliqué. Le drame étant ici le recul d'Annet au touché lorsque l'on est en plein saut, irritant sur le coup mais pas au-delà. On aurait quand même largement apprécieé une variété plus affirmée au niveau du panel des coups disponibles. On ne peut que tirer devant/derrière en sautant et en étant assis. D'autres directions de tirs et plus d'animations auraient été les bienvenues.

- Au final : 16,5/20
Un titre pour le moins original pour un jeu original. Un petit bijou de qualité qui puise son mérite dans son action effrénée, servie par une bande son à la hauteur de la difficulté, le tout saupoudré d'images manga. Avec un clin d'œil à Lovecraft au travers d'Hastur, que les fans auront déjà remarqué, El Viento aura marqué la 16-bits de Sega au fer rouge, et cette dernière se souviendra de ce titre comme l'un de ses meilleurs jeux d'action.

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Article rédigé par VinceGaiden le 13/05/2008
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