Deathsmiles

(1/1)

Editeur : AMI

Développeur : CAVE

Machine : Mame ( à partir de la version 0.153)

Date de sortie : 2007 (2008 pour la version black label)

Taille de la Rom : 63,11 mo (78,85 mo pour la version Mega Black Label)

I
  

 

Vous aimez les shoots, vous aimez les films d'horreur, vous aimez aussi les petites filles (ahem) alors ce jeu est fait pour vous ! Deathsmiles c'est non seulement tout ça mais c'est surtout une véritable bombe qui a devasté tout sur son passage à sa sortie en arcade en 2007.

 

I. Salut, moi c'est Sakura l'apprentie sorcière !

 

Seconde tentative de Cave de percer dans le shoot horizontal après le perfectible Progear (développé avec Capcom sur CPS2) Deathsmiles présente un univers rarement exploité dans un shoot them up : celui de l'horreur, des sorcières et de l'ambiance "Halloween" en général, la série Cotton de Sega faisant figure de precurseur (dans un style bien plus kawaii cependant) pour un genre qui consiste surtout à casser du vaisseau spatial ou de l'avion.

Dans un univers parallèle au notre, un sorcier souhaite ouvrir une brèche lui permettant de rentrer, lui et sa fille sorcière elle aussi, dans le monde réel. Mais après des années de recherche lui ayant fait perdre la raison, et sur le point de réussir, il va aussi de façon totalement égoiste et irresponsable permettre au monde des ténèbres d'envahir un lieu pourtant en paix. Sakura, sa rejetonne, accompagnée de quatre de ses amies, elles aussi souhaitant rentrer chez elles dans le "monde réel", vont tout faire pour déjouer ses plans et empêcher le mal de sévir définitivement. Elles ont jusqu'à minuit, le soir d'Halloween, pour fermer la brèche.

Moui, la fille à gauche est bien affublée d'un porte-jarretelle...

 

Si le scénario peut paraitre simplet au premier abord, voire enfantin, il présente un background cohérent et solide pour un jeu du genre : chaque personnage ayant son propre caractère, sa propre histoire et ses propres motivations. Les interstages sont d'ailleurs régulièrement ponctués de phases de dialogues qui nous permettent d'avancer dans l'histoire. Malheureusement tout est en japonais, la traduction anglaise n'étant disponible qu'à partir de la version Xbox360 sortie l'année suivante. Je dois quand même vous prévenir que le coté "Lolita pour Otaku obsédé" de nos jeunes héroïnes ne plaira pas à tout le monde. Mais fort heureusement, ce n'est qu'un pretexte pour un jeu d'exception.

 "Wesh les meufs, vous avez pas une clope ?"

 

II. Le balai, ça sert pas qu'à faire le ménage !

 

Dans sa version d'origine, Deathsmiles permet de choisir parmi seulement deux personnages : Windia aux cheveux roses et Casper la blonde germanique. Deux autres personnages (Foliett l'intello et Rosa la bourge) sont disponibles via des tips. Chacune de nos petites héroines se verra affublée d'un animal de compagnie qui fera office de module complémentaire. C'est le comportement de ces bestioles qui fera la différence entre chaque personnage (rapidité, puissance...)

La blonde paraît très coquine, euh je m'égare moi !

 

Une fois votre collegienne choisie, l'écran de la carte du monde vous permet de sélectionner votre niveau de départ parmi trois. A chaque fin de stage, un embranchement vous sera proposé dans un système similaire à la série des Darius. Il vous faudra terminer les six premiers niveaux dans l'ordre de votre choix pour accéder au stage final.

 

 

Vous pouvez aussi choisir votre niveau de difficulté parmi trois à chaque embranchement. Le plus de ce système, c'est que vous pourrez modeler la difficulté de votre parcours. Par exemple, vous pouvez commencer le jeu au level3 (difficile), faire le stage suivant en level2 (difficulté moyenne), puis revenir en level3 ou passer en level1 (facile). En plus de rendre le jeu plus ou moins difficile de manière génèrale, les boss pourront revétir plusieurs formes et attaques selon le level choisi. Cela-dit, Cave a instauré une petite règle pour éviter que le jeu ne soit trop facile : si vous enchainez deux stages de suite en level1 ou 2, ce palier ne sera plus accessible. En revanche, il n'y a aucune restriction à faire tout le jeu en level3 ;-) Quand au dernier niveau, il ne propose pas le choix de la difficulté, mais il me semble sans que j'en sois certain qu'il sera plus difficile selon que vous avez choisi ou non la facilité. Pour être clair, plus vous jouez difficile dans les premiers niveaux, plus ce dernier stage le sera aussi ;)

Un niveau caché, à la difficulté redoutable, est accessible juste avant le dernier stage grâce à une manipulation (que je n'ai pas réussi à exécuter, mais celui-ci est accessible sans tips dans la version black-label).

Le gameplay présente pas mal de particularités pour un shoot horizontal. Vous disposez de trois boutons : A permet de tirer à gauche, B à droite. Ce tir multidirectionnel n'est pas qu'un simple élément de confort qui sert à se débarasser de quelques ennemis sournois arrivant dans votre dos, mais fait partie intégrante du gameplay, nous y reviendrons plus bas. Le troisième bouton lâche la classique smart-bomb, nettoyant littéralement l'écran de tous les tirs ennemis tout en vous rendant temporairement invincible.

Autre chose, les filles disposent chacune de trois points de vie qui diminueront de manière plus ou moins brutale selon la façon dont vous vous faites toucher : un demi-point de vie pour un monstre ou un obstacle heurté, un point complet pour un projectile. Dès que vous perdez un point de vie, vous récupérez votre stock de smartbomb. Quand votre jauge est vide c'est le game-over, mais il sera possible de temps en temps de récupérer un item vous redonnant un demi-point de vie (ou une smart-bombe) en détruisant certains éléments du décor !

 

Que fait cette voiture encastrée dans ce paysage de ruines ? La détruire pourrait vous valoir une surprise ;)

 

Une smart-bomb aussi réussie esthétiquement qu'efficace

 

II. Une réalisation magique  !

 

Le jeu est une claque graphique rarement vue. Les décors gothiques fourmillent de détails, les ennemis sont variés (trolls, chiens enragés, aigles...) tout en restant dans la catégorie "horreur", bénéficient d'un design trés soigné et sont parfois gigantesques. Les boss sont quant à eux impressionants visuellement mais aussi bien souvent originaux ! Quand à l'animation, rien à dire, ça ne ralentit presque jamais et l'écran de jeu reste toujours parfaitement clair malgré la profusion de monstres, de tirs ennemis et de bonus qui envahissent régulièrement l'écran. On peut cependant regretter la faible résolution d'origine du jeu (320X240 seulement...) qui gâchera quelque peu le plaisir si l'on joue sur un écran HD. Les heureux possesseurs de la version XBox 360 ont quand à eux la possibilité de jouer à une version "reliftée"... Petite faute de goût selon moi, l'abondance des tirs et autres "bullets" de couleur rose...

 

Que de rose...et c'est ça pour 90 % du jeu...

 

...sauf rares exceptions.

 

Les captures d'écran, à la résolution d'origine du jeu, ne rendent pas justice à la beauté et l'originalité des environnements traversés.

 

Quand à la musique rock-metal-gothique mâtinée de baroque, elle est puissante, parfaitement adaptée à l'ambiance générale (celle du dernier stage est sublime) et surtout jamais recouverte par les bruitages pourtant percussifs. Un très bon travail de mixage de la part des sound-designers de Cave. Reste que les cris et gloussements régulièrement poussés par les filles peuvent devenir très irritants...

Cette débauche de qualité a un prix. Le système "Cave-1000" est jeune et émulé officiellement depuis seulement un an environ. Une configuration avec au grand minimum un processur I5 et 4go de Ram est donc fortement recommandée pour éviter des baisses de framerates assez désagréables. Ceux qui ont gardé un vieux PC pour en faire une Mamecab peuvent passer leur chemin :(

    

Petite sélection de boss ! De gauche à droite (ou de haut en bas selon la mise en page) : Shino notre redac-chef adoré après une gueule de bois, Sissy Trouille, Sylevebarbe avec ses pommes pourries et Meuhricette la vache échappée de l'abattoir !

 

 

III. Etre ou ne pas être...

 

La manière de scorer est ingénieuse et efficace. Les Power-Up n'existent pas en tant que tels et chacune de nos pucelles dispose dès le départ d'une arme plutôt puissante. A chaque fois que vous tuez un ennemi, il libère un certain nombre de joyaux en forme de crânes et de coeurs venant augmenter votre score mais aussi remplir une jauge en bas à gauche. Quand vous appuyez simultanément sur A+B, un cercle de protection se forme autour de vous et va locker et flinguer tous les ennemis rentrant dans son champ. Ce pouvoir, lorsqu'il est activé, fait baisser votre compteur mais vous permet d'atteindre plus d'ennemis à la fois. Lorsque celui-ci atteint 1.000, vous avez deux possibilités : soit vous continuez à ramasser des items en forme de couronnes dorées qui rapporteront plus de points, mais si vous appuyez sur A+B, vous aurez droit une attaque surpuissante en lieu et place du mode "lock" qui continuera de manière indéfinie jusqu'à épuiser votre jauge mais augmentera dans le même temps le nombre des bonus "classiques" lachés par les ennemis, en plus de multiplier votre score de façon exponentielle. Pour être honnête je n'ai pas tout à fait compris comment se calcule exactement le mécanisme de multiplication, mais je sais que chaque item peut rapporter à terme 10.000 points, qu'ils sont parfois très nombreux (plusieurs centaines par grosse vague d'ennemis) et lâcher une mega-attaque au bon endroit au bon moment fera exploser le jackpot de manière totalement indécente et jouissive.

 

Et ça continue encore et encore, c'est que le début d'abord, d'abord !


IV. Une jouabilité ensorcelante

 

C'est la moindre des choses pour un maniac, vos héroines se contrôlent parfaitement. On s'habitue très vite et très naturellement à l'alternance gauche-droite et "lock" des tirs, et d'ailleurs souvent on a pas le choix tant le level-design nous oblige à nous adapter en permanence à la situation : ennemis qui arrivent de tous les cotés et nous prennent régulièrement en sandwich, scrolling multidirectionnel, obstacles nombreux qui donnent parfois un coté plate-forme à l'ensemble. Mais jamais on ne s'emmêle les pinceaux dans les contrôles.

La difficulté est très progressive. Le jeu est largement abordable en level1 et plutôt corsé en level3. Mais même lors des moments délicats, on a toujours la sensation de garder le contrôle. Il n'y a jamais de passages vicieux ni véritablement "bouffe-crédits", y compris dans le dernier niveau : la hitbox de nos héroines étant symbolisée par un coeur bien visible et les filles déplacables au pixel près. Seule notre adresse et une concentration intense comptent !

Quant à la durée de vie, si on prend en compte les parcours multiples, qu'il y a quatre héroines avec chacune deux fins différentes (une "bonne" et une "mauvaise"), que la difficulté est paramétrable de manière très souple, on en conclut qu'elle est plus que correcte pour un shoot. D'autant plus que la beauté artistique et le gameplay aux petits oignons permettent de ne jamais nous lasser de recommencer une partie.

 

V. Quelques mots sur la version black-label

 

Une version ultra-limitée à 150 exemplaires estampillée "black label édition" est sortie dans les salles japonaises un an après le jeu original. Outre un léger réétalonnage des couleurs, elle propose dès le départ et sans tips le choix entre nos quatre lolitas + Sakura en nouveau personnage jouable. Il y a aussi la possibilité d'avoir accès à deux extra-stages (dont un seul est véritablement inédit, voir paragraphe II) avant le dernier niveau, la possibilité de jouer en difficulté 999 (!) et un système de scoring exacerbé qui vous permettra d'atteindre plusieurs milliards de points ! Le jeu est bien entendu disponbile sur Mame, sinon je ne vous en parlerai pas ;)

 

Vous pouvez vous amuser avec chacune de ces filles, mais pas les cinq en même temps, n'exagérons pas !

 

L'un des deux extra-stages à la difficulté inouÏe.

  

Les +Les -

Réalisation technique fabuleuse

Jouabilité exquise

Univers original et cohérent

L'ambiance "gothique-lolita" très présente malgré tout, on aime ou on déteste...

Du rose partout, on aime ou on déteste !

Grosse configuration requise pour faire tourner le jeu correctement sous Mame

Note : 18/20 (pour les pervers) 17/20 (pour les gens sains d'esprit)

Pour télécharger la Rom en version originale

Pour télécharger la version black label

Article rédigé par chaz le 31/10/2015
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