Big Sky Trooper

(1/1)
Nom :
Big Sky Trooper
Editeur :
JVC / LucasArts
Console :
Super Nintendo
Année :
1995
Genre :
heu, Action / Aventure ?

Roms 1 :
Jeu
Langue :
US


Traduction :
Oui, Français
Niveau de la traduction :
2/5
Téléchargement :
Rom traduite

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C'est Noël, c'est le moment d'offrir des cadeaux aux sales gamins. Pourquoi pas Big Sky Trooper, souvent cité dans la liste des pires jeux SNES ? Réfléchissez-y quand même à deux fois avant de l'offrir à Kevin : il se pourrait bien qu'il ne soit pas si catastrophique que ça. Vous ne voudriez tout de même pas lui donner un jeu qu'il pourrait finir par adorer ?

Si vous avez déjà eu l'occasion d'essayer Big Sky Trooper, je le sens d'ici vous vous demandez ce qui peut bien me prendre de venir vous parler d'un jeu aussi lamentable, non ? Ben, déjà je vous répondrai qu'il y a quelques temps, je vous ai quand même fait perdre un quart d'heure avec le test d'Alien vs Predator. Hein, si mon hobby, c'est de tester des jeux moisis, quel est le problème ?

Ceci dit, il y a une énorme différence entre AvP et Big Sky Trooper : le premier est définitivement à oublier tandis que le second fait partie de cette catégorie frustrante, les jeux qui auraient pu devenir de véritables chefs d'œuvre mais qui ratent la marche à cause d'un défaut quelconque. Et pourtant, malgré son (énorme) défaut, il n'en reste pas moins un jeu très sympathique pour peu qu'on arrive à survivre aux premières heures.

Le logo LucasArts vient de déclencher la guerre entre les humains et les Slugs ! L'humour décalé restera présent. Ici un test d'intelligence pour vérifier si vous êtes apte à entrer dans l'armée...
Histoire / Univers

L'impressionnante impopularité de ce titre m'a empêché de trouver beaucoup d'informations sur son contexte, ce qui est ennuyeux parce que je trouve l'idée générale comme quoi Big Sky serait un clin d'œil au roman Starship Trooper assez douteuse. Pour appuyer cet avis, quelques vagues ressemblances sont avancées, les titres tout d'abord, le nom des créatures (bugs pour starship, slugs pour big sky), le fait que les aliens envahissent les mondes humains et que le héros est recruté brusquement... Tout ceci me semble vraiment fragile mais je n'ai malheureusement pas pu dénicher d'informations permettant d'infirmer ou confirmer ce lien.

Bref, le début de l'histoire est en tout cas plutôt déjanté et transpire l'humour décalé de Lucasarts. L'introduction nous met directement dans le bain : le logo Lucasarts apparait sur un fond étoilé... Puis arrive une sonde Slug qui tourne autour et appelle son vaisseau mère en déclarant avoir trouvé un artefact alien. La réponse ne se fait pas attendre, un bref coup d'œil au logo assène aux Slugs deux informations inacceptables : nous avons des os et en plus, le but de notre espèce est de faire de la publicité en poussant le vice jusqu'à envoyer dans l'espace des logo Lucasarts. Les os et la publicité étant deux choses totalement intolérables pour les Slugs, la décision ne se fait pas attendre : la guerre est déclarée.

Le début du conflit est catastrophique : les Slugs sont très nombreux et submergent la fédération humaine. La grosse majorité des planètes tombent sous leur contrôle. Face à cette situation, le haut commandement prend une décision désespérée : créer un corps de combattant d'élite, les big sky troopers. Ils disposeront chacun d'un exosquelette avancé et d'un croiseur d'attaque. Le sergent recruteur Slack est désigné pour s'occuper de monter cette équipe mais il n'est pas très regardant et vous êtes sa première recrue bien que vous ne soyez qu'un enfant... Malheureusement, les fonds vont très rapidement manquer et finalement il n'y aura qu'un seul big sky trooper, vous... Un imprévu qui coûtera sa place à Slack et le propulsera vendeur dans un dépôt de matériel paumé au milieu de nulle part.

Quoi qu'il en soit, il va falloir faire avec : vous allez devoir repousser l'invasion seul...

Le gros point fort du jeu : chaque point est une planète à visiter. Il y en a en tout... 111 ! Et son énorme point faible. La courte portée des attaques rend les séquences action très pénibles d'autant plus que les ennemis sont tous plus rapides que le "soldat".
Gameplay 1 : Partie exploration

Une fois le recrutement passé, on est bombardé général 21 étoiles et envoyé sur notre vaisseau, le Dire Wolf. Celui-ci est plutôt surprenant avec son IA qui s'appelle FIDO (Flexible Interactive Digital Omnicomputer) ou sa forme extérieure qui est également celle d'un chien lorsqu'il est en vitesse lente (en vitesse rapide, une petite animation nous le montre se repliant pour prendre une forme proche des croiseurs impériaux de Star Wars).

Outre l'infirmerie et les caissons de sommeil servant de sauvegarde, on y trouve un écran de contrôle qui renferme trois options importantes. La première permet de montrer un objet de l'inventaire à FIDO pour qu'il explique à quoi il sert. On trouve ensuite la carte stellaire permettant de se déplacer de planètes en planètes. Enfin la vue extérieure qui permet d'envoyer ou récupérer une balise de navigation.

Cette partie exploration mérite quelques explications car au début, elle parait assez obscure. Tout repose sur ces fameuses balises de navigation. Leur rôle est double : une fois placées en orbite autour d'une planète, elle permettent d'y revenir depuis n'importe quel point de la galaxie mais aussi d'aller sur les planètes adjacentes même si elles ne sont pas balisées. Ainsi pour aller sur une planète encore inexplorée, il faut aller à la planète balisée la plus proche et baliser ensuite les éventuelles planètes inconnues sur le chemin.
Bien sûr, ça serait trop simple : avant de placer une balise sur une planète inconnue, il faut repousser les éventuelles forces Slugs. Tout d'abord dans l'espace avec un système proche d'Asteroids puis au sol à l'image d'un Pocky & Rocky par exemple. Une fois les Slugs vaincus, un message vous indique que la planète est pacifiée : vous pouvez désormais revenir au vaisseau pour placer une balise en orbite. Attention tout de même, celles-ci étant en nombre limité, il faudra choisir avec soin où les placer et réorganiser fréquemment leur réseau pour optimiser les déplacements.

Voici donc un système bien huilé et en plus proposé dans une interface faisant penser au vénérable Captain Blood. Il y a cependant quelques différences, la principale étant qu'ici, les planètes ne sont pas générées aléatoirement. On trouvera donc toujours les mêmes planètes au même endroit et renfermant les mêmes objets, ça ressemble à un détail mais pas tant que ça. Car en entendant parler d'un jeu avec 111 planètes sur une cartouche SNES, on pense directement que la grosse majorité ne sera que du remplissage inutile. Et pourtant, même si une partie des planètes ne sont pas indispensables à visiter, on arrive ici à un résultat impressionnant. On a d'abord une trentaine de planètes importantes pour le scénario, ensuite une vingtaine de points originaux comme des épaves Slugs à visiter ou des trous noirs permettant d'améliorer le vaisseau au prix d'un combat dantesque, enfin une quinzaine de planètes renfermant des objets intéressants et qui sont utiles pour se remplir les poches... On pourra aussi ajouter une poignée de planètes qui sont placées au milieu d'amas de planètes et qui constituent donc des choix stratégiques pour y placer une balise de navigation. Ce qui nous donne au final environ 70 planètes importantes ! C'est tout simplement du jamais vu sur une cartouche 16 bits.

Un point tout de même sur la taille de ces planètes. Si le travail fourni est colossal, il n'est pas magique : pour caser toutes ces planètes dans la cartouche, il fallait ruser. Ainsi la taille de chacune varie mais n'est jamais énorme. Les petites le sont vraiment : une carte de 2x2 écrans qui monte à 6x6 pour les plus grandes. Il faut aussi ajouter à cela, un effet que le jeu utilise souvent pour nous désorienter : les cartes sont considérées comme des surfaces de sphère. Elles n'ont donc pas de bord et en allant toujours dans la même direction, on finit par revenir à son point de départ. C'est pas un défaut et ça fait illusion pour masquer un peu la petite taille des planètes mais c'est déroutant et il faudra se concentrer pour se sortir des labyrinthes utilisant vicieusement cet effet.

Heureusement, les choses s'améliorent grandement plus tard lorsqu'on récupère de nouvelles armes et aptitudes. Leur activation est d'ailleurs originale : elle passe par le jeu de taquin en bas à gauche.
Gameplay 2 : Action

Maintenant qu'on a parlé de l'exploration, autant vous prévenir tout de suite : le meilleur est derrière nous et vous n'imaginez même pas ce qui va arriver... Car oui, la partie action de Big Sky Trooper est ratée. Mais attention, nous avons ici un véritable virtuose du raté. Malgré sa partie exploration extrêmement habile, Big Sky Trooper est souvent considéré comme l'un des pires jeux SNES, vous vous doutez bien qu'il y a une raison. Et cette raison ? Sa partie action !

Nous l'avons vu plus haut, il y a deux phases d'action : la partie spatiale et la partie au sol. Vous le découvrirez bien assez vite en jouant : les deux sont épouvantables et je pèse mes mots. Enfin, J'ai quand même une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par la bonne : ça s'arrange plus tard. La mauvaise par contre, c'est pas pour tout de suite. En gros, il faut quatre heures pour que les combats spatiaux s'améliorent et à peu près deux heures de plus pour les combats au sol...

La raison en est simple : la phase spatiale est gâchée par un vaisseau beaucoup trop pataud. A la fois lent dans ses déplacements et dans ses changement de direction. Quant à la phase au sol, la vitesse du personnage est là aussi un sérieux problème mais est encore soulignée par la courte portée de son arme et la résistance des ennemis. Résultat, dans l'espace on tire au hasard dans toutes les directions en attendant que tout le monde finisse par mourir et au sol on passe son temps à se faire toucher sans pouvoir y faire grand chose... C'est catastrophique on est bien d'accord.

La surprise intervient donc plus tard quand on obtient les premières améliorations du vaisseau. On tombe d'un seul coup sur les trois premiers trous noirs qui permettent de gagner une meilleure arme, un meilleur moteur et une meilleure direction... Autant dire que ça change du tout au tout. C'est plus long pour le personnage, en fait il récupère des compétences comme un jetpack pour voler ou des gants magnétiques pour déplacer de lourdes charges. A première vue, il n'y a pas d'arme mais si on active en même temps les trois premières compétences, on obtient un tir d'énergie qui n'est pas limité en portée et s'avère plutôt puissant. D'ailleurs le système d'activation est original, il se présente sous la forme d'un jeu de taquin dans l'inventaire. On y trouve un bloc "énergie" à relier aux blocs compétences pour les allumer. Comme ils conduisent l'énergie, on peut en activer plusieurs à la fois et là, surprise, ça permet d'obtenir des compétences de combat : bouclier, tir d'énergie, missile nucléaire... Une idée plutôt sympathique en somme sauf pour les allergiques du taquin évidemment...

Pour conclure sur la partie gameplay, si vous avez le courage de survivre à ces premières heures qui resteront probablement gravées dans votre mémoire toute votre vie, vous aurez le plaisir de découvrir un jeu bien trop mal jugé. Le scénario sans être transcendant est amusant, les quelques personnages qu'on croise sont tous plus barrés les uns que les autres, la partie exploration est un régal... Même l'action bénéficie d'idées originales comme cette gestion des compétences, les Slugs qui fusionnent lorsqu'ils se rencontrent devenant de plus en plus forts ou qui se baladent en mini-soucoupe voire ces clones humains créés à partir de votre ami(e) espion(e) et qui vous harcèlent jusqu'à ce que vous délivriez le pauvre original !

L'autre phase d'action : un asteroid-like. Une bonne idée parmi tant d'autres. Les Slugs ont tendance à fusionner lorsqu'ils se rencontrent. (ici 5 slugs fusionnés)
Technique

Le jeu n'a vraiment pas à rougir de sa technique. Les graphismes sont très typés avec un style oscillant entre la caricature et le SD. Ils ne plairont pas à tous mais ils ont tout de même une touche bien à eux. Les musiques sont dans la bonne moyenne, il y a bien peu de chance que vous les fredonniez sous la douche comme un bon geek mais elles sont quand même loin de donner envie de couper le son. Les bruitages sont du même acabit tandis que l'animation est par contre bien travaillée. Aucun ralentissement mais c'est surtout la profusion d'animations secondaires qui est appréciable. Que ce soit le soldat, les Slugs, la faune locale des planètes ou même notre propre vaisseau, tout le monde bénéficie d'une palette d'attitudes différentes et souvent plutôt drôles.

Un mot rapide sur la traduction non officielle de la rom par le groupe Macrotrads. Il faut reconnaitre qu'il a l'avantage de franciser un jeu plutôt destiné aux enfants mais à coté de ça, on regrettera beaucoup la qualité générale. Si on arrive le plus souvent à comprendre l'idée générale, c'est pas toujours le cas et il n'est pas si facile que ça de tomber sur une phrase qui ne comporte pas au moins une faute. C'est toujours délicat de critiquer un travail fourni gratuitement par des passionnés mais si vous avez le choix, je vous conseillerai vraiment vivement la version originale américaine qui est en plus bien écrite.

Bien sûr, vous l'avez senti venir, il reste la maniabilité. On se demande vraiment ce qui a bien pu se passer chez Lucasarts. Pourquoi nous détestent-t-ils à ce point ? Je crains qu'on ne l'apprenne jamais mais toujours est-il que les premières heures de BST sont vraiment indescriptibles et face à un ratage aussi écrasant, il n'y a pas lieu de s'étonner de sa piètre réputation. Bien sûr comme je le disais, les choses s'améliorent par la suite mais ça reste fragile surtout pour les combats au sol. Un personnage plus rapide que ce soit d'origine ou par une amélioration quelconque n'aurait vraiment pas été du luxe. En plus, il est à peu près impossible de tirer en diagonale sans se déplacer ce qui, ajouté à la portée très réduite, aboutit immanquablement à se faire toucher. Enfin, on prend le pli, on se débrouille pour rester à distance et coincer les ennemis dans un coin facile à contrôler mais la part de chance reste élevée et avec tout l'entrainement imaginable, il arrive encore régulièrement de se faire passer à tabac. Il n'aurait pourtant pas fallu tant de modifications pour arriver à un résultat efficace. Simplement un personnage plus rapide ainsi qu'une arme plus puissante. Il y a bien le laser déjà évoqué qui finit par arranger les choses au niveau de l'arme mais il consomme l'énergie de l'exosquelette ce qui empêche d'en abuser autant qu'on le souhaiterait.

Pour ne pas finir sur un point négatif, je terminerai en évoquant la durée de vie qui est tout simplement incroyable : j'ai passé plus de 28h pour finir le jeu afin de boucler le test. J'ai cependant trainé en dessinant quelques cartes mais en jouant normalement une moyenne de 18-20h me semble le minimum !
De plus le jeu n'est pas aussi répétitif qu'on l'entend en général. Bien sûr, chaque nouvelle planète à conquérir suit le même schéma : combat spatial, combat au sol puis balise au besoin. Mais il faut aussi rajouter à coté de ça, les quatre "machines quantiques" à sauver, de nombreux PNJ à aider de diverses façons pour obtenir leurs faveurs, l'espion(ne) à aller sauver à l'occasion, etc... Le jeu monte vraiment crescendo, si bien que la fin plutôt moyenne déçoit tant on s'attendait à un final explosif à l'image du dernier niveau qui consiste à infiltrer le gigantesque vaisseau mère Slug.

Une mamie qui tricote un engrenage, ça ne peut être que la gardienne de la "machine quantique du destin" ! Oui, oui c'est bien des heures... 28h21 pour un jeu console 16 bits sans vraiment beaucoup trainer...
Note : 10/20 (05/20 pour les premières heures puis 14/20)

Comme j'ai un certain goût pour les accroches beaufs, si je devais faire une brochure de BST, je dirai que c'est une terre de contraste... L'excellence de la partie exploration y côtoie les égarements les plus complets de la partie action. Il avait pourtant tout pour plaire : un concept accrocheur tout d'abord, explorer la galaxie à bord de son croiseur afin de repousser une invasion alien n'est pas une proposition qui se refuse facilement. On y ajoutera un aspect technique efficace, une certaine patte graphique, 111 planètes à visiter, la touche LucasArts dans le second degré omniprésent. Même les phases d'action sur le papier sont bonnes : les jeux Asteroids et Commando-like plaisent en général à tout le monde. Si elles avaient été faites proprement, il n'y a aucun doute à avoir : le succès de BST aurait été retentissant. Malheureusement il n'aura pas cette chance, les phases d'action sont ratées et les heures sont longues avant que ça ne commence à s'arranger avec l'amélioration du personnage et de son vaisseau...

Il reste malgré tout un passage presque obligé si vous êtes fan de SF ou de Captain Blood et que quelques heures difficiles ne vous rebutent pas : les dix à quinze heures restantes sont réellement intéressantes !


Les plus
Les moins

- Patte graphique
- 111 planètes à visiter !
- Univers très accrocheur
- Pointes d'humour LucasArts
- Montée crescendo du jeu
- Durée de vie (20h !)

- Premières heures de jeu atroces
- Phases d'action laborieuses
- Fin décevante

Note : les screenshots peuvent être zoomés en cliquant dessus.
Article rédigé par Shinobi le 24/12/2008
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