Athlete Kings

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 Nom : Decathlete / Athlete Kings
Editeur : Sega
Supports : Arcade, Saturn
Année : 1995
Genre : Multisports
Joueurs : 1-2

Les années olympiques sont l'occasion pour les éditeurs de sortir des titres en rapport direct avec les Jeux. Or, la licence officielle n'est pas donnée, et tout le monde n'a pas les moyens ou l'envie de l'acquérir. Dans ce cas, il y a toujours la possibilité de sortir un jeu de sport au thème proche, mais sans le logo officiel, ce qui offre d'ailleurs plus de liberté sur le contenu. C'est ce qu'a fait Sega en 1996 avec Athlete Kings, version occidentale du jeu Decathlete.


 Les persos disponibles. Les images sont toutes tirées de la version Saturn. Les tutoriaux sont très bien faits.

Comme son nom japonais l'indique, Athlete Kings propose de disputer un décathlon. Pour les nuls en latin (NdKimuji : surtout que c'est du grec), un décathlon est composé de dix épreuves d'athlétisme, qui sont :

  • Le 100m
  • Le saut en longueur
  • Le lancer de poids
  • Le saut en hauteur
  • Le 400m
  • Le 110m haies
  • Le lancer du disque
  • Le saut à la perche
  • Le lancer de javelot
  • Le 1500m

Comme tous ses prédécesseurs, le mythique Track'n Field en tête, Athlete Kings utilise seulement deux boutons : un bouton de course, qui est en général martelé frénétiquement jusqu'à ce mort (du pad) s'ensuive, et un bouton d\action qui sert à déclencher les sauts et à modifier leur angle ainsi que celui des lancers. Certaines épreuves demandent en plus d'utiliser le pad, comme les sauts ou encore le lancer du disque.


Le javelot est l'épreuve de jet la plus facile. Mais attention de ne pas mordre !
Oui je sais, 5m c'est peu, mais ce n'est que l'échauffement !

L'originalité d'Athlete Kings est de proposer de choisir un athlète parmi huit, qui possèdent leur spécialité : le Russe et l'Anglais sont meilleurs dans les épreuves de lancer, la Jamaïcaine et l'Allemand excellent en saut, la Française et la Chinoise sont les plus rapides tandis que le Japonais et l'Américain sont, sans surprise, équilibrés. Cependant c'est surtout de votre habileté que dépendront vos performances.

Il existe trois modes de jeu : l'entraînement, le Decathlon qui propose d'enchaîner les épreuves sans contrainte de performance, et le mode Arcade qui impose de dépasser certains minima pour passer à l'épreuve suivante. Il est possible de choisir l\ordre des épreuves (à l\exception du 100m, qui vient toujours en premier), sachant que plus vous passerez une épreuve tard, plus la difficulté sera élevée. On pourra regretter l'absence d'un mode "Free Event", qui aurait permis de ne disputer qu'une seule épreuve de son choix. Certes, l'Entraînement le permet, mais aucun record n'est sauvegardé dans ce mode.

Pas facile d'allier vitesse et précision des sauts.
 Passera, passera pas ?

Les records, justement, tombent assez facilement, ce qui est plutôt gratifiant. La prise en main est immédiate, même pour les épreuves traditionnellement délicates, comme le saut à la perche. Une fois les commandes apprivoisées (ce qui est facilité par la présence d'une aide  -désactivable - avant chaque épreuve), on progresse très vite, et on notera avec bonheur qu'il n'est pas nécessaire d'être un Parkinsonien sous intraveineuse de Red Bull pour réaliser des performances : si faire monter la barre de course au maximum est assez difficile dans l'épreuve du 100m, c'est beaucoup plus simple durant les autres épreuves, ce qui permet de se focaliser sur le timing et l'angle de jet. D'ailleurs les records tombent très vite et ce dans toutes les disciplines, à tel point qu'on atteint des scores impensables pour des athlètes aussi polyvalents.

Les épreuves sont suffisamment variées et bien fichues pour éviter l'ennui, exception faite du 1500m, épreuve finale d'un incroyable manque de dynamisme et d'une gestion des collisions à pleurer. A part ça, c'est du tout bon, certaines d'entre elles, comme le lancer du poids, se permettant même d'offrir des variantes quant à la méthode employée. À deux les parties s'enchaînent à un bon rythme, et on ne peut que regretter l\absence d'un mode 4 joueurs qui utiliserait le sextupleur de la console.

Un seul degré peut dramatiquement modifier les performances lors d'un saut.
On peut choisir l'angle de vue une fois les lancers effectués.

Techniquement le jeu, bien qu'il accuse son âge, a plutôt bien vieilli : il a eu à l'époque le bon goût de ne pas trop en faire tout en le faisant bien, et si les démarches des sportifs peuvent sembler parfois ridicules, cela ne choque pas vraiment dans le feu de l'action. La mise en scène a été travaillée, et les angles de vue sont nombreux et changent sur une même épreuve, sans jamais nuire à la lisibilité. Les athlètes ponctuent leurs performances de quelques animations et commentaires, ce qui change agréablement des robots auxquels on a affaire en général dans ce genre de jeu, et les décors, qui changent au gré de l'horaire des épreuves, sont plus que corrects.

Athlete Kings est donc tout à fait digne des productions arcade de Sega, et est tout à fait dans la lignée des autres titres de l'AM2. On aurait certes pu en demander un peu plus -plus d'épeuves, plus d'originalité dans les commandes - mais après tout, le jeu tel quel est déjà d\une telle qualité qu'on aurait tort de trop en vouloir. Si vous cherchez une simulation et un chouia de réalisme, passez votre chemin, mais si vous voulez juste des ampoules aux doigts et de bonnes barres de rire, vous avez fait le bon choix.


Article rédigé par Shenron le 21/08/2008
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