Time Lord

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Time Lord

  Titre : Time Lord
  Console : NES
  Année : 1990
  Genre : Action
  Editeur : MB

 

Dans le futur, vous n'avez pas de nom

Ou alors vous en avez un, mais tout le monde s'en fou complètement, puisqu'on vous appelle autrement : Time Lord. Ah ouais, faut bien avouer c'est quand même la classe, surtout quand son prénom, c'est Jean-Guy.

Nous sommes loin, très loin dans le futur, le 1er janvier 2999 pour être exact, et comment dire... c'est un peu l'bordel dans la galaxie. Sur Terre en tout cas, c'est carrément la merde, non pas à cause de Justin Bieber et de Céline Dion qui chantent encore, mais à cause d'une race d'extra-terrestres qui nous viennent tout droit de la planète Drakkon, avec comme ultime but de conquérir la Terre. Agrougrou' les méchants. Comme d'hab', j'ai envie de dire, des invasions, on en a connu des tas, et on a toujours trouvé un bon pigeon pour faire tout l'boulot à la place des autres.

Et ce pigeon, cette fois c'est vous, Time Lord !! Aller quoi, ne faites pas la gueule, vous aurez droit à un bon de 20% de réduction à vie à la station spatiale McDonald's. Elle est pas belle la vie ?? Mais avant de vous goinfrer de BigMac du futur, vous avez une invasion à stopper.

Et n'oubliez pas de ramener des souvenirs !! La machine à remonter le temps. Je la voyais plus grande quand même

 

Dans le futur, on retourne dans le passé

D'habitude, les aliens qui nous attaquent sont trop bêtes. Pas cette fois. On peut même dire que leur stratégie est l'une des plus efficaces qu'on ait pu voir dans un jeu vidéo ! Ces racailles tentaculaires ont sous leur contrôle une excellente technologie de voyage dans le temps, et ces derniers ont remonté jusqu'à plusieurs périodes de notre histoire afin d'en modifier le cours et de nous réduire en esclavage dans le temps présent.

Héhé, croyez-moi, ils ont oublié d'être bêtes, ceux-là. Pour une fois que c'est un peu plus subtil qu'une attaque frontale massive avec force bombardement comme on voit partout ailleurs, cela a au moins le mérite d'être souligné.

Seulement, c'était sans compter sur la capacité de l'humain à s'adapter. La principale station de recherche terrienne est d'ailleurs sous attaque lorsque vous vous y trouvez, et votre mission est de vous introduire dans ce fameux système de voyage dans le temps, afin de remonter à votre tour les époques infiltrées par les Drakkons, de mettre un terme à leur plan du démon, et de revenir dans le présent afin de leur botter leur cul cosmique une bonne fois pour toutes.

Attention les petits dragons qui vous envoient des bombes.... J'espère sincèrement que les vrais dragons n'ont pas l'air si con

 

Dans le passé, on modifie le futur du présent...

La messe est dite, la trame est lancée, en voiture Simone, c'est parti pour un voyage dans le temps. Là comme ça, ça donne plutôt envie de jouer. L'intrigue à l'air intéressante, c'est d'ailleurs plutôt bien présenté... en tout cas sur la notice. Une fois le jeu lancé, ce n'est malheureusement pas la même mayonnaise. Un peu comme si on vous promettait un petit paradis pour vous forcer à signer, et qu'une fois engagé, vous vous rendez compte de tous les travaux à faire, la piscine pourrie, etc. Et vous pleurez.

On démarre en effet la partie sur un écran titre un peu dégueulasse, mais surtout avec une musique qui se veut futuriste, mais qui en définitive vous massacre les oreilles et les tympans, comme si deux mains sortaient de votre écran pour vous donner de grosses baffes bien lourdes. Les chiens sont sensibles aux ultra-sons, mais j'peux vous garantir qu'après avoir écouté la musique de l'écran titre de Time Lord, vous aussi, vous y serez sensible, aux ultra-sons !!! Un peu plus et on aurait presque droit au héros qui sort de l'écran en tenue de cuir moulant pour vous fouetter avec des orties.

S'en suit un petit écran avec un petit texte explicatif ne résumant même pas la situation, mais vous expliquant tout de même vite fait votre objectif pour chaque zone que vous allez traverser, ce qui résumera rapidement en fin de compte un peu tout le déroulement du jeu, à savoir qu'il vous faudra trouver 5 orbes, dont 4 premières plus ou moins cachées dans le niveau afin de faire apparaître le boss que vous devrez éliminer pour avoir la cinquième orbe, ce qui vous fera passer au niveau suivant, et ce, sans même pas une seule image pour illustrer un peu le propos.

Je ne veux pas savoir les cochonneries qui se passent dans cette étable !! Hé, gringo !! Ton cafè, il poù autant que toi !!

 

Dans le futur, on récolte ce qu'on a semé dans le passé

Puis on démarre la partie dans la station spatiale terrienne déjà occupée par les ennemis, qui pour le coup, ressemblent aux Daft Punk, avec leur combinaison fluo et leurs gros casques ridicules du futur. Le niveau est très court et sers surtout de rapide tutoriel pour montrer au joueur comment grossomerdo, ça va se passer pour la récolte des orbes. On trouve les 5 bouboules rapidement, et on se retrouve propulsé au niveau suivant en se disant que c'est le premier niveau le plus rapide de notre vie que l'on vient de faire !!

Dans l'ordre, on traversera donc quatre époques bien distinctes, dont un château anglais en 1250 pour affronter un dragon, le Far West en 1860 pour s'occuper d'un bandit mexicain avec une forte haleine de Guacamole, puis on fera un retour en arrière dans les Caraïbes pirates des années 1650 à bord du Dora-Marie, un imposant vaisseau pirate, pour dire deux mots à une coquille St-Jacques géante (je ne plaisante pas, c'est vraiment le boss du niveau), ainsi qu'un détour par la France en pleine seconde guerre mondiale en 1943 pour botter les fesses d'un gros soldat, pour finir par revenir dans notre temps, en 2999, pour en terminer avec la menace Drakkon.

Dans le concept, c'est quand même vachement intéressant. Une menace du futur, des voyages dans le temps, revisiter certaines époques, il y avait-là quand même une base assez béton pour faire un sacré jeu. Mais il n'en est rien. En fait, la destinée de ce jeu était d'être excellent, mais il en a été tout autrement. Idées sur le papier mal interprétées par les devs ? Développeurs bons à rien ? Accouchement dans la douleur ? La faim dans le monde ? Le fait est que tout ou presque dans ce jeu est raté.

En garde, moussaillon !! Un boss digne des pires nanars (ou des meilleurs)

 

Dans le passé, on ne veut pas d'aliens du futur

Déjà, vu l'ambition du jeu de vouloir projeter le joueur dans un univers aussi sérieux et divertissant que les voyages dans le temps, la moindre des choses aurait été d'exiger un minimum de qualité dans les niveaux parcourus. Alors si le choix des époques n'est pas mauvais du tout, les niveaux en eux-mêmes... arf.

C'est en effet assez laid il faut bien l'avouer. On est peut-être qu'en 1990, mais la NES a déjà prouvée qu'elle est capable de bien mieux. Les décors sont tristes et manquent cruellement de couleurs. Il n'y a qu'à voir les sols, qui ne sont faits que d'une seule couleur comme si ça avait été fait avec un pot de peinture sous Paint. Ça manque aussi beaucoup de détails, et il ne sera pas rare de longer de grandes parties de mur complètement dénuées de tout détail. Puis après tout, c'est vrai quoi, pourquoi on se ferait chier à renforcer l'ambiance des niveaux qu'on propose au joueur ? Des fois que ça rendrait le jeu meilleur...

Ensuite, qui dit vivre une aventure dit aussi forcément un peu... avoir un héros un minimum charismatique. Sans forcément se trimballer une tapette avec le coeur sur la main, le genre aussi fleur bleue que les princesses qu'il faut sacrifier une après-midi entre potes pour aller sauver, ou encore le genre McClane, qui viens baiser la reine du bal et qui casse la gueule à tous les plus costauds que lui, mais au moins, on aurait su qui on incarnait. Pas là. On ne sait pas qui on incarne en fait. On sait qu'on est "Time Lord", parce qu'au début, on nous appel comme ça, mais on aurait pu vous appeler Ducon qu’aurait été pareil. Genre : "Ah ? J'suis Time Lord ? Ah bon, OK..."

Vous portez des espèces de longues bottes apparemment en cuir par-dessus un jogging Décathlon rouge des plus sexy et un débardeur rouge moulant. Je soupçonne aussi votre avatar d'avoir la verge percée par un anneau (rouge), mais ce n'est qu'une supposition personnelle. Et vos cheveux sont rouges aussi. En fait, vous êtes un punk du futur, et vous auriez parfaitement votre place dans une pub-TV des années 90 pour une certaine console Megadrive de Sega. Dur pour un Time Lord censé sauver le monde, non ?

Attention le champ de mines !! Mais oui Günther, t'es beau avec ton p'ti gun

 

Dans le futur, les aliens s'en prennent à notre passé

Les ennemis aussi ne sont pas à la fête. Ils sont en général peu nombreux, et pas tellement variés. Ils ont au moins le mérite d'être différents par époque et de cadrer avec leur niveau. Dans le futur, donc le présent, les ennemis seront des soldats-aliens et des espèces de robots à l'air vaguement futuristes. Dans le château fort, vous affronterez des chevaliers et des dragons, dans le bateau pirate, des pirates (et des crabes...), au Far West, des cow-boys (avec un boss mexicain, hum), et sur le front, des soldats (et des piranhas...). Bon, au moins, on a un minimum d'identité visuelle donnée à chaque époque, même si on aurait aimé avoir un peu plus d'ennemis différents. Y avait de quoi faire des niveaux de fou, merde quoi...

Musicalement, je ne saurais comment placer les musiques de Time Lord. J'aurais bien dit que ça oscille entre le bien et le mal, mais cela aurait été reconnaître qu'il y ait de bonnes musiques, ce qui n'est pas le cas. Toutes les musiques sont mauvaises en fait. Mais les partitions, elles, ne sont pas mauvaises pour autant, dans le sens où lors de leurs écritures, elles sont assez rythmées... plus ou moins bien. C'est leur conversion en 8bit qui causa leur perte en fait, je pense. On se retrouve avec des musiques qui veulent cadrer avec leur époque, mais au final, c'est assez raté. Prenez le thème du château anglais, on se croirait à une cueillette de champignons dans la forêt. D'ailleurs, dans ce même niveau, on a un orbe à récupérer en... cueillant des champignons. À la limite, cette musique est la meilleure du jeu, car pour les autres niveaux, c'est carrément minable, et on a hâte de terminer le niveau pour passer au suivant pour enfin, ne plus avoir à endurer ce supplice sonore. De même pour la musique du combat contre les boss, qui est sans aucune originalité, et on a l'impression que chaque note pèse 200 kilos. Les bruitages sont aussi sacrément banals et mauvais.

Un... aspirateur spatial ? Le boss final. Et on ne se moque pas svp...

 

Dans le futur, c'est un peu la merde quand même...

Le jeu se joue un peu à la manière d'un beat'em all (du pauvre), où l'on se déplace de gauche à droite avec un petit champ de profondeur, mais même ça, c'est loupé. Ne vous imaginez pas affronter des vagues d'ennemis comme dans un Double Dragon, car vous n'aurez en fin de compte que quelques adversaires par niveau. De plus, la jouabilité est super lourde. Comme si le jogging rouge Décathlon pesait 3 tonnes. Concernant la palette de coups de Time Lord, c'est encore une belle catastrophe. Même pas 1 combo entier disponible. En tout et pour tout : un seul coup de poing lorsque vous êtes au sol, et un coup de pied sauté. Et c'est tout. Autant avoir un message du jeu nous disant d'aller nous faire foutre, ça irait plus vite.

Alors oui, pour "varier" un peu les plaisirs, on aura bien droit à quelques armes dans les niveaux, qui là encore veulent se marier avec leur époque, donc au château on aura une épée de chevalier (ou de mec qui voulait l'être), au Far West on aura un Colt, puis une Winchester, dans le bateau pirate on aura une autre épée puis des couteaux de lancer, au front on aura un pistolet puis des grenades, pour finir avec un pistolet laser et des missiles téléguidés dans le dernier niveau. À la limite ça nous évite de trop nous faire chier avec le poing, mais bon... ce n’est pas vraiment comme si on avait un super choix des armes. À noter que vos armes disparaissent à la fin de chaque niveau, il vous faudra donc en retrouver de nouvelles au suivant, ce qui est plutôt une bonne idée si on ne veut pas faire un mélange d'époque qui serait indigeste.

Finissons avec le fait que vous n'avez pas tout votre temps pour terminer le jeu. Mais pour le coup, c'est plutôt une bonne petite idée. En fait, lorsque vous utilisez la machine à remonter le temps dans le premier niveau, on est le 1er janvier 2999, et à partir de là, vous avez 1 an dans votre temps pour venir à bout des époques. Seulement dans le passé, le temps passe bien plus vite, et vous aurez un compteur de date en bas de l'écran qui vous indiquera l'avancement du temps dans votre dimension. Si le timer arrive à la fin de l'année, donc en l'an 3000, alors c'est la fin du monde avec un gros écran de GameOver même pas très beau, et vous n'avez plus qu'à vous foutre un suppo, et au lit !!

 


 

Vous l'aurez compris, Time Lord est un jeu qui part avec de bonnes intentions, mais qui une fois manette en main, rate complètement tout ce qu'il entreprend. C'est bien beau de vouloir nous faire traverser différentes époques et nous faire trouver des objets cachés sous couvert d'un beat'em all, mais encore aurait-il fallu rendre le gameplay attractif pour intéresser le joueur en lui fournissant au moins un combo exécutable, quitte à le lui faire débloquer en échange de quelque chose, comme des points de score ou d'expérience par exemple, de sous ou même encore d'orbes. Ou encore rendre un système d'armes efficace à la manière d'un Double Dragon, quitte à copier la référence en proposant un vrai choix d'armes, on ne lui aurait pas fait de procès, plutôt que d'avoir un sprite rouge mal dessiné qui donne l'impression de craindre la tendinite à chaque coup donné.

Ceci rajouté à des décors globalement moches, peu colorés et aussi peu détaillés, et des musiques qui n'aident pas à s'impliquer, et on à là ce qu'il convient d'appeler une belle petite bouse. Le bel exemple d'un titre qui devait être bien, mais qui ne l'est pas, pourtant signé Rare, qui plus tard sera à l'origine d'un certain Donkey Kong Country... mais entre temps, il y a dû avoir dans les locaux, un sérieux ménage chez les développeurs...

 

Les Plus Les Moins

 + l'histoire originale sur la notice

 + les dessins des monstres sur la notice

 + l'idée du timer sous couvert du temps

 

 - graphismes

 - musiques

 - pauvreté du bestiaire

 - peu d'armes

 - palette de coups absolument honteuse

 

télécharger la rom (si vous l'osez)

Article rédigé par VinceGaiden le 21/04/2014
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