Star Wars : Rebel Assault

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  • Nom : Star Wars : Rebel Assault
  • Editeur : LucasArts
  • Console : 3DO - Mega-CD - PC
  • Année : 1994
  • Genre : Film interactif 

Une capacité de stockage immense, un coût de production réduit, le CD ” un support plein de potentiel. Potentiel utilisé par les éditeurs pour revendre un jeu cartouche en argumentant avec des pistes sonores “qualité CD”, et des cinématiques en basse résolution. Voir pour vendre des cinématiques et les faire passer pour un jeu vidéo. Puis LucasArts est arrivé avec Star Wars : Rebel Assault.

 



 

Comme l’indique subtilement son titre, Rebel Assault se déroule à peu près dans l’univers de Star Wars, où vous incarnez Rookie One, jeune fermier de Tatooine s’engageant comme pilote dans l’Alliance Rebelle. Oui, il y a un air de déjà vu, et c’est d’ailleurs tout ce qu’on demande à un jeu issu d’une telle licence : nous faire revivre les grands moments d’une grande trilogie, qui sut s’imposer en seulement trois films. Outre Tatooine, la galette nous fera donc visiter Hoth, Yavin et quelques coins d’espace, dont la fameuse Death Star, l’histoire mélangeant joyeusement les épisodes IV et V. En effet, même si l’on croise Darth Vader, R2D2 et C3PO dans les cinématiques, l’intrigue n’est absolument pas respectée, on cause de Force mais pas de Jedi, et Han Solo est porté disparu. Pire : Rookie One, au sein du Blue Squadron, s’approprie sans vergogne les exploits de Luke Skywalker et de ses compagnons. 

 



 

Et pourtant, on s’en fout. La raison est simple : le scénario a beau être décousu, il marche, grâce à une narration efficace, avec des camarades omniprésents, via de nombreux dialogues doublés, situés au coeur de l’action. Et s’il y a quelques grésillements dans les voix, ce n’est pas heureusement pas le cas des mythiques thèmes musicaux, interprétées par le London Symphony Orchestra, magnifiant l’ambiance. Mais pour une fois, ce n’est pas l’audio qui justifie ici le support CD, mais bien le visuel.

 

Et là, c’est le moment d’enfin parler un petit peu du jeu. Star Wars : Rebel Assault est un rail shooter des plus basiques : on vise, on tire, en suivant un trajet imposé, à une vitesse imposée, au milieu de magnifiques décors précalculés, comme on n’en avait alors jamais vu. Certains objecteront qu’Astron Belt, Silpheed ou Microcosm étaient là avant, et pour être honnêtes, bien plus beaux que le jeu de Lucas Arts. Mais ces trois titres stockaient leurs décors sous la forme d’une vidéo, jouée en toile de fond. Une technique qui permet un rendu superbe, mais affreusement rigide au niveau de l’action, le joueur n’ayant aucune liberté sur le scrolling, sans même parler du large contraste avec les sprites souvent plus basiques. 

 

 

Rebel Assault n’utilise donc pas une vidéo de décors précalculés, mais directement des décors précalculés. Le point commun, c’est que le rendu 3D n’est pas géré par le processeur qui serait mis à genoux par tant de détails, mais enregistré sur la galette. La différence, le petit côté jamais vu, c’est  que ça bouge quasiment autant qu’un StarWing en vraie 3D moche en temps réel, avec des effets de perspective et tout ce qui va avec. Ceci est rendu possible par le moteur INSANE ( INteractive Streaming ANimation Engine ) développé par Vincent Lee, qui combine une compression d’image ultraperformante avec des déformations similaires à celles du mode 7 de la Super Nintendo. Ces différentes techniques permettant une qualité visuelle impressionnante, à la vitesse hallucinante de 15 images par seconde ! À l’estimé lecteur, qui hausse le sourcil face à ce taux de rafraichissement apparemment ridicule, il convient de rappeler que les lecteurs CD double vitesse venaient de sortir, et que Rebel Assault tourne sur des ordinateurs qui ne seraient pas forcément capables de lancer le premier Mortal Kombat.

 

 

Mais si la prouesse des programmeurs n’est pas discutable, cette fluidité très relative amène une autre question, celle de la maniabilité. Il s’en pose même une deuxième : qu’en est-il du rythme ? Dans les deux cas, la réponse est la même : mouais bof ça dépend. L’action varie en effet énormément, on alterne vue à la troisième et la première personne, et des moments de pure visée ou de pilotage, voir les deux en même temps. Si ces dernières phases sont les plus intéressantes, elles sont également les plus ardues : le mouvement n’est en effet pas relatif au vaisseau, mais au rail que suit le parcours, et du coup, on a parfois l'impression de dériver de la trajectoire "naturelle". Le jeu repose donc bien plus sur l’apprentissage que sur l’instinct, ce qui peut s’avérer très déstabilisant, et selon les trajets, rend la difficulté très inégale d’un niveau à l’autre. À ceci, il faut également signaler des problèmes ponctuels de lisibilité de l’action, liés à la compression des images, qui engendre des gros carrés tout moches à l’affichage. Ça passe à peu près sur l’original sur PC CD-ROM, et la version 3DO est réputée être identique, mais les 64 couleurs du Mega-CD montrent clairement leurs limites : Yavin est une bouillie maronnasse, les glaces de Hoth un gros pâté blanc, et le niveau des grottes a tout simplement été supprimé. C’est d’ailleurs de cette version Mega-CD que sont extraites les captures.

 


En 1994, Star Wars : Rebel Assault était une très méchante claque dans la gueule. Aujourd’hui, le graphisme a vieilli, la maniabilité est antiintuitive, l’interactivité est limitée, la profondeur de jeu inexistante. Donc, rien qui ne l’empêche de rester une méchante tuerie.

 

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Article rédigé par tfoth le 02/06/2011
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