Splatterhouse 2

(1/1)
Nom : SplatterHouse 2
Editeur : Namco
Console : MegaDrive
Année : 1992
Genre : Beat'em up

Rom : Télécharger

1992. Mickey - Land of Illusion et Kirby Dream Land sortent... Splatterhouse 2 aussi. C'est pas le même délire, je vous le dis tout de suite mais après tout, découper Mickey ou Kirby à la tronçonneuse nous a tous fait fantasmer un jour ou l'autre.

Les jeux violents ont défrayé la chronique à une époque. (et encore aujourd'hui, y a qu'à voir Manhunt 2 qui relance le débat sur les jeux violents aux Etats-Unis et ne sortira peut-être même pas en Angleterre...) Mais si ManHunt vous paraît gore, jetez un œil à SplatterHouse. Un beat'em up assez léger mais qui bénéficie d'une ambiance inoubliable. Gore à souhait et sans la moindre concession.
Splatterhouse 2 persiste et signe sur Megadrive. On peut y voir de la facilité : un jeu moyen mais très gore donc qui attire les foules. Mais je pense que c'est plutôt l'inverse, en 1992, la polémique sur la violence des jeux bat son plein en tabassant à souhait Mortal Kombat mais SplatterHouse nage à contre courant. C'est comme ça qu'on bouscule les conventions, particulièrement lorsqu'elles sont débiles... Regardez-moi par exemple, j'ai grandi bercé par SplatterHouse 2, Dragon Ball Z et Ken le survivant et ça a fait de moi ce que je suis.

Un être équilibré et intelligent. *

* Honteusement faux
Une droite et les monstres se cassent en deux dans une grosse gerbe de sang... Mmmh, j'y penserai quand je croiserai mes voisins Ça par contre je l'ai déjà testé sur les voisins. Ca marche bien, je vous le conseille
 
Ricky ou la belle vie

Rick et Jennifer sont deux brillants étudiants en parapsychologie. Ils sont passionnés par les travaux du docteur West dans le domaine mais quelque chose les perturbe : ce petit blagueur de docteur a disparu dans des conditions mystérieuses... Curieux, ils décident de remonter sa piste, piste qui les conduit bien vite dans un vieux manoir un peu louche. Pas trop inquiets, ils entrent mais dès que la porte se referme Jennifer se fait agresser et enlever tandis que Rick lui bah il meurt. Voilà, fin du jeu le plus court du monde.

Bon OK, Rick se réveille un peu plus tard avec un curieux masque sur le visage. Il se souvient des études du docteur qui en parlaient : c'est un masque maudit qui donne une puissance incomparable à son porteur mais qui lui donne aussi un look d'abruti maudit. Peu importe : Rick décide de profiter de cette puissance pour partir à la recherche de Jennifer.
Voilà le pitch de départ de la série.

L'épisode qui nous intéresse aujourd'hui se passe quelques mois plus tard. Rick et Jennifer vivent ensemble tranquilles mais une nuit, Rick fit un cauchemar étrange où il voyait Jennifer entourée de démons et à son réveil, il la vit disparaitre tandis que le masque lui parlait en l'exhortant à retourner dans le manoir pour la sauver... Dès son arrivée, il s'évanouit et se réveilla avec le masque, l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement car l'humain n'apprend rien.. Ouaip, et encore moins les scénaristes.

Le premier boss donne bien le ton. Et attendez de le voir mourir... Je pense que c'est mon arme préférée. L'effet visuel est très réussi
Ricky ou Label Rouge

Vous l'aurez remarqué sur les screenshots : ce jeu est très gore et va jusqu'au bout de son optique. Le sang gicle, des ennemis explosent, d'autres se liquéfient... Tout ceci lui valu d'être l'un des tout premiers jeux à être interdit aux mineurs aux Etats-Unis et il n'est probablement pas complètement étranger à la création de l'ELSPA dès 1989 en Grande Bretagne, ça force le respect !

Bref, dès les premières secondes en tout cas, on est dans le bain. Y a pas à dire, cet opus ne trahit pas l'esprit SplatterHouse. Notre ami Rick donc se réveille sur un sentier parsemé de cadavres dont certains reviennent à la vie pour l'attaquer. Heureusement notre ami a une énorme palette de coups : un coup de poing et un coup de pied. Bah ouais, ça rigole pas hein. Mais c'est pas l'essentiel, ce qui motive à avancer c'est pas la maitrise technique mais c'est plutôt l'ambiance. Ça sent bon l'univers des films d'horreur de l'époque et quand on voit les jeux vidéo dans leur ensemble ce parti pris fait l'effet d'un véritable séisme. C'est tout de même la toute première série à verser dans l'horreur. Et ça ne verse pas qu'un peu. Ainsi, on avance pour savoir ce qui nous attend, pour savoir à quoi ressemblera le prochain boss. Et on n'est jamais déçu.
D'autant plus que les premiers niveaux sont assez soignés, on y trouve des ennemis et des effets sympathiques offrant au jeu une durée de vie qui perdure bien après qu'on l'ait fini une première fois.
C'est justement dans les premiers niveaux qu'on trouvera les armes les plus fun : la barre de fer qui envoie les monstres s'éclater (c'est le mot) sur le mur en arrière-plan ou le fémur qui, utilisé comme une massue, les écrase sur place.

Le fusil est vraiment efficace. Détail amusant : ce sera le même modèle dans Resident Evil 1 Ce boss est particulièrement atroce. Par contre, y a une tronçonneuse alors c'est cool...
Ricky ou Labello

Oui, je l'ai déjà dit et il faut le répéter, Splatterhouse sans son ambiance serait un beat'em up très pauvre. Mais tel un baume apaisant, cette saine violence apporte sa petite touche au tableau.

Si on se paie un Tony Micelli pour nettoyer toutes les traces de sang, planquer les cadavres sous les tapis, faire des heures sups en transformant les monstres en loubards et appeler sa pote Emilie Albertini pour relooker Rick et lui filer un blue jean et un t-shirt blanc, bah ça ferait un beat'em up franchement fade. On ne peut pas attraper les ennemis, la palette de coups est limitée, les armes à ramasser aussi et au pire on a trois ou quatre ennemis à la fois...
On peut aussi rajouter que le jeu est assez lent et que notre jeune premier semble peser 150kg quand on le déplace (ce qui m'étonnerait pas tellement d'ailleurs à le voir remuer son gros cul) L'animation aussi est assez mitigée. Les sprites sont souvent bien dessinés mais par contre, ça manque cruellement d'images intermédiaires, l'animation d'un coup de Rick devant se contenter de trois ou quatres images. (et je vous parle même pas de Jennifer qui fait peine à voir lorsqu'elle glande avec nous à la fin du jeu)

Au delà de tout ça, je ne dirai qu'une chose : l'ambiance est exceptionnelle et à elle toute seule, elle rattrape tous les petits défauts qu'on peut croiser ! Et ça donne limite envie de verser une larme de voir que des développeurs peuvent aussi parfois péter un plomb et décider d'aller complètement à contre-courant.

Vous croyiez l'avoir retrouvée hein... Va falloir transpirer encore un peu feignasse Venise, c'est plus ce que c'était


Note : 13/20

Splatterhouse est un concept. Mais pas seulement. C'est aussi un très bon beat'em up. On n'y joue pas tous les jours mais ce n'est pas non plus une curiosité à laquelle on ne joue qu'une fois pour voir. Splatter est à la fois un concept, un bon jeu et un précurseur. Souvent quand on parlait de Resident Evil, un petit relou venait faire le malin en disant qu'il y avait Alone in the dark avant... Redonnons à Splatterhouse sa place : il était là encore bien avant et surtout, sans lui, les jeux gores ne seraient très certainement pas ce qu'ils sont actuellement.

Ensuite, on aime le genre ou pas mais même si l'ultra violence ne vous tente pas, un bon Silent Hill ou un Project Zero restent des monuments et ne versent pas dans le racolage comme peuvent le faire certains jeux gores malheureusement un peu trop médiatisés... Grattons la surface il y a de l'excellence dans toutes les catégories et si Splatterhouse n'est pas un chef d'œuvre, il reste celui qui a ouvert la voie.


Les plus
Les moins

+ Ambiance gore jouissive
+ Sprites énormes et beaux
+ Musiques

- Animation médiocre
- Lent
- Maniabilité limitée et lourde


Rom utilisée pour le test : Rom européenne
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Article rédigé par Shinobi le 20/05/2009
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