Spiderman and the X-men

(1/1)

Nom :
Spiderman and the X-men
Editeur :
Acclaim
Développeur :
Software Creations
Console :
Super Nintendo
Année :
1992
Genre :
Plate-forme

Roms :
Jeu
Langue :
US
 
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Spiderman et les X-men dans un même jeu ! Team-up de rêve, et ils seront pas de trop face au plus terrible des ennemis... Apocalypse ? Venom ?

Non non, Arcade hum...

Intro -

Ah ça s'annonçait si bien... Crossover merveilleux, plate-forme bien hardcore, Software creations aux commandes (Solstice sur Nes par exemple)... Mais non.

Premier problème : on est face à Arcade... Ridicule chevelu au brushing surprenant et au noeud papillon terrifiant, il réalise le double exploit d'être l'ennemi Marvel à avoir affronté le plus de héros différents tout en ayant invariablement échoué à chaque fois contre tout le monde... Une constance qui force l'admiration.
Sa technique est toujours la même : kidnapper la cible et l'emmener dans une sorte de parc d'attraction mortel, MurderWorld. Un nom qui aurait pu être bien choisi si seulement il avait réussi à tuer quelqu'un dedans, je sais pas même sur un malentendu ou en ramassant par hasard un mec avec une mononucléose... Non, il se présente comme un assassin sous contrat mais je suis sûr qu'il tient absolument à tuer juste pour arrêter de se taper la honte avec ce nom. Faut le comprendre, il s'est certainement creuser un après-midi entier pour le trouver alors c'est quand même lourd que ces super-héros passent leur temps à lui bousiller au lieu de mourir.

Malheureusement, tout ça nous pose un problème car on le dit souvent : on reconnait un héros à son ennemi. Les X-men ont Magneto, Batman le joker, etc... Bon ben vous, pour votre coup d'essai en tant que manager d'une équipe complète de super-héros ben votre ennemi c'est Arcade. Vous, je sais pas mais moi en tout cas, ça me ruine le moral de voir dans le miroir deformant mon reflet sous les traits d'un mini-tueur qui, dans les diners mondains, se flatte d'avoir pour devise "n'importe quel idiot peut tuer quelqu'un, moi je veux le faire avec style". C'est fort pour un mec qui, à chaque fois qu'il fait entrer un super-héros sur son lieu de travail, n'arrive à mettre au tapis que ses compagnies d'assurance...


Histoire

Donc oui l'histoire s'inspire des divers affrontements entre Arcade et les héros, sa première apparition datant de 1983 où il affrontait Spiderman et Captain Britain (et où ce dernier glandait un peu pendant que l'araignée faisait un peu tout). Premier souci : pourquoi, dans un jeu de 1992, adapter une période datant de dix ans et à l'intérêt tout relatif alors qu'en ce début 90, les X-men cartonnent pas mal avec leurs premiers gros arcs narratifs (le chant du bourreau notamment puis le complot Phalanx démarrant les arcs énormes où l'ère d'Apocalypse, House of M et l'inévitable Civil War s'engouffreront ensuite). Spiderman n'est d'ailleurs pas en reste non plus puisqu'à cette époque, il est sur le point de s'allier avec Venom himself pour affronter Carnage.

Bon, donc au lieu de ça on a Arcade d'un coté et bien sûr, de l'autre les costumes d'époque. Si Spiderman, Tornade et Gambit ne choquent pas, Cyclope et Wolverine font mal. Le premier n'a pas encore tombé la cagoule et le second n'a pas remis ses fringues classiques, gardant du coup son costume jaune devant, marron derrière des années 80...


Bref, la licence a probablement coûté moins cher. En tout cas, l'intro succinte nous montre Spiderman surprenant le camion d'Arcade en train de kidnapper les x-men.

Rien que pour vous, le premier niveau par votre serviteur ninja bidon... (ordre des balises inside)
Après ce (pénible) niveau, vous pourrez choisir votre perso
Spiderman

Et c'est là que le premier niveau démarre. Premier choc : même pour 1992, le sprite est décevant. Très petit et forcément peu détaillé, il a en plus une démarche étrange : techniquement rien à redire, les mouvements sont très bien décomposés et fluides mais je ne me souviens pas avoir déjà vu quoi que ce soit qui pourrait faire penser que Spiderman mouline des bras ainsi pendant qu'il court...
Enfin, je vous rassure tout de suite : malgré le choc, le sprite de Spiderman est probablement le meilleur du groupe...

Bon en tout cas, c'est l'occasion de tater un peu du gameplay (note : vous pouvez le voir sur le premier "screenshot" du test qui est la vidéo complète de ma traversée du premier niveau)
On a ici la panoplie complète de Spiderman, aussi joussive qu'à l'accoutumée : sens d'araignée, grimper aux murs, se balancer avec la toile ou en faire des projectiles, tout y est. Deux reproches tout de même : tout d'abord, on s'accroche aux murs dès qu'on s'en approche. Au début, c'est assez irritant et même si avec un peu d'entrainement ça passe sans problème, prévoir un bouton à laisser appuyé pour s'accrocher aurait rendu les premières parties moins laborieuses. Second problème, plus grave : si le bouton X permet de tirer sa toile en diagonale pour s'accrocher aux plafonds, on ne peut pas le faire en plein saut ! Il faut absolument le faire depuis le sol ou collé à un mur. Un détail comme ça nuit fortement à la fluidité du gameplay et la plombe à lui tout seul par rapport au mètre-étalon, Spiderman vs the Kingpin...

Cependant, Spiderman reste le plus intéressant à jouer. Un mot par contre sur ce premier niveau... Sur le papier, y a de l'idée : des bombes à ramasser dans un ordre précis guidé par le sens d'araignée. Mais en pratique, c'est très poussif. L'aide se contente de nous afficher une flèche montrant la direction de la bombe active mais elle peut être à 10 cm ou à l'autre bout du tableau et comme celui-ci est tout en recoin, on tourne en rond presque autant que si on avait aucune indication pour nous guider...

Les niveaux essaient d'être originaux. C'est souvent passable, parfois réussi et pour Tornade, juste soporifique
Pour Gambit par contre, c'est déjà nettement mieux d'autant plus que ses deux niveaux sont les plus durs du jeu
Wolverine

Une fois ce niveau passé, on a accès à tous les personnages : Spiderman, Wolverine, Cyclope, Tornade et Gambit. Pour changer de personnage, il faut appuyer sur Select. Drôle d'idée d'ailleurs, pourquoi pas juste la croix directionnelle ?

En tout cas, Wolverine est content, il écoppe d'un monde de clowns qui balancent des tartes à la crème pendant que des gangsters à ressort tirent à la Thompson et que des scies circulaires surgissent du sol, bref une cohérence à toute épreuve, enfin c'est pas pire que le jeu dans son ensemble après tout. Rien à sauver même pas le boss qui est pourtant Apocalypse mais qui lui aussi patit sévèrement de la taille réduite des sprites et ne ressemble vraiment à rien.
On se consolera avec son second niveau, bien difficile, où on se retrouve à tenter de stopper Juggernaut en pleine course : je vous donne le truc parce que c'est loin d'être évident, il faut le frapper en permanence sans s'éloigner de lui (sinon il accélère) et en plus couper les cordes des poids et enclumes parsemant le niveau pour qu'ils lui tombent dessus.

Si vous avez vraiment frapper sans discontinuer et décrocher tout ce qui pouvait l'être, il mourra à quelques pas de la fin du niveau, quelques secondes avant de vous tuer...








 

A défaut de grimper aux murs en plantant ses griffes dedans, Wolverine peut tout de même en détruire quelques uns
Si son premier niveau est médiocre, Wolverine hérite ensuite d'une course-poursuite avec Juggernaut nettement plus excitante
Cyclope

Passons au chef de l'équipe (pour le moment), le mec à cagoule avec un X sur le bide : Cyclope. Celui-ci se retrouve piégé dans une énorme mine de Quartz-rubis, la matière permettant de contrôler sa rafale optique. Original sauf que ça ne change rien : le seul lien (de très loin) c'est qu'en ramassant un gros cristal, il récupère de l'énergie mais sa rafale devient moins puissante et en détruisant des chariots remplis, il récupère aussi de l'énergie mais sans malus... C'est ni logique ni palpitant, c'est vrai.

Question gameplay, du classique mais efficace : on peut tirer dans les huit directions, avec en plus un coup de poing et un coup de pied aussi ridicules que limités en portée (le coup de pied est franchement pathétique). Petite originalité, lorsqu'il est très blessé et que sa barre de vie clignote sa rafale optique ne marche plus qu'une fois sur deux, diminuant dangereusement sa fréquence de tir.

Le niveau lui-même est intéressant, vicieux et délicat. La mine est parsemée de rails électriques où des chariots circulent demandant à calculer au plus juste pour les utiliser sans tomber. En plus de ça, on croise des soldats au look de Patlabor ainsi que quelques sentinelles tandis que le dernier boss n'est autre que Master Mold, qui a... Qui a... Un grand sprite hé ouais !! Ah mais on me fait signe c'est vrai, du calme. Il est grand mais mal dessiné, ce qui est le plus déprimant quand on y pense, les super-héros hauts de 60cm environ à voir leur sprite ont au moins cette excuse d'être trop petit pour en imposer...


 


Tornade et Gambit

On baisse d'un sérieux cran avec Tornade : elle se retrouve piégée sous l'eau où elle devra faire monter le niveau pour atteindre la sortie (pourquoi alors qu'elle peut voler ? Faut pas poser la question). Sa barre de vie est gérée comme une barre d'oxygène : elle baisse en permanence sous l'eau et remonte lorsqu'elle respire à la surface. Bien sûr, si on prend des coups, elle baisse aussi mais comme on peut la remonter entièrement à la première poche d'air, il suffit de ne pas faire monter le niveau trop vite pour gérer sans trop de mal.

A part ça, on peut envoyer des éclairs (sous l'eau hein, je rappelle) et utiliser deux attaques spéciales, une tornade ridicule (vous voyez un peu le petit tourbillon au fond d'un évier qui se vide ? Bah c'est ça votre super-pouvoir...) et une décharge électrique envoyant des éclairs dans toutes les directions. Pour parfaire ce merveilleux tableau, parlons des boss : le prix du boss le plus bidon du jeu pour le premier (alors qu'il y a une concurrence certaine) : une vague boule d'énergie et une machine sans queue ni tête pour le second...


Enfin vient Gambit, bien plus sympathique. Ses deux niveaux sont les plus durs du jeu : dans le premier, une énorme roue dentée le suit implacablement et le force à courir le plus vite possible tandis que le moindre contact avec un ennemi lui enlève la moitié de sa vie. Quant au second, c'est le même principe sauf que cette fois le scrolling est juste forcé et monte au lieu d'aller de gauche en droite.

Quant au Gambit, il peut tirer des cartes en face de lui et au dessus de sa tête, pas de diagonales trop dur. Quand on y pense, seul Cyclope aura eu droit à cette révolution incroyable en matière de gameplay ultra-moderne qu'est le tir en diagonale. Au lieu de raler d'ailleurs, faites attention : son stock est limité et il est vivement conseillé de ramasser les quelques cartes que laissent les ennemis abattus sous peine d'être très vite à court.

Quelques stars. Master Mold ici, Carnage pour Spidey, Apocalypse pour Wolverine.. Tornade et Gambit par contre, boss de merde
Aucun doute, grimper aux murs, se balancer avec sa toile etc... Spiderman est de très loin le plus intéressant à jouer
Technique

Vous l'avez vu sur les screenshots ou la vidéo : les sprites font peine à voir et on a parfois envie d'abréger leurs souffrances à ces pauvres petites choses par pure bonté d'âme alors que, pourtant, le reste n'est pas si mauvais. Les décors se tiennent, on a rien de fabuleux mais la moyenne reste correcte. Il y a par contre un cruel problème d'homogénéité (un exemple au hasard, le stage de Gambit où les plateformes métalliques cohabitent avec des têtes de mort en fond ou des pièces de monnaie bon...)

Les bruitages sont un autre douloureux problème : que ce soit le son des coups de poings qui font le bruit viril d'une claque, le sens d'araignée quasi-identique à la radio cassée dans Silent Hill ou Tornade qui a le même cri de douleur rauque et grave que ses amis masculins... Bref. Les musiques par contre sont très bonnes... Techniquement. Car histoire datant des années 80 oblige, les devs se sont sentis obligés de nous balancer du son d'époque, question de goût mais quand même c'est dur quoi...

Le gameplay on l'a assez détaillé comme ça, variant du bon, presque très bon avec Spiderman au bien poussif avec Tornade tandis que la durée de vie est à la fois faible et énorme... En tout, il y a 10 vrais niveaux plus 6 autres nettement plus courts avant d'arriver au boss final. C'est court et pourtant, si vous tenez à finir le jeu vous allez jouer un moment car la difficulté augmente tout ça très nettement...

A ce sujet, une dernière blague : il n'y a pas de système de mot de passe. A chaque partie vous recommencez du début, avec le niveau poussif où Spiderman doit trouver les bombes dans le bon ordre oui... Vous inquiétez pas, au début il est poussif mais après l'avoir refait quarante fois en démarrant le jeu, il est simplement traumatisant.

Il faudra finir les deux niveaux de chaque perso avant de voir (2 minutes) Tornade à pied
Le dernier boss : la classe by Arcade... (à ce moment, nerveusement à bout, on réalise que c'est pourtant le sprite le plus réussi techniquement du jeu ...)
Note : Pour les fans 11/20, pour les autres 8/20

Spiderman and the X-men est un jeu éprouvant. La difficulté bien sûr vous mènera la vie dure mais ça, c'est tout ce qu'on lui demande. Non, il est surtout éprouvant pour plein de petites choses. La dégaine ridicule des personnages, pas aidés par leurs sprites microscopiques et leurs costumes d'époque. L'ambiance qui empêche toute cohérence entre les niveaux avec le concept du MurderWorld de ce bidon d'Arcade. L'absence de sauvegarde ou mot de passe qui oblige à redémarrer à chaque fois du début. La perte de ces 400 F durement acquis au prix d'un harcelement parental constant à l'approche de noël...

Heureusement l'émulation atténue un peu certains de ces problèmes en permettant d'y jouer sans avoir à se faire rouler ou en offrant les saves states pour ne pas redémarrer à chaque fois par le stage qui rend dépressif.
Alors si vous êtes fans de Spiderman et des X-men et qu'un jeu de plate-forme à la difficulté impitoyable vous tente, faites vous plaisir. Sinon... Fuyez. Ramassez pas vos affaires, fuyez c'est tout.


Les plus

- Niveaux (Wolverine, Gambit)
- Maniabilité de Spiderman
- Sérieux challenge

Les moins

- Niveaux... (Tornade)
- Assez court
- Pas de mot de passe
- Sprites très limites (même pour 92)
- Costumes old school

 
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Article rédigé par Shinobi le 01/09/2011
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