SimCity

(1/1)
Nom : Sim City
Editeur : Nintendo
Développeur : Maxis
Console : Super Nintendo
Année : 1991
Genre : Gestion

Robert Rodriguez à la réalisation, Bruce Willis, Mickey Rourke et Jessica Alba dans la distribution... Sin City, le jeu de gestion à très gros budget...

Après cette pathétique introduction autant essayer de coller un minimum au sujet. Sorti en 1989, Sim City fut parmi les premiers jeux de gestion de l'histoire et lança la catégorie à part des "City Builder". Le concept est aussi simple qu'il est efficace : vous êtes responsable d'une ville et devez la faire progresser pour attirer toujours plus de citoyens en veillant à leur bien-être.

Les courbes. ici l'évolution des zones mais elles sont six et toutes utiles Le plus important : les cartes. Criminalité, pollution.. Indispensable !

En tant que fan d'atmosphère et d'ambiance marquante, j'aime bien débuter mes tests en parlant du scénario du jeu. Je ne me laisserai pas abattre par Sim City et ne dérogerai donc pas à la règle. Alors voyons...

L'heure est grave. Après avoir fait une carrière de comique français mal-aimé pour cause d'humour déplorable, vos fans ont fini par se révolter et c'est poursuivi par une meute d'octogénaires hargneux que vous vous enfuyez à la sortie des studios. Rejeté par ceux qui furent votre plus grand soutien, vous abandonnez tout derrière vous et vous exilez pour vous bâtir une ville, véritable métaphore de l'homme anéanti et brisé qui se relève et se reconstruit sur les ruines de sa vie passée. Ici personne ne vous questionnera sur votre passé, vous n'aurez plus jamais besoin d'imiter des cris d'animaux pour subsister, vous pourrez rebâtir votre vie, reprendre les rênes d'une existence balayée par un duo de trop avec Guy Montagné... Ici et maintenant, vos larmes donneront naissance à la plus grande des villes et lui offriront votre nom : Sim City

Mmmh, un peu trop franco-français et en plus, la ringardise c'est un peu trop avant-gardiste pour les jeux vidéo. Réfléchissons.

L'heure est grave. Calypso est prisonnier et vous n'avez aucune intention d'aller le sauver, Sordide est bien trop effrayant il hors de question de l'approcher. De toute façon, devenir un sorcier n'a jamais été votre rêve. Rappelez-vous vos jeunes années où vous baviez sur le catalogue de Castorama et sur le bulletin municipal de votre commune. Votre véritable rêve n'est clairement pas de mettre une vieille robe élimée pour affronter des gens plus forts que vous mais bien de bâtir la plus grande des villes en lui offrant votre nom : Simon City

Bof l'héroic Fantasy même parodique c'est ringard. Conan le barbare est sorti y a presque dix ans, faut tourner la page.

L'heure est grave. Votre travail de proviseur ne vous passionne plus. Les ados de votre université sont tous plus débiles les uns que les autres et votre ex-femme manifeste une certaine tendance à semer la mort et la désolation. Pas de bol, vous avez été choisi pour Final Fantasy 8, le plus décrié de la série. Non seulement vous ne servez pratiquement à rien mais en plus vous n'avez même pas de bateau volant à bricoler... Dire que votre frère cadet a été choisi pour Final Fantasy 7 avec rien de moins qu'un second rôle marquant où il se ballade avec les héros pour tabasser du monstre, quelle injustice... Quoi qu'il en soit, cette BGU ne vaut rien. C'est beaucoup trop modeste, vous c'est directement une ville que vous voulez la plus grande des villes et vous lui offrirez votre nom : Cid City.

Non, les complexes d'infériorité et troubles psychologiques des PNJ risquent de n'intéresser qu'une portion trop faible de joueur.

Bref j'abandonne, aussi lamentable que puisse être ce paragraphe je suis largement au niveau pour Crysis mais définitivement pas pour un jeu de la trempe de Sim City, alors... L'heure est grave : y a une région déserte, vous devez la peupler.

Le conseiller vous dira ce qui ne va pas. Essayez d'avoir ce screenshot le plus souvent possible... Il annonce aussi les paliers de population. La mégalopole est un grand moment d'excitation pour lui

Je ne vous ferai pas l'affront de vous rappeler le concept de Sim City... Donc on doit construire une ville en plaçant zones résidentielles, commerciales et industrielles puis en les reliant par des réseaux de transport, route ou chemin de fer. Le tout saupoudré de commissariat ou caserne... Oui, du coup je vous l'ai rappelé c'est vrai.

Votre partie commencera par le choix du terrain. Un certain nombre est proposé et il faudra choisir soigneusement car ils ne se valent pas tous. L'idéal est de prendre une carte avec le moins d'eau possible pour pouvoir bâtir un maximum dessus et viser le plus de population possible. La dernière distinction est à 500 000 habitants et ça représente BEAUCOUP de place.
Dès que votre choix est fait, Mister Wright vous accueille. Il sera votre conseiller pour toute la partie en vous annonçant les problèmes les plus graves, les faits marquants, les bonus débloqués etc. A cette époque, il bossait dur donc avant de se retrancher sur Cocolint pour écrire des lettres à une chèvre...

Cependant, Mister Wright est loin d'être suffisant pour mener à bien votre tâche car les problèmes à affronter seront nombreux : chômage, impôts trop élevés, pollution, criminalité, valeur foncière inabordable, circulation... Mais même si la tâche est conséquente, rassurez-vous l'interface est très bien pensée. Il y a deux panneaux qui seront à consulter souvent.
Le premier indiquera votre cote de popularité ainsi que les problèmes jugés les plus graves par vos amis concitoyens. C'est votre unique moyen de communication avec vos électeurs alors prêtez-y une attention toute particulière.
Le second est bien sûr l'écran carte. Celui-ci dispose d'une dizaine de modes mais deux se détachent du lot : pollution et criminalité. Vous l'avez compris, il permet d'afficher les zones selon une échelle de valeur permettant de localiser les points critiques et y placer un commissariat ou déplacer une ou plusieurs zones industrielles le cas échéant.

Après ces deux panneaux stars, deux autres sources de données sont à noter. Les courbes et les statistiques de la ville. Le premier, très classique, permet bien sûr de voir l'évolution de la ville dans divers domaines (nombre de résidences, criminalité, pollution, etc). Le second, non moins classique, donne quelques stats. Parmi elles, le pourcentage des zones résidentielles, industrielles et commerciales sera très utile en fin de partie pour tenter d'avoir les 500 000 habitants.

Les statistiques. Utiles en fin de partie pour optimiser la structure de la ville. L'opinion publique et les problèmes principaux. Un écran à vérifier souvent.

L'expérience de ce jeu est donc tout à la fois simple et subtile. Au début, on se méfie pas, on est jeunes on est naïfs. On pose tranquillement ses petites résidences sans trop s'inquiéter. Et voilà, les ennuis qui arrivent sans prévenir. La ville est au bord de la mutinerie parce qu'il y a 100% de chômage. Bon, on pose quelques zones industrielles fébrilement. Et c'est désormais la pollution qui inquiète les gens sous prétexte que leurs enfants ont des écailles. On essaie alors d'éloigner les zones industrielles des résidences et cette fois c'est la circulation qui vient troubler la fête.

Et je ne parle bien sûr pas du budget qui au début est assez misérable et ne va pas vraiment en s'arrangeant puisque nos amis citoyens sont allergiques aux impôts et finissent toujours par les dénoncer même s'ils sont au minimum ou de Mister Wright qui arrive, tout paniqué, pour vous annoncer un crash d'avion ou un incendie. Car c'est aussi ça Sim City : des catastrophes ponctuent régulièrement votre développement. Heureusement, elles sont très limitées et n'entrainent jamais de réelles conséquences graves, du moins pour les catastrophes aléatoires. Car on peut aussi en déclencher et l'attaque de Bowser est par exemple assez dévastatrice. Le monstre devenu démesuré remplace le Godzilla des autres versions et se ballade dans la ville en allumant des feux et piétinant les bâtiments. Il ne la rasera pas loin de là mais les dégâts ne sont pas pour autant négligeables.

A l'inverse, et c'est une nouveauté de cette version Super Nintendo, des "cadeaux" vous sont offerts à divers moments. La "maison du maire" est par exemple débloquée à 2000 habitants, des grands parcs, QG de police ou gares sont eux débloqués si on place suffisamment de zones leur correspondant (respectivement petits parcs, commissariats et voies ferrées donc). Il y en a quinze différents. Ils ne révolutionnent pas le jeu bien sûr mais chercher à tous les trouver est plutôt stimulant.

Pour finir, abordons très rapidement le peu de défauts rencontrés. Vous verrez le principal très vite : le curseur se déplace lentement. C'est assez agaçant à la longue. Il y a quelques astuces qui permettent de contourner le problème : X amène directement sur le menu, A permet de se déplacer sur la carte beaucoup plus rapidement mais moins précisément. Mais bon, le plus simple aurait sûrement été de donner une vitesse décente à ce malheureux curseur... De plus, il n'est pas compatible avec la souris Snes comme le sera par exemple Sim Ant peu après. Le reste est moins gênant, la technique par exemple parait assez surannée désormais mais était dans la moyenne de 1991 surtout pour un jeu de gestion tandis que le manque de bâtiments spéciaux fait qu'il ne tient pas la comparaison du tout avec les Sim City suivants mais ça, ça ne surprendra personne.

Des catastrophes peu palpitantes arriveront de temps en temps. Le feu est très long à prendre au début... Mais il ne faut pas le sous-estimer pour autant sinon...
Bordelais, ce screenshot est pour vous... Mieux vaut ne pas grouper les ZI mais pour atteindre la Mégalopole c'est obligatoire
Note : 16/20

Sim City est un jeu magique. Son énorme succès totalement mérité lui vaudra de lancer un nouveau type de jeu : les City Builder. C'est pas tous les jeux qui peuvent se vanter d'avoir lancé un type de jeu à eux seuls. Ses qualités sont nombreuses, qu'il s'agisse de ses mécanismes de jeu efficaces ou de son gameplay très confortable grâce à des sources de données bien pensées et suffisamment précises et abondantes. Sans compter le concept extrêmement addictif et le challenge élevé pour atteindre 500 000 habitants qui entrainent une rejouabilité énorme.

En résumé, si un jeu de gestion simple et accessible vous tente, il n'y a pas à hésiter une seule seconde.


Les plus
Les moins

- Concept !
- Données et graphiques abondants
- Richesse cachée
- Challenge

- Limité malgré tout
- Lenteur du curseur
- Technique datée

Article rédigé par Shinobi le 23/10/2008
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