Shinobi III : Return of the Ninja Master

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Ecran titre
  • Nom : Shinobi 3
  • Editeur : Sega
  • Console : Megadrive
  • Année : 1993
  • Genre : Action/platefomes
















Finalement ce n'était peut être pas une bonne idée de délivrer la gourdasse la dernière fois. Bon d'accord, sur le coup, vous étiez content : elle vous mitonnait de bons petits plats, repassait votre tenue, vous faisait des petites gâteries...jusqu'au jour fatidique. Jusqu'à la question qui tue. "Dis-moi mon petit chat, tu n'as jamais pensé à te marier, à fonder une famille, tout ça ?".
Heureusement, vous aviez prévu le coup :

"Euh, un instant ma douce. Allô ? Quoi !!! Zeed est de retour, il faut que j'y aille ? J'arrive. Désolé pupuce, il faut que j'y aille".
"Quoi ? Mais je n'ai pas entendu sonner ton téléphone..."
"C'est parce qu'il était sur vibreur. Ne m'attends pas pour dîner !"

Et voila le travail. Comment ça, c'est lâche ? Je ne suis pas d'accord, Zeed est vraiment de retour, et il va du devoir de tout ninja qui se respecte de défendre la veuve, l'orphelin et le pouvoir d'achat. En plus, grâce à la nouvelle lessive de votre chérie, votre tenue est plus blanche que blanche.


Ah ben oui, que voulez-vous, ils sont bien camouflés, eux.
Attention, rossinante, nous sommes attaquées par des cerfs-volants !

Bon ok, ce n'est peut être pas tout à fait ça le scénario, mais on s'en fiche du moment qu'on savate du vilain ninja, non ? Suite de Revenge of Shinobi, Shinobi III : Revenge of the Ninja Master en reprend les éléments principaux, à savoir un ninja blanc, des méchants, des shurikens et de la plateforme. Et comme toute suite de qualité, il ajoute tout un tas d'autres choses.

Car Musashi, entre deux tartes aux pommes concoctées avec amour, s'est entraîné d'arrache-pied. Il peut désormais courir (ça paraît tout bête mais avant, il savait pas), s'accrocher au plafond tel Spider-Man (avec qui il a du sympathiser à la fin du jeu précédent), rebondir contre les murs, donner des coups de pied sautés et faire des cabrioles dans toutes les directions. Par contre il ne sait toujours pas nager, ce qui fait un peu tâche pour un artiste martial "aux capacités exceptionnelles" dixit le manuel du jeu. Et apparemment il a aussi eu la flemme de potasser ses magies, puisqu'il a gardé les mêmes.
Et ce n'est pas tout ! Car en plus de ses gambettes, Musashi peut, si les circonstances l'exigent, monter un fier destrier ou encore faire du, heu...hoaver-board des mers avec la classe qui le caractérise.

Voila ce qui arrive quand on fait du tourisme sexuel sans prendre de précautions !
Vous avez aimé Point Break ? Vous voulez la même chose mais sans le sous-texte gay ? Shinobi 3 est fait pour vous !

Evidemment, Shinobi III est plus réussi techniquement que son illustre ancêtre, dont la sobriété a été délaissée au profit d'une exploitation complète des capacités de la Megadrive, surtout au niveau des décors, les ennemis n'ayant pas été beaucoup améliorés, à l'exception des boss, tous impressionnants que ce soit par leur design ou leur réalisation. Les programmeurs se sont amusés, que ce soit avec les parallaxes ou les déformations (comme dans le niveau de la forêt en flammes, superbe), et finalement cela ne nuit pas du tout à la lisibilité de l'action. Les musiques sont toujours réussies, bien que les mélodies soient moins marquantes, et les bruitages sont plus qu'honnêtes.

Cela dit, les efforts fournis du point de vue technique ne représentent pas la principale plus-value du jeu. C'est en effet par son gameplay terriblement varié qu'il se démarque, puisqu'on alterne des niveaux très linéaires, dans lesquels il suffit d'avancer en tirant sur tout ce qui bouge, et d'autres qui exigent tantôt de la précision, tantôt de l'agilité, sans oublier les fameux intermèdes non pédestres cités plus haut, qui sont de véritables bouffées d'air frais. Et finalement, bien que les niveaux ne soient pas si nombreux que ça, les situations rencontrées sont tellement variées qu'on ne ressent aucun lassitude.

Cette forêt enflammée est absolument remarquable.
Il faut faire sauter les plateformes dans le bon ordre, sous peine d'être bloqué.

La jouabilité a également été subtilement améliorée : moins rigide que dans Shinobi II, elle a bénéficié de l'amélioration de l'animation de Musashi et surtout de l'accroissement de ses capacités physiques. On peut seulement regretter que le double saut vertical soit toujours aussi délicat à réaliser, alors qu'il est bien plus utile qu'auparavant.
Cette souplesse rend en définitive le jeu bien plus simple que son aîné. Mais ne vous y trompez pas : la difficulté (paramétrable) reste supérieure à la moyenne, et si terminer le jeu en Easy est l'affaire de deux parties (en même temps avec 9 vies et 3 continues, il n'y pas beaucoup de mérite), en Normal et en Hard c'est une autre paire de manches, et tout le monde y trouvera son compte.

Je pense que ce niveau est quasi-infaisable sans magie, alors gardez-la en réserve.
 Le labyrinthe de Zeed est de retour. Et oui, je me la pète avec mes shurikens.

En définitive je suis bien embêtée, puisqu'à part pour le coup du double saut un peu pénible à sortir, je ne trouve pas vraiment de défaut à Shinobi III, ce qui contrarie mon côté sadique. Pas grave, je vais compenser ça en fouettant mentalement tous ceux qui auraient encore l'outrecuidance de ne pas vouloir l'essayer après avoir lu ce test, ça me défoulera. Et puis si ça ne suffit pas, je pourrais toujours m'attaquer à Fantasia. Quoique là, ce serait plutôt du masochisme.

Article rédigé par Shenron le 27/05/2008
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