Pulseman

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  • Nom : Pulseman
  • Editeur : SEGA
    Developpeur : Game Freaks
  • Console : Mega Drive
  • Année : 1994
  • Genre : Plateforme
    Nb de joueurs : 1

Il existe des titres un peu oubliés, certes pas de tous mais n'ayant jamais atteint la notoriété qu'ils auraient pu mériter auprès des joueurs. Et pourtant le studio Game Freaks aurait pu être connu bien avant de créer son succès interplanétaire, la série Pokémon sur les consoles de Nintendo. Sur Mega Drive on leur doit un titre assez sympathique sorti en 1992, Magical Taruruto Kun, un jeu de plateforme qui, s'il ne s'imposait pas comme un modèle, proposait des graphismes très soignés, colorés et mignons (oui c'est le terme approprié). Un jeu très agréable qui malheureusement n'avait pas franchi les frontières du Japon. Pulseman, sorti deux ans plus tard, 1994 vous suivez c'est bien, garde cet esprit soigné et un peu enfantin au premier abord mais il est d'un autre calibre, mais pourtant là encore il ne fut jamais diffusé au delà de son archipel natal. La faute à la fin de vie de la Mega Drive, au manque de confiance des éditeurs? Difficile à dire.
 

 
L'écran à gauche fait basculer dans le virtuel
  Les infos ont l'air assommantes

Ce que je peux dire par contre c'est que si il était sorti plus tôt avec une diffusion mondiale il aurait très bien pu s'imposer comme une des mascottes les plus solides de la console. Mais qui est donc ce Pulseman? Comment présenter la chose simplement... C'est une abomination ! Un bâtard! Le rejeton immonde de l'union contre nature et perverse entre un savant et sa créature ! Voilà, on tient peut être la raison de sa non distribution chez nous, comment présenter à notre jeunesse un jeu dont le héros est issu de la fornication entre un homme et un ordinateur ? Répugnant ! Certes l'ordinateur est une intelligence artificielle  "femelle", nommée C-Life mais tout de même, le cybersex c'est sale non?

Bon passons outre le contexte que la morale réprouve, nos regrets envers la non-existence de moyens de cybercontraception efficaces et tenons-nous en aux faits. Le Dr Yoshiyama après avoir créé une intelligence artificielle qui l'émoustilla jusqu'au fond de ses chaussettes décide de "s'uploader" dans son unité centrale et de mêler son ADN au programme. De cette rencontre naquit alors un être mi-humain, mi-informatique capable de vivre à la fois dans le monde réel et dans le monde virtuel : Pulseman. Pulseman peut en outre contrôler dans une certaine mesure les sources électriques. Quand à Mr Yoshiyama nul ne sait ce qu'il est devenu... mais peut être qu'en avançant dans le jeu (en utilisant les patchs de traduction existant en anglais et en français pour les non-japonisants) vous en saurez plus.
 

 
Un décor qui fait furieusement penser à Sonic
  Une des utilisations parmi beaucoup d'autres de la forme électrique

Nous voici donc aux commandes de Pulseman confronté au terrible "Galaxy Gang", contrôlé par le mystérieux Doc Waruyama. Et comme on s'en doute la confrontation se déroulera aussi bien dans le monde matériel que dans le cybermonde. Au premier abord on ne peut que noter la ressemblance avec un certain Megaman, le look, les histoires de savant fou (Dr Willy et Dr Waruyama même combat ?), le contexte technologique etc. De même que les interactions entre la réalité et le virtuel font irrémédiablement penser aux Megaman Battle Network sur GBA. Amusant si on l'on se rappelle que Megaman est bien plus ancien que Pulseman, mais que ce dernier est sorti avant les déclinaisons sur GBA, un cas d'influence réciproque ? Peut être.
 

 
Les bonus stage s'inspirent très largement d'Arkanoïd
  Un passage qui parlera beaucoup aux amateurs de démos sur micro-ordinateurs

Mais les ressemblances se limitent aux univers car Pulseman est un jeu de plateforme pur et dur, l'accent est bien plus mis sur le franchissement d'obstacles que sur la destruction d'ennemis, il y a peu de combats mis à part contre les Boss. Un aspect plateforme légèrement réflexif parfois où il faut se creuser deux secondes la tête pour trouver la méthode pour avancer. La dextérité est la première qualité requise, c'est assez speed, façon Sonic, mais un brin de matière grise n'est pas toujours superflu. Le jeu est bourré de bonnes idées de level design, les situations sont variées et tirent totalement parti des capacité de notre métis d'un nouveau genre.

Lorsqu'il atteint une certaine vitesse il se charge en électricité qu'il peut libérer de deux façons : soit en l'expédiant sous la forme d'une salve capable de blesser ses ennemis, soit en l'utilisant pour se transformer en une boule d'électricité très rapide le rendant pratiquement invincible et capable de rebondir sur les murs et de détruire certaines surfaces. Ce pouvoir recèle tout de même une faiblesse, tout contact avec de l'eau le rend totalement inopérant. Le jeu fait constamment appel à ces propriétés et crée en permanence des situations qui les prennent en compte. Les boss eux aussi sont à aborder en gardant en tête toute la palette de mouvements disponibles : les sauts, la boule d'électricité, le tir électrique, le coup de pied accroupi, l'accélération instantanée (2x en avant) etc. Chacun requière une méthode bien précise pour être vaincu.

Le jeu n'est pas d'une difficulté excessive mais il résistera suffisamment sans frustrer, on regagne des vies assez facilement grâce à des items disséminés un peu partout et qui nous octroient une chance supplémentaire dès qu'on en collecte dix. Assez simple au début le challenge monte doucement et la fin demandera plus de persévérance. Tout est nerveux et dynamique c'est de la bonne plateforme très pure dans ses mécanismes et à la fois originale dans sa mise en œuvre, à l'image des bonus stage entre chaque niveau qui sont un mélange de plateforme et de casse-brique façon Arkanoïd.

 
Gargamel fera tout pour vous pourrir l'existence
  Un stage très "REZien" qui joue beaucoup avec la luminosité

Bien que l'action nous entraine de pays en pays il ne faut pas s'attendre à faire du tourisme, ça ne colle pas vraiment à la réalité, les auteurs n'ont pas vraiment cherché à fournir du ressemblant il s'agit plus d'ambiances que de reconstitutions. D'autant que l'on bascule régulièrement du réel au numérique, et que bon nombre de ces décors numériques versent allègrement dans le symbolique voir même l'abstrait et le psychédélique. Le jeu fait grand usage d'effets spéciaux, pas forcément impressionnants, mais très visuels. On échappe évidement pas aux scrollings différentiels (très prononcés parfois) et aux parallaxes, mais on a aussi droit à de nombreuses distorsions et de beaux jeux de lumières et de couleurs.

Ces effets ont tous une raison d'être et sont rarement gratuits, on n'a pas affaire une bête démonstration technique, ils servent parfaitement cette immersion dans un univers informatique très stylisé, mignon (parce que c'est le terme) et coloré. Les graphistes de Game Freaks ont très bien su se jouer des limitations de la Mega Drive dans ce domaine, mais il faut se rappeler que déjà leur précédent jeu Magical Taruruto Kun s'était déjà fait remarquer pour son aspect coloré si rare sur la 16 bits de Sega. Le style est très affirmé, limite minimaliste par moments mais il me semble évident que c'est un choix artistique et non technique, ça ne plaira pas forcément à tout le monde. Personnellement j'ai complètement adhéré, j'ai trouvé des sensations parfois proches de celles que j'ai pu éprouver dans des jeux tels que REZ, un titre qui lui aussi a divisé par son aspect.
 

 
Une confrontation fratricide dans un style très Megaman sur fond de soleil couchant
  Oui on est encore dans Pulseman

  La bande son est à l'image du rendu visuel, donc dans un style très électro volontairement "chiptunesque" versant un peu par moments dans l'abstrait. Les mélodies ne sont pas marquantes à proprement parler mais leur tonalités, très cohérentes avec l'univers, sont tout de suite reconnaissables. On note également pas mal de voix digitalisés en anglais, légèrement grésillantes mais compréhensibles (c'est rare sur MD). Encore une fois si on adhère pas à l'atmosphère graphique il sera probablement de même pour l'ambiance sonore. Mais pour ceux qui comme moi y plongent totalement, l'aventure sera des plus prenante et c'est avec un plaisir jubilatoire qu'on découvre progressivement toutes les inventions et situations pensées par les développeurs. On court, on saute, on rebondit, on esquive moult dangers, on joue avec les obstacles en prenant des couleurs plein les yeux tout au long de cette aventure à forte personnalité.

 
Pulseman ou le cyberpsychédélisme
  Un décor simple mais bien animé à coup de parallaxes et de clignotement des couleurs

 

Conclusion

Pulseman est pour moi l'un des tous meilleurs jeux de plateforme sur Mega Drive, aussi abouti qu'un Rocket Knight, un Ristar, un Sonic ou un Dynamite Headdy. Il est réellement dommage qu'il soit sorti presque confidentiellement et en fin de vie de la console. Un titre classique et solide dans sa forme mais en même temps original dans son identité et inventif dans son gameplay et son level design. Sa ressemblance au premier abord avec Megaman laisse vite place à une personnalité très singulière. Techniquement tout est au poil, la console est vraiment bien maitrisée. J'ai pris énormément de plaisir à parcourir les niveaux très inventifs et variés du jeu. Le seul vrai reproche que je pourrais lui faire c'est l'absence de sauvegarde ou de système de mots de passe car l'aventure est relativement longue à faire d'une seule traite. Un problème réglé si on y joue en émulation. Il est maintenant également disponible sur la Virtual Console de la Wii, il a très peu vieilli et reste tout aussi efficace de nos jours.

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Article rédigé par kimuji le 15/04/2010
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