Nosferatu

(1/1)

Nom :
Nosferatu
Editeur :
Seta corporation
Développeur :
Seta corporation
Console :
Super Nintendo
Sorties :

Juillet 94
Octobre 95
NON
Genre :
Plate-forme

Roms :
Jeu
Langue :
US
 
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1994, Castlevania et Prince of Persia excellent chacun dans leur domaine mais un nouveau concurrent s'annonce pour tenter de les détrôner et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il se soit donné les moyens de son étonnante ambition.

Intro

Le début des années 90 marque le début d'un retour en force des vampires au cinéma... Dracula de Coppola, Buffy la tueuse de vampire (ne prenez pas le risque de le regarder même si vous aimez la série), Entretien avec un vampire... Et c'est encore rien par rapport à mi-90 et Une nuit en enfer, Blade, Vampires... Ça, c'était pas le trip Twilight à l'époque... Quoique mettre Edward en face de Jack Crow dans Vampires aurait pu être drôle.

Pourtant, malgré ce succès populaire prononcé, les jeux de vampire s'enchainent assez peu, la faute probablement à un Castlevania omniprésent et à même d'intimider bon nombre d'éventuels challengers. Quoi qu'il en soit, Seta, un studio méconnu, fait monter un jeu méconnu sur le ring juste entre Castlevania Bloodlines et Castlevania Dracula X : Nosferatu.

Plus habitué aux jeux de golf ou de réflexion de moyenne facture, Seta a tout donné ici pour livrer son chef d'oeuvre : le jeu propose un gameplay très fortement inspiré de Prince of Persia en remplaçant par contre les combats à l'épée par une palette complète de coups. Une palette suffisante pour faire palir d'envie bon nombre de beat'em up !

Les scènes intermédiaires, véritables petites cinématiques, sont réellement bluffantes
Le combat contre le premier boss et l'occasion de voir quelques unes des nombreuses attaques possibles
Histoire

L'histoire ne va pas très loin mais est magnifiée par une mise en scène sans faille et des cinématiques exceptionnelles qui, pour certaines comme le plan des corbeaux avec le lens flare, pourrait sans problème passer pour des vidéos !

L'introduction nous le dit, le nom de Nosferatu se chuchote dans l'effroi parmi les villageois. Et c'est justement une nuit où vous étiez occupé à chuchoter avec vos collègues villageois que l'innommable (encore que...) créature décida qu'après une dizaine de siècles à arpenter les terres désolées et à faire chuchoter les gens, il était temps de prendre femme. Première révélation, le film (très pourri (NdS : mais non !)) "40 ans et toujours puceau" vient de prendre un sérieux coup. Mais surtout, problème : au lieu de passer sur Meetic.ro ou d'aller voir si son costume à jabot lui permettrait d'entrer dans la boite du coin, il décide d'enlever votre copine. La situation est posée, il va tenter de corrompre son âme pour ne plus passer l'éternité à écouter des chansons françaises dans son château où il n'y a même pas d'abeille sur les pots de confitures, même pas d'oiseaux, même pas la nature, c'est même pas une maison...

Vu la précipitation du héros dans l'intro, j'aurai tendance à penser qu'il est totalement convaincu que sa copine est une cruche sans aucune volonté et que le temps est compté avant de la voir basculer sans résistance dans les tueries nocturnes, les sacrifices de jeunes filles au clair de lune, les ballades romantiques à la nuit tombée dans les champs d'empalés...

Malheureusement, nous avons là un couple parfaitement assorti puisque dès le pont-levis passé, au premier pas dans la cour du chateau, notre apprenti-sauveteur tombe dans un piège et se retrouve coincé dans une cellule, n'est pas Mitch Buchannon qui veut...

En deux screenshots, tout le concept du jeu : de la plate-forme très proche d'un Prince of Persia dans l'ambiance d'un Castlevania
Et une gestion poussée des pains dans la gueule
Gameplay

Kyle n'est pas du genre à rester bloqué. Dès son arrivée dans la cellule, il met en place un plan extrêmement pointu et élaboré pour s'échapper. Quelques heures plus tard, il a mal au crâne mais le plan est prêt et il ne lui reste plus qu'à régler un dernier détail, se procurer de la dynamite pour faire un trou dans la porte puis s'évader par ce trou... C'est pas un génie ça peut-être ? Heureusement, il y a des caisses au fond de la pièce, alors il fouille dedans au cas où mais pendant ces recherches minutieuses, la vérité éclate... Une sortie est cachée dessous. L'intelligence des personnages et des architectes a une fois de plus triomphé, on a eu chaud. (passer le jeu entier dans la cellule aurait été presque aussi chiant que finir Spiderman and Venom : Separation Anxiety quand même)

Une note d'espoir : Kyle n'est peut-être pas un grand penseur mais il a profité des heures gagnées à ne pas lire pour s'entrainer à divers sports de combats et les possibilités ouvertes sont énormes ! Jab, lead, crochet, uppercut, low kick, high kick, retourné, coup de pied sauté, coup de genoux et même possibilité de les enchainer ensemble... En fait, appuyer quatre fois sur Y lance le combo de base. Un combo qui change et devient de plus en plus puissant suivant le nombre de cristaux rouges que vous possédez mais en jouant avec la direction on peut en sortir plusieurs autres. Par exemple :
- : jab, jab, coup de pied retourné
- : jab, uppercut, coup de genou
- : jab, jab, crochet, uppercut

Cette partie du gameplay est particulièrement peaufinée et on pourrait difficilement lui trouver quoi que ce soit à reprocher, d'autant que tabasser des zombies ou des gargouilles est assez jouissif. Mais c'est sans compter l'autre partie du gameplay : celle inspirée par Prince of Persia. Cet illustre ainé avait déjà une lourdeur indéniable mais 15 ans plus tard, Nosferatu ne s'embarasse pas de remords et se permet de faire pire. A partir de là, tout devient dangereux, les gouffrent qu'on ne saute pas, les coups qui sortent pas, la course qui ne se lance pas... Faut dire, au lieu d'avoir prévu un bouton exprès comme n'importe quel jeu à peu près sensé, il faut ici appuyer deux fois vers l'avant pour courir. Ajoutez le petit délai que ça représente à la grosse lourdeur du gameplay et le résultat rend complètement cinglé dans les phases où il faut enchainer des courses et de longs sauts par exemple...

En fait, autant le dire tout de suite : Nosferatu est une réussite totale, à l'exception peut-être des boss beaucoup moins impressionnants et difficiles qu'on aurait pu le souhaiter, mais cette insupportable jouabilité le plombe complètement à elle seule ! Et en fait, heureuseuement que je l'ai fini plusieurs fois pour le test car si je m'étais arrêté à l'horrible première partie où on galère pour tout et surtout sans raison, je pense que je lui aurais mis quelque chose comme 08/20. Les fois suivantes, plus habitué, m'ont nettement moins gonflé tout en restant quand même bien chiantes par moment.

L'uppercut ne paie pas de mine au début avec son allonge réduite mais c'est en fait le coup le plus puissant du jeu
Niveau challenge, les boss sont relativement décevants en général... Sauf peut-être celui-ci qui risquent de vous en faire voir
Technique

Commencer le test comme les autres par le gameplay n'est pas forcément très flatteur pour Nosferatu puisqu'on ne peut pas éviter de parler de la catastrophe que représente ses contrôles défaillants. Cependant, le bougre ne manquait pas d'argument ! Les graphismes sont simplement magnifiques et le hissent parmi les plus beaux jeux de la console, l'animation est elle aussi impeccable, tout est bien décomposé d'autant plus qu'elles sont très nombreuses pour le héros afin de lui permettre autant de coups différents. La musique vise elle aussi le sans faute avec des thèmes aussi réussis techniquement qu'inspirés et en plein dans l'ambiance, au mieux pourrait-on regretter un certain manque de diversité...
Enfin la durée de vie est pas énorme avec 2h ou 3h de jeu en moyenne pour la première partie d'autant plus qu'elle est essentiellement due aux nombreux ratés des contrôles... Les niveaux n'étant pas particulièrement vicieux, seuls les ennemis vous opposeront un peu de résistance mais se calmeront vite fait dès que vous aurez compris un peu comment ils se comportent. Quant aux boss, ils sont ni très beaux, ni impressionnants et encore moins excitants à affronter. C'est peut-être la seule déception qu'on pourrait avoir si on fait abstraction de la maniabilité.

Ce niveau 4 ressemble fortement aux niveaux dorés à damier de Prince of Persia... Y a pire comme modèle
Nosferatu tient plus d'un Firebrand bon marché que d'un Dracula de Castlevania
"Bonjour c'est moi Orson Welles, ceci est ma maison que vous voyez derrière là, pas mal non ? C'est français"
"Aaaargh... Rosebud"
Note : 12/20

Nosferatu a tout du blockbuster : un ennemi célèbre, un héros pas malin mais qui cogne et de sérieux moyens, graphismes, animations, musiques... Rien à reprocher, tout est bluffant.

Enfin, tout sauf un petit détail, la jouabilité est infâme. Le personnage répond très lentement, le délai avant un changement de position ou d'action est conséquent et en plus de ça, les combinaisons ne répondent pas bien et on rame pour sortir les coups spéciaux ou juste pour... courir... Persévérer diminue le problème mais ne le gomme pas et c'est bien dommage car c'est l'unique véritable reproche qu'on pourrait faire à ce jeu.


Les plus

- Graphismes exceptionnels
- Beaucoup d'attaques différentes
- Cinématiques !
- Musiques

Les moins

- Jouabilité extrêmement crispante
- Boss décevants
- La difficulté tient surtout à la jouabilité moisie

 
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Article rédigé par Shinobi le 06/10/2011
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