Madoh Oh Granzort

(1/1)

Nom: Madoh Oh Granzort (MADÔ Ô Granzort - Madouou Granzort)
Support: PC engine SuperGrafx - Année: 1990 - Editeur: Hudson Soft

 

Madoh Oh Granzort a pour moi un parfum particulier. Alors que je jouais à l'époque uniquement avec mon Amstrad CPC et ma Master System, merveilleuses bécanes certes, mais aux graphismes simples, je voyais ce jeu tourner en démonstration dans le magasin Queneutte du coin. Je peux vous dire que j'étais "scotché" devant ce jeu par son principe, sa réalisation impressionnante et ses scrollings parallaxes peu communs en cette période. Je passais souvent au magasin me prendre une rincée visuelle et me donner mille regrets de ne pouvoir y jouer et de palper ce jeu de mes propres mains. Que de frustration !

Je n'ai hélas pu me le procurer lorsque j'ai quelques années plus tard eu ma Nec Duo-R. Bien dommage, ce n'est donc qu'en émulation que j'ai pu faire ma première partie. Mais le temps avait inévitablement passé et ce qui me paraissait être une vitrine technologique à l'époque me paraît tout à fait commun aujourd'hui. Voilà donc ma petite histoire. Mais en fin de compte, que vaut réellement ce jeu ? Etait-il à la hauteur de mon espoir ? Et bien voyons ça dès maintenant :

Madoh Oh Granzort est tiré d'un dessin animé de mecha du même nom créé par les studios "Sunrise". Dessin animé que je n'ai pas connu mais dont vous trouverez aisément les vidéos Internet. Mais revenons au jeu, Granzort est un jeu de plate-forme vous mettant aux commandes de l'un des trois robots guerriers aux spécificités bien marquées. Le but comme la plupart des jeux de l'époque étant simplement de vous frayer un chemin à travers les mondes jusqu'à l'affrontement des boss de fin.

 

Mes Mechas à moi

Chacun des robots possède ses caractéristiques permettant de s'adapter à la situation ou à l'opposition. Le choix et le changement se faisant en pleine partie via le bouton RUN de la manette. On peut donc passer facilement d'un robot à l'autre. Faisons d'ailleurs un petit point sur les spécificités des trois robots:

Le Mecha rouge. (Pouvoir de la terre)
Il est de force moyenne et est armé d'une épée et provoque des tremblements de terre qui éliminent l'ensemble des opposants à l'écran. L'épée à une belle zone de touche et permet au robot de se protéger des projectiles ennemies avec une zone de collision réduite.
Le Mecha vert. (Pouvoir du vent)
Il est de faible force de frappe, mais son tir à l'arc  permet de toucher l'ennemi à bonne distance, mais il a surtout le pouvoir de voler durant quelques instants.
Enfin le Mecha bleu. (Pouvoir de l'eau)
Qui est le plus puissant. Il est armé d'une  lance, mais il peut surtout créer un bouclier d'énergie permettant de se protéger et de détruire l'ennemi.

La puissance et la portée de leurs armes se gèrent sur 3 niveaux de Power représentés par des billes en bas à droite de l'écran.


Les 3 niveaux du Power

Leurs pouvoirs s'utilisent via la barre de MP (au centre de l'écran). Sa consommation est raisonnable et elle se recharge d'elle même. Elle peut être utilisée librement sans obligation de recharge au max, ce qui est à vrai dire très pratique.


Pouvoir du Mecha rouge.
 

Evolution des Mechas.

L'upgrade de l'armement se fait via des items qui peuvent être ramassés durant votre parcours en détruisant des robots, ou cachés ici et là dans les niveaux. Ces items se composent de Power [P], de vies supplémentaires, ou bien d'armure [S] Silver (résiste à un coup) ou [G] Gold (résiste  à un coup puis durant une période).

Cette quête aux upgrades est toutefois  limitée, une fois vos 3 Powers en main, la recherche ne se révèle utile que pour les vies, et pour une des armures si vous n'en possédez pas.


Les mondes:

Une particularité pour l'époque, les mondes ne sont pas linéaires comme cela se faisait souvent, mais proposent des chemins de type labyrinthe qui donnent une certaine liberté de déplacement. Ils sont constitués d'espaces ouverts et renfermés (comme un tunnel). Ces zones se gèrent bien entendu en fonction du robot choisi. En fait, la géographie des lieux et l'agression ennemie sont assez bien étudiées et vous obligeront à changer régulièrement de méthode. Le parcours se fait généralement vers le bas.

Le jeu compte 7 niveaux, progressant vers les profondeurs (Surface ; Catacombes ; Ruines technologiques, Jungle souterraine ; Cave robotique ; Cave de glace ; Souterrain d'ossements).


Quelques passages des mondes à traverser.

En général, vous trouverez des items d'upgrade sur votre parcours, mais il est utile de bien explorer les niveaux car les vies sont généralement placées hors des sentiers battus. Et elles sont très utiles.


L'opposition.

Elle est pour le moins agressive et vous attaquera en nombre. Elle se distingue réellement en trois catégories : les robots fixes (tireurs), les robots volants, et les classiques qui sont généralement les plus redoutables et plongeront sur vous en vous attaquant. Il ne faut pas s'attarder car même vaincue (dans le même secteur), la horde ennemie reviendra sans cesse. L'agressivité est donc constante, mais bien heureusement nos Mechas savent se défendre.


Dans tes cornes !

Tout dépend des secteurs en fait, les zones aérées sont généralement propices au surnombre et aux attaques venant de toutes les directions. Les zones fermées étant bien entendu plus faciles à gérer.

Leur résistance n'est pas la même selon le type, il faudra donc faire attention dans la gestion des pouvoirs, et par exemple ne pas s'empaler alors que le bouclier énergétique n'a pas totalement détruit l'ennemi.


Exemple d'opposition.


Jouabilité.

Trois boutons sont utilisés, un pour tirer, un pour sauter, et le dernier (RUN) pour changer de Mecha. Les robots répondent sans problème et sont réactifs. L'utilisation des armes et le changement du robot peuvent se faire dans toutes les situations, même lors d'un saut. Vous pouvez d'ailleurs comme dans un Mario détruire un ennemi en lui sautant sur la tête. Cela paraît bête comme ça, mais évite pas mal de problèmes surtout en cas de surnombre.

L'alternance et le choix des robots selon les circonstances sont importants, il n'y a pas de robot inutile et les particularités de chacun étant vraiment différentes, ils s'adaptent plus ou moins bien selon la géographie et le type d'opposition.

Le Mecha vert se révèle une arme redoutable pour celui qui maîtrise son comportement. Car en appuyant par courtes séquences sur saut, le vol du Mecha peut durer  relativement longtemps, en plus de rebondir sur la tête de l'ennemi, et son tir étant faisable en vol, il permet d'esquiver un bon nombre de difficultés.

Les boss de fin sont vraiment coriaces si vous ne trouvez pas la méthode de combat appropriée. Mais une fois celle-ci trouvée, ils ne résisteront pas bien longtemps. Plus facile à dire qu'à faire.


Réalisation.

Granzort faisait partie des 5 jeux vitrines de la SuperGrafx, console qui était censée donner un nouveau souffle au hardware de Hudson.

Bien entendu et comme je l'ai exprimé ci-dessus, il faut se remettre dans le contexte pour apprécier sa réalisation. Pourtant même aujourd'hui, le jeu garde une certaine richesse visuelle avec un style propre, de belles couleurs, de nombreux détails parfois animés, et des scrollings profonds. L'ensemble dégage en même temps de la simplicité et une complexité avec un level design travaillé sur 2 plans qui ne se confondent pas.

Les protagonistes, Mecha et ennemis sont eux aussi bien détaillés et il en ressort une certaine prestance, bien que leurs mouvements paraissent rigides, mais rien de rebutant. De petits effets sont présents, notamment lors de l'utilisation des pouvoirs qui rendent assez bien.

Les mondes eux proposent chacun un univers unique, alternant quelques  zones aérées, mais plus souvent renfermées et donc sombres. Les boss de fin sont de très belle taille et sont au niveau de l'ensemble.


Regardez le travail réalisé, les nuances et les nombreux détails.

Côté audio c'est très correct avec des compositions de qualité dans l'esprit de ce qui se faisait à l'époque. Sans exceller, les musiques participent au rythme du jeu, et sont complétées par des bruitages assez bien conçus et adaptés.


Difficulté et durée de vie.

C'est dans ce domaine que le jeu coince, enfin tout dépend dans quelle catégorie vous vous situez. Le jeu est clairement réservé aux Hardcore Gamer, à cause de l’extrême fragilité des mechas qui trépassent dès la première touchette. Il y a bien les renforts d'armure qui les protègent, mais cela reste assez mince, surtout face à l'agressivité de l'ennemi.

Toutefois, le jeu est à maîtriser, une fois les pièges et ennemis connus et un chemin déterminé, le jeu devient plus accessible. Surtout que l'opposition n'est pas très intelligente et ne joue finalement qu'un rôle d'obstacle. Leurs attaques à distance peuvent être facilement contrées en étant accroupi, c'est surtout dans le nombre que la difficulté se pose.

La gestion des pouvoirs des robots est primordiale, avec une bonne connaissance des niveaux, vous saurez faire les bons choix, ce qui rendra la tâche plus facile. En fait, si les premières parties sont compliquées, elles deviennent plaisantes par la suite car vous aurez établi une stratégie de déplacement et d'utilisation des pouvoirs. L'anticipation sera la clef de la réussite.

En fait, le jeu serait relativement facile si les mechas étaient munis d'une barre d'énergie permettant une tolérance. La vraie difficulté ne réside pas dans l'opposition, mais dans la motivation à refaire le niveau dès la première touche.

Il faut également terminer les niveaux dans un temps imparti, mais il y a largement la place.


En conclusion.

Non dénué de qualités, son principal défaut réside dans sa difficulté peu accessible pour le joueur classique. Malgré tout, Granzort est imprégné d'un vrai charme grâce à sa réalisation et à son gameplay polyvalent.

C'est un jeu qui mérite votre attention. Avec un peu de temps et la connaissance des niveaux, il vous procurera du plaisir grâce aux différentes façons de jouer. Ne vous laissez pas décourager par les premiers échecs, le jeu est réactif et avec un peu d'entraînement, les niveaux s'enchaînent sans trop de difficultés. Surtout que le maniement et les possibilités des Mechas sont agréables.

Merci à kukuro pour sa relecture ;)

Télécharger la rom.
Réagir sur le forum.

 

Article rédigé par Zapier le 04/11/2013
2001-2018 Planet Emulation