Le Livre de la Jungle

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 Titre : Jungle Book
Editeur : Virgin
Console : Megadrive
Année : 1994
Genre : Plateforme

Le nombre de jeux de plateformes estampillés Disney sortis sur 16 Bits est assez impresionnant. Outre les classiques jeux avec les deux personnages fétiches de la marque, Mickey et Donald, et les titres opportunistes qui sortirent en même temps que les films éponymes, comme Alladin et le Roi Lion, nous avons également eu droit à des adaptations d'anciens films Disney. Jungle Book, alias le Livre de la Jungle, en fait bien évidemment partie.

Jungle Book, sorti donc après le Disney's Alladin de David Perry, surfe sur la même vague stylistique, c'est à dire en tentant de coller le plus possible au dessin animé, aussi bien au niveau des graphismes que de l'animation. Par contre il ne fait pas vraiment le même effort niveau scénario, puisqu'ici, au lieu de vaquer tranquillement à ses occupations d'enfant sauvage, à savoir manger, dormir et ne pas se faire manger par un tigre, Mowgli doit, pour terminer un niveau, récolter un certain nombre de joyaux avant d'atteindre la sortie. Il sera bien évidemment chahuté par plusieurs ennemis, tels des singes lanceurs de noix de coco, des serpents et autres volatiles peu amènes. Heureusement Mowgli sait se défendre, soit en sautant sur les ennemis, soit en utilisant ce qui lui tombe sous la main : bananes, pierres ou encore boomerangs forment des armes de choix, parmi lesquelles il faut jongler selon la situation, tout en gardant à l'esprit que certaines sont en nombre limité.

 Quand je disais "jongler",
ce n'est pas de ça que je parlais...

OHIHOHIHOHHHHH !!!

Comme dans tout jeu d'exploration, les niveaux ne sont pas linéaires. Davantage orientés verticalement qu'horizontalement, ils sont plutôt vastes et on aurait tôt fait de s'y perdre sans la boussole qui indique la direction du joyau le plus proche. Pour se déplacer Mowgli utilise en plus de ses petons toutes les lianes qui lui tombent sous la main, que ce soit pour grimper à la corde, jouer à Tarzan ou encore se suspendre au-dessus du vide. Attention cependant, puisqu'il est plutôt vulnérable à ces moments-là. Chaque niveau, composé d'une poignée de stages, se termine comme à l'accoutumée par un combat contre un boss.

Virgin nous a habitués à des jeux léchés techniquement, et Jungle Book ne déroge pas à la règle, avec des graphismes vraiment très réussis et une animation de Mowgli (le seul sprite réellement animé) fluide et détaillée. Contrairement à Alladin, qui allait à fond dans la démarche de dessin animé interactif, avec lignes épurées et ses aplats de couleur, Jungle Book joue la carte du "plein les mirettes" avec tout plein de détails et de dégradés, et y arrive avec bonheur. On peut cependant regretter un manque certain de variété dans les décors : la jungle reste la jungle, avec ses arbres, ses feuilles et tout le tintouin, et il faut attendre d'arriver dans les ruines pour changer un peu d'air. Même son de cloche pour les musiques, agréables mais qui manquent de relief. On est loin des airs de jazz du dessin animé, et aucun thème du film n'a été repris (ou alors je n'ai vraiment pas d'oreille, ce qui est possible aussi).


 Gare aux piques !
 Sautez sur les singes pour les estourbir.

Passons maintenant au plus important : la jouabilité. Et bien, elle est bonne, voila. Hum ? Bon d'accord, je développe. On ne note aucun problème au niveau des déplacements, des tirs ou encore pour la direction des sauts. Par contre, il y a quelques petits défauts : un léger temps de latence au niveau du déclenchement du saut (un peu comme dans Alladin, finalement), et surtout une relative imprécision quant à l'atterrissage. Avec sa silhouette de grand échalas, ses longs bras et ses longues jambes fines, le masque de collision de Mowgli est énorme, et on se fait parfois toucher alors qu'on pensait avoir parfaitement visé un ennemi, problème encore accentué lorsqu'on est accroché à une liane. Autre souci lié à ce moyen de locomotion : pour sauter d'une liane tendue à l'horizontale, il faut sauter. Problème : dès que la phase descendante du saut est amorcée, Mowgli se raccroche automatiquement. Résultat, il est impossible de tuer les oiseaux qui se promènent sans y laisser un peu d'énergie.

Mais bon, pas de panique, ces petits problèmes, s'ils peuvent être agaçants, ne sont pas rédibitoires, d'autant plus qu'un ennemi détruit de revient plus jamais. Et comme le jeu ne propose pas de vrai challenge dans son aspect plateforme, la difficulté des phases de recherche est très raisonnable (à tel point qu'on s'ennuie un peu), ce qui n'est pas le cas pour les boss. Ces salopiauds sont en effet très, très, très résistants, à tel point qu'on en vient à se demander si nos coups leur font effet. Leur barre de vie pousse même le vice à clignoter un bon bout de temps, même vide, avant de disparaître pour de bon. Ce sont vraiment eux qui font la difficulté du jeu, et pour être honnête j'ai du me résoudre, alors que je possède la cartouche, à passer à l'émulation pour terminer le jeu sans balancer ma console par la fenêtre, ce qui m'emplit de honte.


Le dernier stage ressemble beaucoup
à celui du Roi Lion.

Debout, feignasse !

Bref, si vous aimez les jeux de plateforme jolis tout plein et que passer 10 minutes sur un foutu boss pour finalement mourir comme une merde parce que vous avez laissé trainer votre tibia ne vous dérange pas, au contraire, alors foncez sur Jungle Book, vous ne le regretterez pas. Et si, comme moi, vous êtes une grosse quiche, foncez dessus quand même, vous vous amuserez quand même et ça ne vous fera pas de mal de vous entraîner un peu !

Article rédigé par Shenron le 12/03/2008
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