Final Fantasy VI

(1/2)

Test : Final Fantasy VI

  • Nom : Final Fantasy VI
  • Editeur : Squaresoft
  • Console : Super Nintendo
  • Année : 1994
  • Genre : RPG

La série des Final Fantasy est certainement celle qui a le plus marqué de son empreinte le paysage des RPG consoles, et, comme par hasard, c'est une série signée SquareSoft. Commencée en 1987 sur NES, la série y a connu 3 épisodes, puis 3 autres sur sa grande soeur, la super NES, et encore 3 sur Playstation, sans oublier le dixième opus sur PS2, le 11e online, les nombreux spin-offs (Final Fantasy : Mystic Quest sur SNES, Final Fantasy : Tactics sur Playstation et GBA), les suites à sortir, les films, les dessins animés... Bref, le moins que l'on puisse dire c'est que c'est une série populaire !
Penchons-nous donc ici sur le 6e épisode, (le troisième aux US grâce à la politique de sortie des jeux de Square)... Ce Final Fantasy 6 marque certainement l'apogée artistique et psychologique de la série (pas sur le plan graphique, évidemment, mais tout le monde l'aura compris !).
Voyons donc de plus près ce que cet épisode a de si exceptionnel et pour quelles raisons il est devenu aussi culte.

Qui suis-je? Où donc erre-je?

Il y a 1000 ans, la guerre des Magi a fait régresser l'humanité en faisant totalement disparaître la magie du monde, après un conflit dévastateur. La magie ayant disparu, les hommes se sont donc tout naturellement dirigés vers la technologie, et, progressivement, les hommes ont remonté la pente et oublié les terribles erreurs du passé. Mais certains redécouvrent le pouvoir de la magie et veulent s'en servir pour assujettir le monde entier... C'est ainsi que l'on découvre un monde où le médiéval fantastique côtoie machines à vapeur et mécanismes dignes d'une histoire de science-fiction, à travers une introduction qui nous met très rapidement dans l'ambiance.


L'intro est sublime

Terra fait la rencontre d'un esper



Et c'est sur ce monde qu'une jeune fille amnésique, accompagnée de deux soldats de l'Empire de rigueur (les vilains pas beau, donc), est à la recherche d'une créature mythique, liée à la magie : un Esper, caché dans les mines de la ville de Narshe, hostile à l'Empire. Evidemment, les choses tournent mal, les soldats de l'Empire disparaissent, et l'on se retrouve en compagnie de cette jeune fille, Terra, à la recherche de son passé mystérieux et de sa propre identité. La route qu'elle va emprunter lui fera croiser de nombreux amis mais aussi des ennemis puissants et cruels. Son chemin torturé la mènera de surprises en surprises vers la découverte de son identité, mais cette révélation n'est que le début d'un jeu grandiose et ne forme qu'une infime parcelle d'un scénario ... magique !
Les personnages principaux, qu'ils soient bons ou mauvais, ont tous une psychologie et une personnalité très travaillée. Leurs destins mêlés qui se croisent sans cesse sans pour autant tendre vers la même finalité forment une magnifique trame, tissée d'une main de maître, dont les enjeux deviennent de plus en plus forts à mesure que chacun se dévoile et que les événements s'enchaînent. On ne s'ennuie pas une seule seconde, et il est difficile de sortir du jeu tant le scénario est immersif.


Amano, je t'aimeuuuh!

Graphiquement, FF6 se distingue singulièrement de beaucoup de jeux, et en particulier de beaucoup de RPG, mais il n'atteint pas le niveau de Chrono Trigger ou de Seiken Densetsu 3 en terme de finesse graphique. Cependant, il reste tout de même très agréable à regarder. En revanche, les effets spéciaux sont, pour leur part, particulièrement bien réussis. Lors des combats, et lors de certains événements scénaristiques, on a droit à un déluge de lumières et de couleurs du meilleur effet.
Ce qui apporte le petit plus graphique à ce jeu, ce qui lui donne une véritable identité visuelle, c'est la participation de Yoshitaka Amano (designer des Final Fantasy du premier à celui-ci justement), un peintre japonais surdoué, aux designs ! C'est ainsi lui qui signe tous les dessins du manuel, qui se trouve être tout bonnement magnifique, mais également les portraits des personnages dans les menus et les concept arts de la globalité du jeu. Son style est particulier, très éthéré, presque onirique, et il correspond tout à fait à l'ambiance qui se dégage du jeu. J'adore!


 
La carte du monde est... heu... moche!
 
Les chara-designs sont excellents


Il est également intéressant de noter que Square a choisi de représenter la carte du monde par le biais du mode 7, en permanence. Artistiquement, c'est un choix qui peut laisser insatisfait, car ce mode induit des graphismes en forme de gros tas de pixels, pas forcément du plus bel effet. Heureusement, se balader sur la carte du monde reste largement supportable, en particulier grâce aux magnifiques mélodies qui l'accompagnent...


Une symphonie dans ma SNES

Un détail important qui contribue énormément à la quasi-perfection de FF6 est la qualité de ses musiques. Celles-ci sont signées Nobuo Uematsu, et elles sont tout simplement magnifiques ! Bien entendu, on retrouve les thèmes classiques de victoire lors des combats, de dodo, ou encore celui de l'intro. Mais les musiques d'ambiance tout au long du jeu (l'Opéra... ha ! quel passage d'anthologie ! J'en ai les larmes aux yeux rien que d'y repenser) sont sublimes. Elles nous transportent dans un autre monde et sont indissociables de la qualité du soft. On se surprendra souvent, après avoir joué, à fredonner telle ou telle mélodie, sans que cela soit désagréable, bien au contraire. Il est évident que la musique a toujours été un point crucial dans tous les Final Fantasy (avant et après le 6) mais c'est vraiment dans celui là qu'elle transcende totalement le jeu, au point qu'il est inimaginable d'y jouer avec le son coupé et que l'on se sent en transe rien qu'en écoutant la musique de l'intro, la musique de l'opéra ou les diverses musiques qui émaillent les moments dramatiques du scénario. Un véritable chef d'oeuvre !


L'opéra, une scène sublimée par une mélodie belle à pleurer



Baston !

Le système de combat, et le gameplay qui tourne autour, de ce Final Fantasy VI est somme toute relativement classique, du moins de prime abord. Square nous y ressert son fameux système ATB (Active Time Battle) inauguré par Final Fantasy IV. Ainsi, les combats sont un mélange de tour par tour et de temps réel, chaque protagoniste (ami ou ennemi) mettant un certain temps avant de pouvoir agir. En combat, on pourra contrôler quatre personnages parmi les 14 disponibles, ce qui donne des affrontements peut-être moins dynamiques qu'avec une équipe de trois combattants, mais à mon sens plus stratégiques et plus construits. Les actions possibles pour chaque personnage sont choisies par le biais d'un menu tout ce qu'il y a de plus commun. On a ainsi le choix entre attaquer, se défendre, changer de position, utiliser la magie, les objets ou les capacités spéciales de chaque personnage.

 
Celes est une fille plutôt... froide
 
Heu... on peut discuter, non?... non? ah...


Ces capacités (skills) sont uniques pour chaque personnage : au delà du type d'objets que chacun peut s'équiper, ce sont surtout elles qui définissent le rôle que les membres de l'équipe tiendront pendant les combats. Elles sont par ailleurs très diversifiées, et elles donnent aux combats une touche bien particulière et aident énormément à ce que le joueur s'attache à un personnage plutôt qu'à un autre. Ces skills peuvent être aussi bien des attaques dévastatrices que des protections sur nos personnages ou afflictions sur les ennemis. Certaines peuvent paraître inutiles en fonction du style du joueur alors que d'autres seront utilisées en chaîne à l'abus. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Pour une description des différentes capacités, voir l'annexe du test présentant les divers protagonistes du jeu.


Edgar, un vrai Mr Bricolage

Sabin met le feu à la piste!



L'autre aspect particulier des combats est l'utilisation de la magie et des invocations. Au début du jeu, la magie n'est accessible qu'à deux personnages bien particuliers, mais après quelques heures et quelques événements scénaristiques, tous les membres de l'équipe peuvent l'utiliser sans restriction. Mais pour cela, il faudra les apprendre et c'est là que le système de progression de FFVI prend vraiment de l'ampleur. Disséminés un peu partout dans le monde, on pourra trouver des magicites. Celles-ci peuvent être équipées sur un personnage à raison d'une à la fois, et permettent à ces personnages d'apprendre les magies qui leur sont liées. Ainsi la magicite Shiva permet d'apprendre les magies liées à la glace, alors que la magicite Efrit confère celles liées aux feu. Mais ce n'est pas tout, car lorsqu'un personnage est équipé d'une magicite, il s'attache des modificateurs de progression quand il montera de niveau. Certaines magicites permettront donc d'acquerir plus de vigueur, alors que d'autres priviligéront l'intelligence ou les points de vie, etc... Cela oblige le joueur à bien planifier de quelle manière il va équiper les magicites, même sur les personnages qui n'utiliseront que peu la magie, afin de leur conférer une courbe de progression idéale lors du level-up.

Et ce n'est pas fini : j'ai mentionné la présence des sacro-saintes invocations. Chaque magicite permet d'exécuter une invocation une fois par combat. Et bien entendu, seules les magicites équipées sur les personnages participant au combat sont invocables. Ce qui rajoute encore un aspect stratégique supplémentaire.

Ce système de magicite est véritablement au centre du jeu, il en est la plaque tournante et la piste d'envol, car au delà de son scénario bouleversant, la collecte des magicites, leur apprentissage et l'acquisition de l'art et la manière de bien les utiliser est l'un des moteurs principaux du jeu. En sachant qu'il y en a un bon nombre à trouver et que certaines sont vraiment bien cachées ou un peu tordues à obtenir, c'est une gigantesque quête s'étendant d'un bout à l'autre du jeu qui s'offre à nous.


Ramuh ferait un effet du tonnerre en discothèque





Pour finir, survolons un peu ce qui reste à en dire pour achever ce test :
La durée de vie est très bonne. L'aventure est longue et palpitante et si l'on ne voit pas le temps passer, cela ne l'empêche pas de filer : à mon avis, pour bien profiter du jeu sans le connaitre au préalable, il faut bien une cinquantaine d'heures de jeu (comme je suis du genre
à prendre mon temps, ma première partie de FFVI en était à 67 heures devant le boss final). Une fois le jeu connu, je dirais que 30 à 40 heures "suffisent".

On peut noter également la présence de quelques bonus sympathiques, comme la possibilité de jouer à deux pendant les combats ou la customisation intégrale des menus.
A vrai dire, je ne vois pas vraiment ce que l'on peut reprocher à ce jeu... Il possède tout ce que l'on peut attendre d'un bon RPG, bien qu'il soit, à mon avis, un peu moins "fun" à jouer que Chrono Trigger par exemple. Beaucoup le considèrent comme le meilleur RPG jamais sorti sur une console, et certainement pas à tort. La seule chose qui peut être frustrante se sont les combats très fréquents, mais c'est inhérent au genre et tout de même moins gênant que dans un Dragon Quest, par exemple.

Evidemment, comme dans tout FF qui se respecte, le jeu regorge de secrets en tous genres qu'il sera impossible de découvrir en une seule partie, mais également de minis jeux, d'humour et de plaisir ! Il s'agit d'un véritable mythe dont il serait criminel de ne pas avoir profiter.
Incoutournable et indispensable, tout simplement.



Kefka, la haine personnifiée, sans une once d'humanité, un personnage d'anthologie


Ma Note : 18/20

Pour ceux qui veulent en apprendre un peu plus, la seconde page présente quelques uns des personnages principaux du jeu
 
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