Dracula X Chi no Rondo

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 Nom: Dracula X Chi no Rondo(Circle of blood)
 Editeur: Konami
 Console: PC Engine Super CD-Rom
 Année: 1993
 Genre: Plate-forme/Action
 Nombre de joueurs: 1
 
 
Alors là, attention: chef-d'oeuvre ! Le propre d'un site d'émulation comme Planetemu est de faire en sorte que les merveilles vidéoludiques du passé ne sombrent pas dans les oubliettes de l'histoire. Alors quand en plus il s'agit d'un titre aussi extraordinaire et qui n'a jamais franchi nos frontières, autant dire qu'il est plus que temps de réparer une injustice et de rendre un vibrant hommage à l'un des meilleurs opus de la saga "Castlevania"!
 
Le combat doit continuer!
 

Tout d'abord, un peu d'histoire. Nous sommes en 1993 et le marché des consoles de salon est dominé en occident par la Super Nintendo et la Megadrive. Mais au Japon, la situation est autre : si la Super Famicom (Snes japonaise) est leader, sa dauphine n'est autre que la PC Engine de Nec. La bécane en question n'est pas à proprement parler une 16 bits. C'est une 8/16 bits (une sorte d'intermédiaire, quoi), moins performante que ses concurrentes mais capable d'afficher plus de couleurs que la 16 bits de Sega. Si on ajoute à cela que la bête fut la première console à accueillir un lecteur de CD-Rom, vous comprendrez la popularité de cette machine dans son pays natal. Il ne fut donc pas étonnant de voir un éditeur tel que Konami adapter à tour de bras nombre de ses hits (Gradius, Parodius...) et de voir apparaître un épisode exclusif de Castlevania sur le plus beau bébé de Nec.

Une intro dynamique comme on les aime, qui vous met tout de suite dans le feu de l'action. Et je ne vous parle même pas de la musique ! Superbe !  Dès le début de la partie, la Mort, âme damnée de Dracula, vient vous provoquer.

Cet opus, premier de la mini-série Dracula X qui compte aussi Vampire's kiss sur Snes et Symphony of the night sur PSX et Saturn, fut le premier Castlevania sur CD. Dès lors, les programmeurs peuvent s'en donner à coeur joie, n'étant plus soumis aux restrictions de place du support cartouche. C'est ainsi que le jeu s'avère plus long, avec de nombreux ennemis, des niveaux cachés, des graphismes magnifiques... Et, support CD oblige, le jeu comporte de nombreuses cinématiques (2 au début, plusieurs en cours de partie, 1 à la fin) et des musiques qualité CD !

Et maintenant, place au jeu!

L'histoire se déroule en 1788. Shaft, un machiavélique nécromancien, ressucite le seigneur des ténèbres. Dès sa résurrection accomplie, ce dernier envoie ses légions dans la province de Wallachia et en profite pour faire enlever des jeunes filles (dont le sang lui servira à garder sa jeunesse éternelle) dont Annette Renard, fiancée de Richter Belmont, héritier du clan qui lui tient tête depuis des générations. Vous incanez Richter et devrez traverser 8 niveaux à la difficulté croissante et à l'action non-stop. En effet, l'une des particularités de cet opus est de limiter grandement les phases de plate-forme au profit de l'action. Pas le temps de souffler : les ennemis se succèdent rapidement, les semi-boss sont légion et les situations se suivent sans se ressembler : entre la traversée du hall poursuivi par le Behemoth, la prison avec ses nombreux pièges et la séquence de rafting, on ne sait plus où donner de la tête ! Et s'il est vrai qu'on passe le plus clair de son temps à se fritter avec du menu fretin, les ennemis et les décors sont si variés qu'on n'a jamais d'impression de répétition dans l'action.

 Gagner des vies est assez simple (mais moins que d'en perdre !), tous les 20000 points et en cas de victoire sans être touché par le boss, et hop! 1up!  Cours Richter, Cours!

Une beauté... terrifiante!

Ça peut paraître sogrenu à première vue mais rares sont les ennemis qu'on croise dans plusieurs niveaux : chaque level a son bestiaire bien distinct (à part les squelettes, les chauve-souris et quelques rares autres) et le vice est poussé à l'extrême quand on voit que certaines créatures, qui ne sont ni boss ni même semi-boss, n'apparaissent que 2 ou 3 fois (il y en a même qui n'apparaissent qu'une fois!). Ca n'a l'air de rien mais cette variété agit grandement sur le plaisir de jouer. Et ne croyez pas que les sprites en soient pour autant laids et mal animés  Que nenni ! Ils sont si réussis que la plupart seront repris tels quels pour Symphony of the night, sorti quand même 5 ans plus tard ! On peut applaudir.

 Et non, ce golem n'est pas un boss!  Cet ennemi est un coriace, mais face à Maria, il ne fait pas de vieux os!

Les décors ont eux aussi eu le même traitement : les détails sont magnifiques mais jamais répétitifs : une superbe statue, un squelette de dragon dans le fond ne se verront qu'une fois dans tout le jeu, conférant ainsi au level une identité propre. Même si quelques passages peuvent sembler un peu plus vides que d'autres, leur qualité n'en est cependant pas moins grande.

 Niveau 3: la chapelle du loup.  Niveau 3': le cimetière.

Symphonie... de la nuit!

Et comme toujours avec les Castlevania, la partie sonore est une tuerie ! A de bons bruitages (dans les limites de ce que peut faire le processeur de la console) s'ajoutent des musiques d'une qualité, d'une richesse et d'un rythme tout bonnement incroyables ! C'est simple, on rejoue au jeu même après l'avoir fini des dizaines de fois rien que pour écouter ses musiques. Certaines sont des reprises des opus précédents, d'autres sont inédites, mais toutes vous plongent dans une ambiance gothique, un peu lugubre mais constament à 100 à l'heure !

Dans "jeu vidéo", il y a ..."jeu"! (Sans blague?!)

 La Mort vous attend à la fin du 5ème niveau, le navire.  Un apperçu du niveau 5'. Comme vous pouvez le constater, graphiquement, c'est terne. Il reprend des moceaux d'autres niveaux.

Un beau jeu c'est bien, mais un jeu jouable c'est mieux ! Eh bien là, c'est aussi un sans faute. S'il est vrai que le jeu est assez difficile (mais suffisamment bien équilibré pour être fini sans avoir besoin de tricher), Richter répond au doigt et à l'oeil. Certes, il est un peu raide (comme beaucoup de héros de Castlevania) mais les petits "plus" apportés à cet épisode permettent de passer la majorité des épreuves sans trop souffrir. Déjà en plus du coup de fouet (bouton 1) et du saut (bouton 2), Richter peut aussi utiliser les armes secondaires (Haut +attaque). Jusque là, rien de nouveau. En plus de la dague, de la hache, de l'eau bénite, de la montre et du crucifix, on peu désormais utiliser la bible (sa trajectoire est en spirale, et son utilisation nécessite 5 coeurs).

De plus, en appuyant rapidement une 2ème fois sur le bouton de saut, on éxécute un salto arrière qui permet d'éviter quelques attaques et d'atteindre des plate-formes trop hautes de quelques pixels pour le saut normal.
Autre détail, en appuyant vers l'avant au moment d'une frappe, on allonge le fouet de quelques millimètres (intéressant pour combattre certains boss). Mais l'innovation de cet épisode, c'est l'"Item Crash". Si vous avez assez de coeurs (leur nombre apparaît en vert) vous pouvez déclencher une super attaque qui vous rend invincible quelques secondes, en appuyant sur select. Le type d'attaque et le nombre de coeurs nécessaires dépend de l'arme secondaire utilisée (on peut même le faire sans celle-ci : le fouet se nimbe alors de flammes !). Disons que les meilleures servent de "smart bomb".

 Contre les boss, l'item crash de l'eau bénite est très efficace. Admirez ce saltot arrière! Les plus observateurs reconnaîtront la ville de Jova (Simon's quest) en décor de fond.

 En ce qui concerne le déroulement du jeu, là aussi, on est gâté : dans les 4 premiers niveaux, si on découvre le passage secret adéquat, on peut aller affronter le boss alternatif du level. Le vaincre ouvrira les portes d'un stage lui aussi alternatif. On a ainsi des niveaux 2', 3', 4' et 5' (encore que ce dernier ne soit pas un vrai niveau en soi, juste l'imbriquement de morceaux d'autre levels, sans boss), ce qui augmente considérablement la durée de vie du jeu. Mais ce n'est pas tout: il y a en plus 4 des jeunes filles captives à libérer, dont Annette, Tera (la none), Iris (la fille du médecin) et...

 Les hôtages de Dracula (des filles!) sont retenues captives dans des salles secrètes.  En cours de jeu, des cinématiques ponctuent les évènements importants (et puis toi, touche pas ma meuf!)

Maria!

 Vous sauvez Maria alors que Shaft s'apprêtait à l'immoler! Le 6ème niveau se résume au combat des 4 boss du premier Castlevania pas encore combattus. Notez que l'attaque spéciale de Maria (elle envoie son double psychique) est d'une redoutable puissance!

Maria Renard, petite fille de 12 ans et soeur d'Annette, devient jouable dès que vous la délivrez. Si sa résistance physique est moindre face à celle de Richter (elle encaisse moins), elle a tellement d'autres avantages que le jeu devient litéralement une promenade de santé. La liste est longue : double saut, glissade (bas + saut), tir à grande cadence (elle envoie des colombes, qui agissent comme des boomerangs), armes secondaires plus efficaces surtout en Item crash, attaque spéciale (haut puis bas, quart de tours vers l'avant + attaque) très (trop?) efficace... Bien que jeune, elle est plus forte que Richter. Disons que la souplesse de sa jouabilité rend le jeu plus accessible, mais les puristes lui préfèreront Richter. Malgré tout, sa présence augmente encore une durée de vie déjà très confortable! Et puis elle apparaîtra sous la forme d'une superbe créature 5 ans plus tard, dans Symphony of the night. 

        Les Sushin  
     
   Genbu, la tortue et le serpent, gardien du nord.  
   Dans la mythologie sino-japonaise, les points cardinaux sont gardés par des monstres d'essence divine, les Sushin. Ils sont ici les armes secondaires de Maria au même titre qu'un livre de musique (?) et qu'un oeuf (??!?!!)  
 Byako, le tigre blanc, gardien de l'ouest.    Seiryu, le dragon bleu, gardien de l'est.
     
   Suzaku, le phoenix, gardien du sud.  

Des comme ça, j'en veux tous les jours!

Alors, que dire de plus de cette merveille ? Son orientation action lui confère la durée de vie d'un bon jeu d'arcade : même fini plusieurs fois, on y revient avec grand plaisir pour le plaisir de s'en prendre plein la tête, les yeux... et les oreilles!

   
 A la fin du 7ème niveau, on combat bon nombre de ces ennemis vraiment balèzes.  Petite séquence rafting.

Petites précisions : le jeu n'étant jamais sorti de l'archipel nipon, il est très dur à trouver et donc très che r! Comptez au moins 100¤ neuf (mais le prix augmentant avec la demande,  prévoyez plutôt dans les 150¤...). On peut le trouver sur e-mule, mais ce n'est pas toujours simple. Pour l'émulation, Magic Engine offre un jeu de qualité, même si l'émulateur est payant (mais avec cette perle, vous le rentabiliserez vite !). Konami avait prévu de le porter sur PSX, comme ce fut le cas pour "Castlevania Chronicles", mais manifestement, ce projet est tombé à l'eau... alors qu'il est le prédécesseur de Symphony of the night. Encore une raison qui fait de ce jeu une légende!

 Une fois défaits, les boss tenteront une ultime attaque pour vous faire perdre de la vie (sans vous tuer!)  Le dernier combat, contre Dracula dans sa 2ème forme. Pas très difficile à vaincre...

 
Graphismes: 18/20
Animation: 17/20
Musique/Bruitage: 20/20
Jouabilité: 17/20 
Intérêt: 19/20
 
GENERAL: 19/20

Article rédigé par DrBlackjack le 11/02/2006
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