Chip'n Dale : Rescue Rangers

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  • Titre : Chip'n Dale : Rescue Rangers
  • Genre : Aventures/plates-formes
  • Année : 1990
  • Console : NES
  • Editeur : Capcom

 Victime du crime ? Vous tombez dans la déprime ? Vous savez qu'il y a des sauveurs/vengeurs qui plongent à votre secours, n'est-ce pas ? Car bon,  à l'instant critique, quand tout le monde craque, vous voyez, leur tactique à eux, c'est l'attaque, vous comprenez. Alors Tic et Tac, ce sont eux ! Les Rangers du Risque ! Juste deux détectives hors-pair, qui en fait font la paire. Ils dénouent même les fils du mystère et tout et pour le prix complet cela va de soi. Eh oui, par ces temps de crise, hein.. Car 'faudrait pas oublier que si vous êtes dévorés par la panique, et que vous criez au-secours, c'est pas tonton Marcel qui va venir vous aider ! Mais bel et bien... Tic Tic Tic Tic eeet TAC !!!


- "AAAAAH.... !!!"
- "Oh... mais qu'est-ce ? Un cri d'horreur de quelqu'un en proie au désarroi et à la miséricorde ? Mmmh... Peut-être bien du boulot pour nous, ça nous changera du mois dernier où on a pratiquement rien foutu !!"
- "T'as raison, Dale, qu'aider les éboueurs le dimanche matin ça va cinq minutes, mais à la longue c'est relouuu !"
- " Tu l'as dit... et puis Gadget pourra arrêter de danser nue autour d'une barre pour des gros messieurs riches."
- "Ouais... N'empêche qu'elle le fait super bien !!"
- "On aura trouvé au moins quelque chose qu'elle sait faire ! Bon c'est pas tout ça, mais lache ta bière 'faut qu'on y aille là !!"

Et 'y a quoi de beau dans la caisse ? Une belle petite surprise !! Ah bah c'est toujours les mêmes qui rappliquent quand ça sent l'fromage, hein !

 

Pendant ce temps-là, au local des rangers du risque...

Et vous ne croyez pas si bien dire, chers messieurs rangers du risque !! Car ce cri d'horreur qui déchira la nuit et les oreilles des résidents proches, est en fait celui de Mandy, la nouvelle voisine de nos héros, qui a perdu son petit chat !! Si ça, ça vaut pas de hurler jusqu'à la mort et de manquer de rendre sourd ses pauvres voisins qu'ont rien demandé à personne, qu'est-ce que ça vaut, je vous le demande ??

Cellule de crise chez les rangers du risque, avec mise au point du plan d'action de nos joyeux larrons. Tandis que Gadget enquêtera de son côté, Chip et Dale iront quant à eux vadrouiller en ville. Ainsi donc commence notre aventure, et accessoirement, l'un des jeux d'aventures les plus brillants que la NES aura pu porter en son sein.

Le premier boss. Et il faut faire quoi avec la bouboule rouge.. ? J'vous sers un verre ?

 

Fat Cat vous nargue, allez-vous vous laissez narguer ?

Et non, je ne mâche pas mes mots. Chip'n Dale, alias Tic et Tac pour nous autres, Frenchies, voit en cette année 1990 sa série adaptée en jeu vidéo. L'un de mes amis, et accessoirement sage (pas con l'gars quoi), a dit un jour : "l'habit ne fait pas l'moine", et il avait raison. Car si un jeu peut parfaitement se prêter à ce proverbe, c'est bien celui-ci. Aux premiers abords, on pourra facilement se laisser endormir par ce titre, reprenant la licence du même nom plus qu'enfantine ne serait-ce qu'aux yeux des adolescents, se dire que c'est comme pour les petits écoliers, que ce n'est que pour les enfants, qu'un adulte s'emmerdera ferme à jouer a "ça"... eh bien non, il n'en est rien.

Certes, ce jeu reprend la formule bon-enfant de la série, on y retrouve donc l'univers tout entier des rangers du risque, leurs alliés, ainsi que bien sûr, le gros méchant de l'histoire, Fat Cat, qui bien entendu sera derrière toutes les mésaventures que vont devoir traverser nos deux amis. Et des mésaventures... ils en traverseront, croyez-moi !

Le passage des robinets. Inoubliable ! Le stage bonus, avec peut-être une vie supplémentaire à la clé

 

Premières impressions... bonnes impressions ?

L'aventure commence donc en ville, et il ne faudra pas aller bien loin pour se rendre compte de la qualité du titre auquel on est en train de jouer. Il faut dire que dès les premières secondes de jeu, c'est la maniabilité qui ouvre le bal en grandes pompes. Il est en effet un véritable petit (même grand) plaisir que de déplacer notre héros. On dit parfois que la maniabilité fait a elle toute seule un jeu entier, et ma foi, ce n'est pas totalement faux. Car si il y a bien un des aspects de ce titre qui nous scotche la manette aux mains, c'est bien cette maniabilité exemplaire dont fait preuve ce Tic et Tac.

Ici, rien ne sera un problème. On abusera même du saut à tort et a travers tellement ça fait plaisir de sauter avec une telle précision, une telle légèreté... j'irai même jusqu'a dire une telle osmose entre la manette et le joueur. Et ce alors qu'on n’est même pas à une minute de jeu. De même que pour les simples déplacements, où la rapidité d'exécution fait vraiment plaisir à voir.

Là où dans bien d'autres titre du même genre, on se concentre assez sur la direction où aller sans trop s'hasarder à sauter à tout va par peur de tomber dans un trou que c'est à se demander ce qu'il peut bien faire là, vous savez, le syndrome "qui c'est le boulet qui m'a mis ce trou juste ici ??", vous pouvez d'emblée vous rassurer, vous qui avez été traumatisés par tant de sauts foireux, vous pourrez vous en donner a cœur joie, à sauter tant que vous le voudrez, ce Chip'n Dale vous réconciliera avec la maladie du sauteur compulsif du jeu vidéo. Et je peux vous dire que ça, rien que ça, ça vous propulse un jeu au rang des inoubliables d'une console.

Vous me voyez ? J'suis caché dans la caisse ! Un peu dangereux ces jouets-là..

 

'Pas peur de toi, zspèce de chat d'gouttière, va !!

Maniabilité rime bien souvent avec…non, pas poil aux tétés, mais avec gestion des collisions bien sûr ! Bon ok même si dans le fond ça rime pas vraiment, ça rime quand même ! Car on a beau dire on a beau faire, les deux font la paire ! Et ça, ça rime !! Le fait est que si l'on peut râler pour cause d'une maniabilité parfois approximative dans certains jeux, on peut tout autant râler sur une gestion des collisions programmée avec les pieds, qui peut occasionner bien souvent des touchers qu'on pourrait aller contester devant un tribunal en portant plainte contre l'éditeur...

Encore une fois, Chip'n Dale va merveilleusement tirer son épingle du jeu dans cette catégorie, en s'offrant le luxe de proposer une gestion de ses collisions absolument aux petits oignons ! Aidé par une maniabilité en béton armé, le joueur un tantinet talentueux pourra même s'amuser à se faire des frayeurs en jouant à l'écureuil ninja avec les ennemis, tellement c'est un régal d'esquiver les attaques, là où sur un titre jouable comme un phacochère en tutu sur une cordelette, ce ne serait même pas envisageable.

Si perdre des points de vie vous frustre, ça ne sera sûrement pas la technicité du jeu qu'il faudra accuser, mais bel et bien vos petites mimines, ou votre propre environnement, ou reportez votre rage d'avoir perdu une vie sur le dos de votre voisine de l'immeuble d'en face, qui se ballade encore nue chez elle en pleine journée, vous ayant forcé a détourner le regard de votre tv, en résultant une magnifique chute dans un trou. Ah la la... mais qui c'est le boulet qui m'a encore foutu un trou à cet endroit ?!!

Après tout, c'est pas du Capcom pour rien, n'est-ce pas ! Et du Capcom en grande forme, je me permets de rajouter. Il faut dire qu'a cette époque reculée des âges farouches qu'est le règne de la 8-bits, Capcom était l'une des pièces maîtresses de ces années, et l'on ne compte plus chacune de ses réussites sur le plan vidéoludique.

Mmmh.. peut-être que si j'envoie le levier sur Off ?!! Et puis il a pas du tout l'air méchant, ce boss !

 

Ne sous-estimez pas ces petites choses fragiles

Mis-à-part sa maniabilité ô combien légendaire, Chip'n Dale se sera également démarqué de part ses fantastiques graphismes, qui dès le premier niveau, feront honneur à son support. On va donc trouver un ensemble de décors tout aussi variés les uns que les autres, vraiment très colorés, à l'aide de couleurs très chaudes, au premier plan comme au second.

On traversera donc toutes sortes d'environnements, avec entre autre des extérieurs urbains, une gigantesque cuisine, une forêt avec ses immenses arbres, des usines bien mal fréquentées, pour finir dans le casino de Fat Cat, en passant bien entendu par des égouts.

En tout et pour tout, ça ne sera pas moins d'une quinzaine de stages tous très variés qui vous attendront de pied ferme, et ce dans une des plus pures traditions d'une progression 2D qui n'a plus aucune preuve à faire. Vous vous ferez donc harceler durant tout ces stages par toute la racaille sous la houlette de Gros Chat (en français ça le fait de suite moins, hein..), dont la plupart issus directement du dessin animé.

Chiens métalliques, insectes en tout genre, et autres bandits ayant tous leur propre comportement, des sauteurs fous, d'autres vous attaquant à distance, sans oublier ceux qui vous tombent du ciel sans crier gare ainsi que ceux qui se cachent dans le décor (pour ne citer qu'eux), il vous appartiendra donc à vous, simple mortel manette à la main, de vous familiariser avec tout ce bestiaire pour lutter au mieux contre tous vos agresseurs.

Gagdet vous donnera quelques indications avant un niveau important Petite séance de cassage au marteau !!

 

- Tic, viens ici !!
- Non.. moi c'est Tac.....
- [...]


Car oui, nos deux amis ont beau faire partie de l'élite des rangers du risque, il n'en reste pas moins qu’ils ne sont que deux écureuils qui ne sont bons qu'à bouffer des châtaignes. Eh bien détrompez-vous ! On dit aussi petit, mais costaud. Et c'est plus ces quelques mots qui s'appliqueront naturellement ici. Car si d'un côté, on a un Fat Cat qui déploie toutes ses troupes pour arrêter deux créatures aussi insignifiantes, de l'autre, on a en fait deux petites brutasses qui s'emmerdent sévère toute la journée, et qui pour une fois qu'il se passe quelque chose, débordent d'énergie, et sont bien décidées à faire trembler les rangs adverses !

Et n'espérez pas distribuer des baffes ni des coups d'boule à tout va,  votre meilleure arme dans le jeu sera en fait des petites caisses, disponibles par milliers, et trouvables un peu partout dans tous les niveaux, qu'il vous faudra porter sur votre petit dos, puis lancer sur votre ennemi.

Vous n'aurez  que  deux directions possibles de jet, soit tout droit (devant/derrière), ainsi qu'en haut de votre position, toujours en ligne droite. On pourra regretter l'absence de diagonales, mais on se rendra très vite compte que ce n'était pas foncièrement nécessaire. On a donc deux directions d'attaques, et cela suffit amplement. Pour le reste, nos sprites se déplacent bien assez vite pour esquiver une quelconque attaque à la dernière seconde, ou une apparition surprise d'un ennemi.

Gérez bien vos sauts ici, sinon c'est la chute assurée ! Faites vos jeux !!!

 

- Tac, viens ici !!
- Non.. moi c'est Tic...
- Gngngnnnh !!!


Alors, alors alors alors... nous avons quoi en fin de compte dans notre télé là. Du Tic et du Tac bien plus intéressants qu'aux premiers abords, une maniabilité absolument somptueuse, une gestion des collisions qu'on aimerait en avoir tous les jours des comme ça, des graphismes vraiment très agréables, qui jamais ne fatigueront l'œil humain, qu'est-ce qu'il peut bien nous manquer dans tout ça...mais bien sûr !! Et l'ambiance musicale alors ??

Le moins que l'on puisse dire a ce sujet, c'est que Capcom attaque fort, même très fort, et ce dès l'écran titre du jeu, puisque le thème d'ouverture reprend à la note près le générique de la série. Mais ce, avec une réussite que je qualifierais d'exceptionnelle. Si tous les écrans titre pouvaient être comme ça…et je dis ça le plus sérieusement du monde. On a là l'un des écrans-titre les plus réussis de toute l'histoire de la NES, mes amis ! Que ce soit dans le design choisi mettant en premier plan nos deux rongeurs, mais surtout dans le soin apporté au portage 8-bits de ce générique, que tout le monde se doit de connaître.

Mais la valeur d'une bande sonore de ne se juge pas que sur un écran titre. Durant la quinzaine de stages proposés, on aura ainsi l'occasion de découvrir plus d'une dizaine de pistes différentes, toutes bien orchestrées, et allant de pair avec la fraîcheur des décors. Des musiques très fraîches dans leur ambiance générale qui sauront à merveille accompagner le joueur dans ses aventures, qui en plus rimeront plutôt bien avec les stages traversés. Par contre, on ne parlera pas ici d'excellentes musiques. Si on appréciera d'avoir cet excellent accompagnement musical durant la partie, il faut bien reconnaître qu'une fois la boucle bouclée, on ne reviendra pas sur ce titre juste pour le plaisir de telle ou telle musique. Des pistes bien agréables, donc, mais pas inoubliables pour autant.

M'a l'air pas très honnête, ce croupier.... Passage obligé vers les égouts

 

- Bon... Tic et Tac ! V'nez ici !!!

Maiiiis...malgré toutes ces  qualités qu'on pourra lui reconnaître, là n'est pas non plus sa principale force. Car oui, dans Chip'n Dale, on a Chip, mais aussi Dale ! Et si l'aventure se joue bien évidemment en solo, en choisissant l'un des rongeurs, ou l'autre, on aura droit à un mode deux joueurs, qui lui en revanche, mérite toute notre attention. Je disais juste plus haut qu'on ne reviendra pas sur ce titre pour ses musiques, en revanche, on y reviendra des dizaines de fois pour le refaire encore et encore dans ce mode coopération, qui il faut bien le dire, a tout pour lui. Comme quoi à deux, c'est toujours mieux...

Comme tout mode coopération à deux joueurs qui se respecte, le joueur et son bon ami ne joueront pas à tour de rôle, mais bien ensemble durant toute la partie. Et la, on atteint un degré de fun rarement atteint. Prenez tout le potentiel d'éclate ne serait-ce qu'à un joueur, qui déjà porte la barre assez haut à lui tout seul, et multipliez-le par dix en mode deux joueurs, et vous aurez une idée de ce que peut devenir un simple jeu d'action/plate-formes aussi bien maîtrisé que ce Chip'n Dale, lorsqu'il est joué simultanément par deux fous furieux, découvrant ou redécouvrant cet ovni vidéoludique, qui a su garder une place particulière dans le cœur de ceux qui, comme moi, l'auront un peu beaucoup pratiqué a sa sortie, je dirais même retourné dans tout les sens. Et ce même encore aujourd'hui !!

Ca pique un peu ce niveau... Tu veux pas non plus me tirer comme un lapin.. ? En plus j'suis un écureuil !!

 

En bref :

- les graphismes : variés au possible, colorés a souhait, ils ne cesseront de nous transporter dans un univers bon-enfant, qui tire en parti son charme de l'aspect "modèle réduit", de ses héros, qui les feront évoluer dans ses gigantesques environnements, qui ne sont pour nous autres, humains, que de simples robinets, tabourets, des verres sur une table... mais qui pour de si petites choses, peuvent se montrer redoutables.

- les musiques : simples et efficaces, qui sonnent bon la bonne NES de la grande époque. Les pistes proposées rempliront bien leur office d'accompagnement de l'action, même si elles ne demeureront en rien des inoubliables de la console. Très agréables à écouter sur le coup, mais une fois le jeu terminé, on ne ressentira pas plus que ça le besoin de les écouter a nouveau juste pour le plaisir.

- durée de vie : fort de sa quinzaine de stages, la durée de vie de ce titre n'est pas a sous-estimer, d'autant plus que le jeu est divisé en deux parties. Le problème étant qu'on a ici un titre d'une facilité déconcertante, et les habitués du genre en feront le tour en une vingtaine de minutes. Quant aux novices, ils prendront du plaisir sur un superbe jeu pas spécialement difficile, qui ne demandera pas d'énormes efforts ni en connaissance des niveaux, ni en investissement de temps, pour le finir.

- maniabilité : si tous les jeux pouvaient être comme ça...mais si seulement !! On a là un exemple incontestable du genre. Capcom nous a ici fait un travail de monstre, avec une rapidité des déplacements qui fait vraiment plaisir à voir, qui laissera sans nul doute une bonne impression à la fin de la partie. Comme une certaine envie d'y revenir, ne serait-ce que pour remanier son rongeur avec un réel confort.

- au final : Chip'n Dale est sans aucun doute l'un des meilleurs jeux de son support, voir même de son époque. Dès les premières secondes de jeu, le charme opère, agrippe le joueur, et ne le lâche plus jusqu'a la fin de la partie. On pourra pleurer sur le fait qu'on finisse le jeu un peu trop rapidement du fait d'une absence totale de difficulté (bien que les derniers stages se corsent un peu plus, mais pas non plus de quoi casser trois pattes a un canard), mais c'est un défaut qui peut finalement se révéler être un atout, car on reviendra encore et encore sur ce titre pas chiant pour un sou, qu'on pourra finir encore et encore. Et c'est sans compter bien entendu sur son mode deux joueurs absolument démoniaque, qui grâce a son potentiel infini d'amusement, aura grandement contribué à propulser ce titre au rang des incontournables de la NES.

 

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Article rédigé par VinceGaiden le 06/12/2009
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