Brutal Sports Series Football

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  • Nom :
    Brutal Sports Series Football
  • Editeur :
    Millenium worldwide
    Developpeur : Teque
  • Supports :
    Amiga, CD32, Jaguar, PC
  • Année : 1993
  • Genre : Ethique sportive
    Nb de joueurs : 2

 
Le foot c'est chiant, bon d'accord on voit parfois des choses amusantes pendant les matchs mais la plus part d'entre elles sont interdites... mais s'en suivent alors les cachoteries à l'arbitre, les simulations, les plongeons dans la surface, j'ai mis la main mais je dis que non, je tacle par derrière mais je vise le ballon bien entendu et ouin ouin il m'a tiré le maillot pendant que je lui filais un coup de coude dans les côtes. Bref le foot ça serait cool si c'était clair et sans ambiguïtés. Puisque les règles sont constamment contournées et que tout tourne autour de comment tromper l'arbitre certains ont trouvé la parade: on vire l'arbitre et les règles, finie l'hypocrisie et tout le monde peut enfin jouer comme il l'entend sans s'embêter à jouer à cache-cache avec les représentants de l'ordre sur le terrain. Cette version modernisée aux accents techno-fantasy du foot nous la devons aux gars de chez Teque avec leur jeu Brutal Sports Series Football sorti en 1993 sur Amiga, Amiga CD32, Jaguar et PC.

 
La mise en jeu est l'occasion d'accolades amicales
  Choisissez vos brutes

Comme précisé dans l'intro le principe est simple, il emprunte à la fois au football tel que nous le connaissons (le soccer) qu'au football américain. Pour le côté soccer il est toujours question de mettre des buts en envoyant le ballon au fond des cages adverses, la mise en jeu se fait également au centre du terrain à la différence près que le ballon n'est pas donné à une équipe mais que celles-ci doivent se battre pour en prendre la possession. Pour le côté football américain, on note que le ballon est ovale, qu'il est permis de le prendre à la main et que le terrain indique à quelle distance se situent les buts. A part ça, dehors les fautes, les hors-jeu, les touches et autres conneries du genre.

Bref on a gardé le plus drôle des deux mondes, parce qu'il faut bien avouer que si il y a autant de 0-0 dans le championnat de France c'est parce qu'on ne peut pas prendre le ballon à la main et que le foot américain c'est bien beau mais on s'endormirait presque avec ces temps morts toutes les 10 secondes. Ici pas de phases de jeu, pas de mi-temps ou que quart-temps, ça dure 7 minutes sans interruptions. Et on a viré toutes les lopettes en short qui se sautent dans les bras après chaque but pour mettre à leur place des gens bien plus drôles et civilisés : des vikings barbus et des mutants (hommes lézards, hommes rhinocéros et hommes béliers). Avec des règles comme ça on l'aurait gagné cette pu*%#$ de coupe du monde 2006 !! Zidane aux coups de boule et Henry pour marquer de la main c'était tout vu.
 

 
Les vestiaires sont un mélange entre une prison délabrée et un laboratoire d'expérimentation sur cobayes humains
  Bizarrement il est plus facile de marquer une fois que l'on a étalé le gardien pour de bon

La victoire revient donc à l'équipe qui marquera le plus de buts à l'issue du temps imparti, mais comme tous les bons défenseurs le savent on peut aussi gagner en renvoyant le Maradona de service se calmer aux urgences de l’hôpital le plus proche. Les développeurs ont d'ailleurs poussé ce concept plus loin car si l'une des deux équipes parvient à réduire l'autre à un seul joueur celle-ci remporte automatiquement le match quelque soit le score en cours. Le meilleur moyen de "réduire" l'équipe adverse n'étant pas bien sûr de se coucher dans la surface pour obtenir un carton rouge mais de casser la figure de l'adversaire. Pour pimenter le tout il traine tout un tas d'objets amusants sur le terrain  : épées, haches, bombes, bonus pour courir plus vite, malus qui ralentissent etc... Tout ça pour mieux exploser au sens propre du terme l'équipe adverse. Au fil du match les têtes volent, on peut d'ailleurs les ramasser et s'en servir comme projectile, oui c'est cocasse.

Le fait de pouvoir gagner autrement qu'en marquant des buts rend les matchs bien plus palpitants que les soporifiques rencontres que l'on peut voir à la télé, oui la brutalité finalement apporte de la richesse et de la finesse à ces jeux ennuyeux. Les joueurs se trouvent généralement face au dilemme suivant : vaut-il mieux courir après le score ou bien se concentrer sur la destruction de l'adversaire au risque d'encaisser buts sur buts?  Ce dilemme persiste jusqu'à ce qu'un écart se creuse, après tout il est plus facile de recoller au score si on a massacré la moitié de l'équipe adverse et s'il n'y a plus personne dans leurs cages, et dans les situations les plus désespérées il reste toujours le recours ultime de l’éradication totale avant la fin du match pour arracher la victoire. Bref violent, brutal et bourrin, mais aussi stratégique oui, oui.
 

 
Les classiques statistiques de fin de match
  Les un peu moins classiques statistiques de fin de match

Dans le mode league, c'est à dire le mode championnat en solo, s'ajoute la gestion des finances de l'équipe car après ces pugilats endiablés il faut soigner les blessés, voire bien souvent carrément ressusciter les morts et tout ça coute de l'argent. Mais heureusement on en gagne pour chaque but marqué, à condition de remporter le match, et pour chaque tête coupée et ce qu'on ait gagné ou perdu. Il faut donc être performant sur les deux tableaux lors des matchs pour être assuré d'avoir une équipe au top pour la rencontre suivante. C'est également dans ce mode league que l'on rencontre les autres équipes que celles des vikings, le jeu ne proposant malheureusement pas d'incarner les mutants. Outre le mode league il existe les modes "inamical" qui correspond au versus pour affronter un ami et "knockout" qui est un tournoi dans lequel peuvent participer joueur humains et CPU.
 

 
La zone devant les buts est régulièrement transformée en champ de bataille
  12 à 9 et 5 têtes coupées à 0, en termes techniques on appelle ça mettre une branlée

Pour réaliser le test je me suis basé sur la version Aga, c'est à dire Amiga 1200. Graphiquement c'est honnête sans vraiment exploiter à fond la machine, de la 2D correcte mais sans plus, ça pourrait tourner sur Super Nintendo sans trop de problèmes. Le niveau de détail reste appréciable et il y a quelques petites animations amusantes comme le piétinement d'un joueur au sol. C'est plus joli et coloré que sur Amiga 500 ou que sur la très laide version PC. La mouture CD32 est évidemment identique à l'Amiga 1200, quant à la version Jaguar je ne m'avancerai pas trop n'ayant vu que des screenshots de celle-ci, elle me semble au moins du niveau de ces deux déclinaisons. Je regrette tout de même qu'il n'y ait qu'un seul stade disponible, et que les joueurs d'une même race soient tous identiques.  Le jeu n'est pas complètement plein écran, ça peut se comprendre sur Amiga 500, mais un peu moins sur 1200 ou Jaguar... Par contre j'ai trouvé le style graphique plutôt adéquat et agréable.

L'animation est fluide et rapide, un poil trop parfois même rendant la prise en main pas toujours aisée. Il faut un certain temps d'adaptation pour vraiment contrôler avec précision le changement de joueur que l'on dirige, plusieurs modes d'automatisation des commandes sont d'ailleurs disponibles pour pallier à ce problème. Le radar est pratique lorsque l'on est un peu perdu dans l'action mais en même temps lâcher le terrain des yeux pour aller se repérer dessus fait perdre un temps précieux vu la vitesse de l'ensemble. Autre défaut de l'Amiga, le faible nombre de boutons, 2 au mieux, fait que l'on a tendance à effectuer des actions non désirées étant donné que la fonction de ceux-ci change selon le contexte. Si par exemple au milieu d'un distribution de mandales on récupère le ballon, on risque de le perdre tout de suite car le bouton pour frapper et shooter sont les mêmes. Niveau son c'est pas spécialement fourni, des musiques oubliables pour les menus et des bruitages appropriés mais manquant de variété lors des matchs, ça manque tout de même d'un peu d'ambiance.
 

 
Les bourrins barbus contres les bourrins à face de lézard, une affiche pleine de promesses
  Le terrain est ravagé, des corps incomplets trainent un par-ci par-là et les perdants crachent leur sang, ce fût un beau match

 

 
Un seul stade, mais heureusement il en impose autant qu'une prison haute sécurité
  En termes techniques ça s'appelle avoir pris sa branlée

 

Conclusion
Alors que penser de ce Brutal Football. C'est un jeu à la réalisation honnête et au concept défoulant. Il y a matière à s'amuser mais quelques défauts de prise en main et de finition l’empêchent de franchement décoller. On peut passer d'agréables moments si on se laisse prendre par ce principe du sport détourné, fracasser des crânes est quand même plus drôle que de singer les fourberies et grands moments de théâtre des stars du Bayern de Milan ou des acteurs de l'Inter olympique de Paris Sainte Germaine. Il y a de l'idée avec cette dualité entre le score et l'affrontement direct, les deux pouvant mener à la victoire. Mais plus de variété au niveau des graphismes, plus d'équipes jouables, une prise en main un poil plus intuitive et une bande son plus présente pour électriser et assoir un peu mieux toute cette brutalité auraient été les bienvenus. Ça manque d'ambiance tout ça, on aurait aimé des gros plans pour illustrer les buts ou les actions choc, un peu à la manière d'un Super Sidekicks, le thème futuriste fantasy est sous exploité. Au final Brutal Football est distrayant, c'est loin d'être un mauvais jeu, il dispose d'une marge de progression appréciable, il est dommage qu'il ne soit pas un peu mieux fini et se contente d'un contenu qui gagnerait à s'etoffer un peu.

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Article rédigé par kimuji le 19/06/2010
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